Exposition universelle de 1889 : Construction de la Tour Eiffel  

 

1870-1940

 

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   HISTOIRE DE FRANCE
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70 ans d'histoire (1870-1940)

 

GADAUT (Antoine-Elie), 1841-1897 : Médecin et homme politique. Né à Sainte-Mayme-de-Pereyrol (Dordogne) le 26 avril 1841, Gadaud, docteur en médecine, volontaire pour le secours aux blessés en 1870 aux postes les plus exposés, entre au parlement en 1885. Ministre de l’Agriculture du 26 janvier au 1er novembre 1895 dans le cabinet Bourgeois, il tente d’innover mais n’a pas le temps d’avoir une réelle influence sur l’agriculture nationale. Il décède à Périgueux (Dordogne) le 29 octobre 1897.

GALIBER (Charles-Eugène), 1824-1909 : Vice-amiral et homme politique. Né à Castres (Tarn) le 2 juillet 1924, ancien élève de l’Ecole navale, Galiber commande un temps le détavhement français à Madagascar et parvient à aplanir les difficultés avec la mission anglaise locale. Membre du conseil d’amirauté à son retour en France, il est nommé ministre de la Marine du 6 avril 1885 au 6 janvier 1886 dans le cabinet Brisson. Il décède à Paris le 25 janvier 1909.

GALLÉ (Émile), 1846-1904 : Verrier et céramiste. Après une période d'apprentissage dans différentes villes d'Europe, Weimar et Meisenthal entre autres, Emile Gallé est associé à l'entreprise de négoce et de décoration de faïence et de verrerie de son père dès 1867. Dix ans plus tard, il reprend à son compte l'affaire familiale et étend ses activités à l'ébénisterie en 1885. Déjà remarqué à l'Exposition de la Terre et du Verre en 1884, Emile Gallé est consacré à l'Exposition universelle de Paris en 1889 par trois récompenses pour ses céramiques, ses verreries et son mobilier. Mais la céramique, au grand regret d'Emile Gallé, n'a plus les faveurs du public. Il s'oriente vers le travail du verre, domaine dans lequel il développe et crée de nouveaux procédés de fabrication. Ses recherches aboutissent en 1898 au dépôt de deux brevets, l'un concernant la marqueterie de verre et l'autre, la patine sur verre. Son oeuvre, aux multiples références, exprime la diversité des intérêts d'Emile Gallé où la nature joue un rôle dominant, mais non exclusif. Ses engagements patriotiques et politiques trouvent leur forme la plus aboutie aux expositions universelles de Paris en 1889 et 1900 avec des pièces comme la table " Le Rhin " (qui revendique le retour d'une Alsace-Lorraine unie à la France) ou encore des installations spectaculaires comme " Les sept cruches de Marjolaine " (en faveur de la réhabilitation de Dreyfus). Engagé très tôt dans le renouvellement des arts décoratifs, Emile Gallé diffuse, dans ses dépôts français mais aussi anglais et allemand, des pièces de série de qualité, grâce à l'industrialisation de sa production. En 1901, il est le fondateur et le premier président de l'Ecole de Nancy, " Alliance Provinciale des Industries d'Art ". -THIEBAUT. Emile Gallé. Paris, Gallimard, 2004 -LE TACON. Emile Gallé, artiste des temps nouveaux. Strasbourg, La Nuée bleue, 2004

GALLI (Louis-Henri-Désiré Gallichet, dit), 1853-1922 : Journaliste et homme politique. Né à Chalons-sur-Marne (Marne) le 16 novembre 1853, rédacteur à La Semaine républicaine, au Voltaire, à l’Evènement, dont il devient secrétaire général, Galli est l’un des fondateurs de la Ligue des Patriotes et rédacteur en chef du Drapeau, son organe. Il collabore à La Cocarde, au Jour et à l’Intransigeant et est syndic de l’association des journalistes républicains. Ami personnel de Paul Déroulède, il soutient la campagne du général Boulanger et prend part au mouvement nationaliste déchaîné par l’affaire Dreyfus. Elu conseiller municipal de Paris en 1900, il conserve son siège jusqu’en 1919. Aux élection législatives de 1914 il est élu député du Parti républicain démocratique de la Seine. Réélu en 1919 sur la liste d’union républicaine nationale et sociale, il décède en cours de mandat à Paris le 20 mai 1922.

GALLIENI (Joseph-Simon), 1849-1916 : Maréchal et homme politique. Né à Saint-Béat (Haute-Garonne) le 24 avril 1849, Joseph Gallieni, après l'école militaire de Saint Cyr, entre dans l'infanterie de marine avec le grade de sous lieutenant en 1870. Il participe à la guerre contre la Prusse où il est blessé et fait prisonnier. Capitaine en 1878, il est envoyé en Afrique au Niger où il négocie avec le Sultan Ahmadou, un traité accordant à la France le commerce du Haut Niger (1881). Lieutenant colonel, il est envoyé au Tonkin (1893-1895), où il lutte contre les pirates chinois puis consolide la présence en organisant l'administration du pays. Son principal collaborateur est alors le commandant Lyautey. Gouverneur général de Madagascar de 1896 à 1905, il rétablit l'ordre dans la nouvelle colonie française et dépose la nouvelle reine, Ranavalona III (elle doit renoncer à régner et partir en exil) puis rentre ensuite en France où il est placé en réserve. Pour pacifier les pays colonisés, il préconisait la méthode de la « tache d'huile ». Selon le général Gallieni, l'action militaire devait être accompagnée d'une aide aux peuples colonisés dans différents domaines, comme l'administration, l'économie et l'enseignement. Elle nécessitait un contact permanent avec les habitants ainsi qu'une parfaite connaissance du pays et de ses langues. Le 26 août 1914, il est nommé gouverneur militaire de Paris et parvient à la victoire de la bataille de l'Ourcq, notamment par la réquisition des taxis. En dépit d’une très mauvaise santé, il accepte de poste de ministre de la Guerre du 29 octobre 1915 au 16 mai 1916 que lui propose Briand dans son cinquième cabinet. Soumis aux « recommandations » incessantes du grand quartier général et des parlemantaires, son mal empire et après sa démission, meurt des suites d'une longue maladie à Versailles le 27 mai 1916. On le nomme Maréchal à titre posthume en 1921. Il a été également l’auteur de nombreux ouvrages.

GALLIFFET (Gaston-Alexandre-Auguste, marquis de), 1830-1909 : Général et homme politique. Né à Paris le 30 janvier 1830, Galliffet est caractérisé comme un officier de cavalerie au courage extraordinaire, habitué de la cour impériale et pourfandeur de la commune. Il profite d’une année de prison pour concevoir une importante réorganisation de la cavalerie, qu’il s’emploie à mettre en œuvre lorsqi’il est nommé à la tête de cette armée. « Aristocrate jusqu’au bout des ongles », il est parfaitement loyal vis-à-vis du régime, aussi bien au moment du boulangisme que de l’affaire dreyfis. C’est pour cette qualité que Waldeck-Rousseau lui propose le ministère de la Guerre du 22 juin 1899 au 20 mai 1900 dans son cabinet. Soucieux de mettrre fin au malaise de larmée consécutif à l’affaire, il reste célèbre pour avoir déclaré : « l’incident est clos ». il en profite tout de même pour modifier les procdures de notation et d’avancement, qui étaient la chasse gardée de l’état-major, et supprime l’inspection générale. Il doit faire face aux attaques aux attaques de tous abords, l’extrême gauche parle de provocation et la droite n’accepte pas une alliance qu’elle considère comme contre nature. Peu habitués aux joutes parlementaires, fatigué de la froideur de ses collègues et épuisé physiquement, il démissionne au bout d’un an en désignant son successeur. Il meurt à Paris le 9 juillet 1909.

GALLIMARD (Gaston), 1881-1975 : Editeur. Né à Paris le 18 janvier 1881, son père, Paul Gallimard, est un rentier qui collectionne les livres rares et les tableaux impressionnistes. Gaston Gallimard étudie sept ans au Lycée Condorcet, où il fait la connaissance de Roger Martin du Gard. Il arrête ses études après avoir obtenu son baccalauréat en 1898. À vingt ans, Gallimard est un dandy qui semble destiné à suivre les traces de son père et devient secrétaire de l’auteur dramatique Robert de Flers. En 1910, la Nouvelle Revue française crée un comptoir d’édition et engage Gallimard comme gérant. Celui-ci apporte avec André Gide et Jean Schlumberger le capital nécessaire. En 1913, il est nommé administrateur du théâtre du Vieux-Colombier qui vient d’être créé. Il fait connaissance avec la comédienne Valentine Tessier, qui deviendra sa maîtresse. Lors de la Première Guerre mondiale, Gallimard cherche par tous les moyens à se faire réformer. Il fait plusieurs séjours dans des sanatoriums. Ses activités d’éditeur tournent au ralenti. En 1917, il part pour six mois à New York où il accompagne la troupe du Vieux-Colombier dans une tournée de propagande pour la culture française. En 1918, après un second séjour aux États-Unis, il décide de créer une véritable entreprise clairement distincte de la NRF, la librairie Gallimard. Au début des années 1920, une campagne de presse contre l’influence croissante de la NRF est lancée. La riposte face à cette « croisade de longues figures » mobilise tout l’entregent de Gallimard. En 1928, la création de ZED-publications vise à lancer des hebdomadaires (Détective, Voilà, Marianne…) et des revues (Revue du cinéma…) tout en protégeant la librairie Gallimard des éventuels échecs. L’hebdomadaire de faits divers Détective rencontre un très grand succès. En 1933, il produit le film Madame Bovary de Jean Renoir, dont le rôle principal est tenu par Valentine Tessier. C’est un échec commercial. Gallimard fuit la Seconde Guerre mondiale dans le sud de la France et ne revient à Paris qu’après l’Armistice de 1940. Continuant sa carrière après la Libération, il décèdera à Neuilly-sur-Seine (Seine) le 25 décembre 1975. ASSOULINE (P.) : Gaston Gallimard : Un demi-siècle d’édition française, Balland, 1984, Folio, 2006.

GAMBETTA (Léon-Michel), 1838-1882 : Avocat et homme politique. Fils d’un émigré génois établi à Cahors, Léon Gambetta est considéré comme l’une des figures emblématiques de la IIIeme République. Né le 2 avril 1838 à Cahors (Lot), Léon Gambetta fait ses études supérieures à Paris où il devient avocat en 1860. Il accède à la notoriété en 1868 en s’opposant au régime de Napoléon III ; lors de sa plaidoirie en faveur de Delescluze — accusé pour avoir voulu élever une statue à la mémoire du député Baudin, mort sur les barricades en s’opposant au coup d’État de 1851 —, il transforme le prétoire en tribune politique : il y prononce un sévère réquisitoire contre le second Empire et entre alors dans l’opposition républicaine. Dans la foulée, il se présente aux élections de 1869. Élu à Marseille et Paris, il s’affirme comme l’un des principaux tribuns de la Chambre, mettant son talent oratoire au service de son refus du bellicisme germanophobe. Mais le patriote finit néanmoins par voter les subsides lors de l’entrée en guerre. Le 4 septembre 1870, deux jours après la défaite de Sedan, Léon Gambetta prend part à une journée révolutionnaire à l’issue de laquelle, s’étant rendu à l’Hôtel de Ville de Paris, il y proclame la République avec Jules Ferry et Jules Favre. Ministre de l’Intérieur du gouvernement de la Défense nationale du 4 septembre 1870 au 6 février 1871, il annonce à tous les préfets la proclamation de la République puis s’échappe de Paris en ballon. Réfugié à Tours, puis à Bordeaux avec le gouvernement, il prend le portefeuille de la Guerre du 9 octobre 1870 au 6 février 1871 et cherche, sans succès, à réorganiser l’armée française grâce à une opération de mobilisation des départements mais impose aux militaires des civils plus politiques que techniciens. Farouche patriote et désormais partisan de la guerre à outrance contre la Prusse, Léon Gambetta entend instaurer, avec Charles de Freycinet, une dictature de Salut public — à l’image de celle de 1793 — pour prolonger le combat contre les Allemands. Ce radicalisme l’amène à démissionner peu après l’armistice du 28 janvier 1871, qu’il assimile à une trahison. Il souhaite en effet que tous les députés ayant servi sous Napoléon III (qu’il tient pour coresponsables du conflit) soient frappés d’inéligibilité ; devant le refus du gouvernement, il quitte ses fonctions le 6 février. Cette volte-face ne l’empêche pas, au contraire, de briller lors des élections suivantes. En effet, en vertu du droit aux candidatures multiples, il est élu dans neuf départements et choisit symboliquement le Bas-Rhin, traumatisé par la guerre. En outre, il s’associe aux députés alsaciens pour dénoncer l’annexion des départements de l’Est par l’Allemagne (mars). Radical, Léon Gambetta l’est encore lorsqu’il abandonne sa députation après la signature du traité de Francfort, puis quand il refuse de prendre parti dans le débat autour d’une Commune qu’il considère avant tout comme une lutte fratricide. Réélu à Marseille et Paris en juillet 1871, il rejoint les rangs radicaux, à l’extrême gauche de l’hémicycle, et fait montre d’une activité débordante, parcourant la province pour dénoncer le cléricalisme et convaincre les Français de la grandeur de l’idéal républicain. Pour défendre ses thèses, il fonde la République française en novembre de la même année ; le journal végète un temps avant de s’imposer comme un quotidien d’influence, s’opposant avec force à l’idée de la restauration. Peu à peu cependant, Léon Gambetta rallie des options moins radicales. Certains lui reprochent alors vertement d’être un opportuniste, notamment lorsqu’il soutient Adolphe Thiers, qui vient de déclarer que la « République sera conservatrice ou ne sera pas ». En fait, Léon Gambetta reste farouchement laïque et anticlérical, mais juge que la question de l’intégration républicaine impose une réflexion et des réformes raisonnées. Il s’oppose à la vision d’un bouleversement radical, tel le principe de la révolution sociale défendue par les socialistes. Pour lui, la République ne peut s’enraciner durablement que dans la modération et grâce à un gouvernement « ennemi des chimères » appuyé sur le soutien de la classe moyenne émergente, dont il pressent l’importance : « une souche sociale nouvelle », selon ses propres termes, aspirant à l’ascension sociale. Ascension sociale qui est, à ses yeux, le ferment même de l’intégration républicaine de toute l’hétérogène nation, depuis les ouvriers jusqu’à la bourgeoisie. C’est également au nom de cette modération qu’il s’oppose à la politique de l’Ordre moral du président de la République Mac-Mahon, mais qu’il s’allie aux centristes pour voter les lois constitutionnelles de 1875, créant notamment le Sénat — dénoncé par les radicaux et les socialistes comme une institution impériale alors que lui-même y voit un « grand conseil des communes de France ». Quoique décriée, l’action de Léon Gambetta fait des émules. L’homme et son approche conciliatoire de la République jouissent d’une immense popularité. Lorsque, au lendemain de la crise du 16 mai 1877, il parcourt le pays dans le cadre de la campagne électorale, il défend ses vues envers et contre tout, prenant la tête du mouvement qui aboutit à la victoire définitive du régime républicain. Sa véhémence lui vaut d’ailleurs une condamnation après qu’il a publiquement prévenu le président Mac-Mahon que le résultat des élections lui imposera de « se démettre ou de se soumettre ». De retour à la Chambre à la tête de plus de 300 députés, il obtient dans un premier temps la nomination du gouvernement républicain de Jules Dufaure. Puis, le 30 janvier 1879, il pousse Mac-Mahon à la démission. Pourtant, il refuse la succession à l’Élysée, préférant favoriser la candidature de Jules Grévy. Il apparaît alors comme le chef de file du camp républicain. Il n’en reste pas moins que l’autoritarisme de Léon Gambetta et son désir de voir mener une politique coloniale audacieuse permettant à la France de préserver son rang de « grande puissance », entament progressivement son crédit auprès de nombreux républicains. Certains craignent en outre que, fort de son sens tactique et de sa popularité, il accède à la présidence du Conseil et y développe un pouvoir personnel, faisant triompher sa conception conciliatrice de la République. Aussi, lorsque, en 1879, Jules Ferry et Jules Grévy fondent la Gauche républicaine, Léon Gambetta est le chef de l’autre famille républicaine, l’Union, tenue à l’écart du pouvoir par le président Grévy. À Gambetta n’échoit que la présidence de l’Assemblée nationale. Cette fracture au sein du mouvement républicain le met dans une situation plus délicate encore après la victoire de sa tendance aux élections de novembre 1881 et sa réélection à Paris. Alors qu’il est appelé à former le gouvernement qu’il veut très ouvert et qu’il nomme « grand ministère » (14 novembre), les dirigeants républicains refusent d’y siéger. Léon Gambetta ne peut rassembler que de jeunes membres de l’Union républicaine, promis pour certains à de belles carrières (notamment Pierre Waldeck-Rousseau et Félix Faure), ce qui vaut au gouvernement d’être surnommé le « ministère de commis ». Il se prononce tout de suite pour la réorganisation de la Justice, de la Prévoance sociale et de l’Armée, ainsi que pour « la stricte application du régime concordataire ». Mais la méfiance s’installe aussi bien chez ses adversaires que chez les républicains qui lui reprochent de confier des responsabilités à des conservateurs et qui s’inquiètent de la volonté de Gambetta de gouverner « au dessus des partis ». Son ton autoritaire et la circulaire adressée au préfets affirmant la volonté de constituer une administration forte et expliquant implicitement aux députés que leurs requêtes devaient désormais passer par l’intermédiaire des représentants de l’Etat, le privent rapidement de son soutien parlementaire. Cependant, c’est lui_même qui d’éclenche l’issue du conflit. Découragé par son échec en Egypte, il dépose un projet prévoyant l’inscription du scrutin de liste dans la Constitution. Devant l’hostilité de la commission chargée de l’examen du texte, il pose la question de confiance et défend le scrutin de liste dans l’un de ses discours. Cela ne suffit pas à emporter l’adhésion de la Chambre qui l’oblige à démissionner en rejettant son texte. Non seulement politique, la crise est aussi financière et internationale. Les amuvaises récoltes, la destruction du vignoble par le Phylloxera, la baisse du prix de la terre et le ralentissement de l’industrie de l’industrie, associés au Krach de l’Union générale font chuter les rentrées dues aux impôts et mettent en diffisulté les finances nationales. Pris entre les feux croisés de la gauche et de la droite, le ministère est renversé le 27 janvier 1882, après soixante-quatorze jours de direction. C’est alors que Gambetta retrouve sa place à la gauche de la Chambre et que ses amis préparent son élection à la présidence de la République. Il meurt prématurément, à quarante-quatre ans, le 31 décembre 1882 à Ville-d’Avray, suite au maniement malencontreux d'un revolver (d'aucuns pensent qu'il manipulait celui-ci en se disputant avec sa maîtresse Léonie Léon). Borgne, il se faisait toujours représenter ou photographier de profil. Ses funérailles, événement national, marquent la fin de la République balbutiante. AMSON (D.) : Gambetta où le rêve brisé, Paris, Editions Tallandier, 1994. GAMELIN (Maurice-Gustave), 1872-1958 : Général. Né le 20 septembre 1872 à Paris dans une famille de militaires, Maurice Gamelin sort major de Saint-Cyr (1893). Il est attaché à l'état-major du général Joffre (1902-1911). Chef de son cabinet en 1914, il participe à la bataille de la Marne en septembre. Gamelin servit avec compétence sous les ordres de Joseph Joffre. En 1914, il rédigea les instructions qui allaient conduire à la victoire de la Marne. Général en 1916, il se distingue lors de la bataille de la Somme, puis devant Noyon en 1918. De 1919 à 1924, le général Gamelin dirige la mission militaire française au Brésil. Puis il est nommé commandant des troupes françaises au Levant (1924-1929). A ce poste, il achève la pacification du territoire. Rentré en France, il prend le commandement de la XXe région militaire à Nancy, puis, en 1931, il succède à Weygand au poste de chef d'état-major général. A partir de 1935, il cumule cette fonction avec celle d'inspecteur général de l'armée. Avant lui, seul Joffre avait eu autant de pouvoir. Il deviendra ensuite le premier titulaire du poste de chef d'état-major de la Défense nationale en 1938, avec une mission de coordination entre les trois armes. Maurice Gamelin est un protégé d'Édouard Daladier, ce qui explique sans doute en partie une telle ascension. Jouissant d'un grand prestige il est commandant en chef des forces franco-britanniques en 1939. Confiant dans la stratégie défensive et la protection de la ligne Maginot, il met les unités les plus modernes de l'armée en Belgique et les plus faibles dans les Ardennes. Son échec en mai 1940, entraîne son remplacement par Weygand (19 mai 1940). Après la défaite, il est arrêté le 6 septembre 1940, puis inculpé au procès de Riom en 1942. Libéré en mai 1945, il décèdera le 18 avril 1958. GANCE (Abel), 1889-1981 : Réalisateur, scénariste et producteur. Né à Paris le 25 octobre 1889, Abel Gance compte parmi les plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma français. Il s'affirme dès 1918 comme un cinéaste novateur, dont le style empreint de lyrisme tranche sur la production de l'époque. J'accuse (1919) et La Roue (1923) font de lui un réalisateur vedette, tandis que Napoléon (1927) est l'un des derniers grands succès français du cinéma muet. Mais le grave échec financier de La fin du monde (1931) brise sa carrière. Citons encore de lui : La folie du docteur Tue (1916), Barberousse (1917), La Dixième symphonie (1918), Mater Dolorosa (1918), La Roue (1923), Au secours ! (1924), La Dame aux camélias (1934), Le Roman d'un jeune homme pauvre (1935), Lucrèce Borgia (1935), Jérôme Perreau, héros des barricades (1935), Napoléon, version remaniée du film de 1927(1935), Le Voleur de femmes (1936), Un grand amour de Beethoven (1936), J'accuse (1938), Louise (1939). Il décèdera à Paris le 10 novembre 1981. GANDARA (Antonio de la), 1861-1917 : Peintre et pastelliste. Gandara, né à Paris le 16 décembre 1861 d'un père espagnol et d'une mère française, est élève de Gérôme, de Cabanel, et de Boutard à l'Ecole Nationale et Spéciale des Beaux-Arts de Paris où il est admis en 1878. On le retrouve proche de Rodolphe Salis, fondateur du Chat noir, et contribuant au Salon des Incohérents. Il expose un Saint Sébastien percé de Flèches au Salon des Champs-Elysées en 1883, puis présente chaque année à partir de 1891 de nombreuses œuvres aux Salons de la Société des Beaux-Arts. Médaille d'argent de l'Exposition Universelle de Paris en 1900, médaille d'Or à Munich la même année, officier de la Légion d'Honneur, chevalier de l'Ordre Royal d'Isabelle la Catholique, ce peintre de grand talent expose notamment en France, en Autriche, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Belgique. Il brillait par la finesse des traits, par une utilisation intelligente des couleurs, et par une technique prodigieuse et ses succès ne manquèrent pas de faire quelques jaloux parmi ses confrères. L'artiste dessina ou peignit son époque : portraits d' Anna de Noailles, Sarah Bernhardt, Leconte de Lisle, Verlaine, Robert de Montesquiou, Rodolphe Salis, Princesse de Chimay, Jean Lorrain, Prince de Polignac, Grande Duchesse de Mecklembourg, Madame Gautreau, Madame Burke-Roche, Ida Rubinstein, Polaire, Liane de Pougy, Lina Cavalieri, Eva-Christiane de Hermaines, Whistler, Comtesse de Montebello, … mais aussi de nombreuses vues de Paris, quelques natures mortes, et quelques œuvres symbolistes (Don Quichotte). Gandara servit de modèle à Marcel Proust dans Jean Santeuil. Jean Lorrain s'inspira de La Petite Fille en Jaune et de La Dame en Vert, pour écrire Sonyeuse. Gandara meurt à Paris le 30 juin 1917.

GARCHERY (Jean-Louis), 1872-1957 : Employé de commerce et homme politique. Né le 1er janvier 1872 à Nolay (Côte-d’Or), Jean Garchery adhère au parti socialiste assez jeune et est élu conseiller municipal du XIIème arrondissement de Paris après la Première Guerre mondiale. Lorsque se produit la scission de Tours en 1920, il suit la majorité du parti et, trois ans plus tard, entre au comité directeur du parti communiste. Aux élections législatives de 1924, il est l’un des deux communistes élus dans le 2ème secteur de la Seine. Mais il est battu lors des élections de 1928. L’année suivante, il est, avec cinq autres conseillers municipaux de Paris, exclu du parti communiste. Il fonde alors avec eux le parti ouvrier et paysan qui prend bientôt le nom de parti d’unité prolétarienne (PUP). C’est sous cette étiquette qu’il est élu de nouveau député dans le XIIème arrondissement de Paris en 1932. Avec les huit autres députés du PUP, il constitue à la Chambre un groupe parlementaire dont il prend la présidence. Réélu en 1936, toujours comme « pupiste », il rejoint bientôt le groupe socialiste, le PUP ayant été absorbé par la SFIO. Votant le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, il est déclaré inéligible et exclu du parti socialiste à la Libération. Il décèdera le 12 février 1957 à Nice (Alpes-Maritimes). GARDES DES SCEAUX : Liste des Gardes des Sceaux : -Isaac Crémieux, Ministre de la Justice, 4 septembre 1870 - 18 février 1871, -Jules Dufaure, Avocat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, 19 février 1871 - 24 mai 1873 -Octave Depeyre, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 26 novembre 1873 - 21 mai 1874 ; -Jacques de Broglie, garde des Sceaux, Ministre de la Justice, 17 mai - 22 novembre 1877 ; -Jules Dufaure, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 12 décembre 1877 - 3 février 1879 ; -Gustave Humbert, premier président de la Cour des Comptes, garde des Sceaux, Ministre de la Justice, 30 janvier - 6 août 1882 ; -Eugène-Henri Brisson, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 30 mars 1885 - 6 janvier 1886 ; -Charles Demole, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 7 janvier - 10 décembre 1886 ; -Jean Sarrien, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 11 décembre 1886 - 29 mai 1887 ; -Armand Fallières, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 12 décembre 1887 - 2 avril 1888, 17 mars 1890 - 27 février 1892 ; -Léon Bourgeois, directeur au ministère de l'Intérieur, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 6 décembre 1892 - 3 avril 1893 ; -Antonin Dubost, conseiller d'Etat, garde des Sceaux, Ministre de la Justice, 3 décembre 1893 - 29 mai 1894 ; -Jean Sarrien, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 28 juin - 30 octobre 1898 ; -Ernest Monis, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 22 juin 1899 - 6 juin 1902 ; -Ernest Vallé, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 7 juin 1902 - 20 janvier 1905 : -Joseph Chaumié, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 21 janvier 1905 - 13 mars 1906 ; -Jean Sarrien, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 14 mars - 24 octobre 1906 ; -Aristide Briand, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 24 janvier 1908 - 23 juillet 1909 ; -Louis Barthou, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 24 juillet 1909 - 2 novembre 1910 ; -Antoine Perrier, avoué, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 2 mars - 23 juin 1911 ; -Jean Cruppi, avocat général près la Cour de cassation, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 24 juin 1911 - 13 janvier 1912 ; -Aristide Briand, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 14 janvier 1912 - 20 janvier 1913 ; -Louis Barthou, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 21 janvier - 21 mars 1913 ; -Antony Ratier, avoué, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 22 mars - 8 décembre 1913 ; -Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, maître des requêtes au Conseil d'Etat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 9 décembre 1913 - 8 juin 1914 ; -Alexandre Ribot conseiller d'Etat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 9 - 12 juin 1914 ; -Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, garde des Sceaux, Ministre de la Justice, 13 juin - 25 août 1914 ; -Aristide Briand, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 26 août 1914 - 28 octobre 1915 ; -René Viviani, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 29 octobre 1915 - 11 septembre 1917 ; -Raoul Péret, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 12 septembre - 15 novembre 1917 ; -Louis Nail avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 16 novembre 1917 - 19 janvier 1920 ; -Gustave l'Hopiteau, avoué, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 20 janvier 1920 - 15 janvier 1921 ; -Laurent Bonnevay, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 16 janvier 1921 - 20 janvier 1922 ; -Louis Barthou, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 21 janvier - 4 octobre 1922 ; -Maurice Colrat, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 5 octobre 1922 - 28 mars 1924 ; -Edmond Lefébvre du Prey, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 29 mars - 13 juin 1924 ; -René Renoult, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 14 juin 1924 - 16 avril 1925 -Théodore Steeg, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 17 avril - 10 octobre 1925 ; -Anatole de Monzie, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 11 octobre - 28 octobre 1925 ; -Camille Chautemps, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 29 octobre - 27 novembre 1925 ; -René Renoult, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 28 novembre 1925 - 8 mars 1926 ; -Pierre Laval, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 9 mars - 18 juillet 1926 ; -Maurice Colrat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 19 - 22 juillet 1926 ; -Louis Barthou, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 23 juillet 1926 - 2 novembre 1929 ; -Lucien Hubert, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 3 novembre 1929 - 20 février 1930 ; -Théodore Steeg, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 21 février - 1er mars 1930 ; Raoul Péret, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 2 mars - 16 novembre 1930 ; Henri Chéron, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 17 novembre 1930 - 26 janvier 1931 ; -Léon Bérard, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 27 janvier 1931 - 19 février 1932 ; -Paul Reynaud, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 20 février - 2 juin 1932 ; -René Renoult, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 3 juin - 17 décembre 1932 ; -Abel Gardey, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 18 décembre 1932 - 30 janvier 1933 ; -Albert Dalimier, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 26 octobre - 25 novembre 1933 -Eugène Raynaldy, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 26 novembre 1933 - 29 janvier 1934 ; -Henri Chéron, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 10 février - 14 octobre 1934 ; -Henri Lemery, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 15 octobre - 7 novembre 1934 ; -Georges Pernot, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 8 novembre 1934 - 6 juin 1935 ; -Léon Bérard, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 7 juin 1935 - 24 janvier 1936 ; -Yvon Delbos, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 25 janvier - 3 juin 1936 ; -Marc Rucart, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 4 juin 1936 - 21 juin 1937 ; -Vincent Auriol, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 22 juin 1937 - 17 janvier 1938 ; -César Campinchi, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 18 janvier - 12 mars 1938 ; -Marc Rucart, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 13 mars - 9 avril 1938 ; -Paul Reynaud, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 10 avril - 31 octobre 1938 ; -Paul Marchandeau, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 1er novembre 1938 - 11 septembre 1939 ; -Georges Bonnet, avocat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, 12 septembre 1939 - 20 mars 1940 ; -Albert Serol, avocat, garde des Sceaux ministre de la Justice, 21 mars - 15 juin 1940. GARIN (Maurice) : GARNIER (Charles), 1825-1898 : Architecte. GARDEY (Abel), 1882-1957 : Homme politique. Né à Margouet-Meymes (Gers) le 21 novembre 1882, Abel Gardey a été trois fois ministre mais est resté trop peu de temps pour avoir eu une réelle action au gouvernement. Sa réputation de spécialiste des affaires financières et agricoles acquise au parlement par ses discours retentissants et ses très nombreuses interventions sur ce sujet le fait remarquer par Herriot. Nommé ministre de l’Agriculture dans son troisième cabinet du 3 juin au 17 décembre 1932, il est nommé ensuite ministre de la Justice du 18 décembre 1932 au 30 janvier 1933 dans le ministère Paul-Boncour. Enfin, ministre du Budget du 26 octobre au 25 novembre 1933 dans le premier ministère Sarraut, il présente un projet de redressement de plus de deux milliards d’économies qui, complètement modifié par la Chambre, provoque la chute du gouvernement. Il décèdera le 10 octobre 1945. GARNIER-PAGÈS (Louis-Antoine), 1803-1878 : Homme politique. Né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 16 février 1803, Garnier-Pagès prends part à la révolution de 1830, devient député de l’Eure en 1842, membre du gouvernement prisoire en 1848, maire de Paris, puis ministre des Finances. Il entre au Corps législatif comme député de l’opposition en 1864 et vote en 1870 contre la guerre. Du 4 septembre 1870 au 8 février 1871, il est membre du gouvernement de la Défense nationale mais le souvenir de son impopularité en 1848 empêchera ses congénères de lui confier un portefeuille et demeure contonné à un rôle très secondaire. Rentré dans la vie privée en 1871, il décède à Paris le 30 octobre 1878. Il était l’auteur de nombreux livres dont L’Opposition et l’Empire (1873). GASNIER-DUPARC (Alphonse-Henri), 1879-1945 : Avocat et homme politique. Né à Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) le 21 juin 1879, Gasnier-Duparc est élu en 1932 sénateur d’Ille-et-Vilaine et se spécialise à la fois dans les questions maritimes et juridiques. Cet avocat est nommé ministre de la Marine par Blum dans son premier cabinet du 4 juin 1936 au 21 juin 1937. Il met en place un certain nombre de mesures destinées à rajeunir et à augmenter la flotte et doit face aux quelques incidents qui ont lieu alors dans les ports et les arsenaux. Il effectue aussi un voyage d’étude au Maroc et préside à cette occasion le congrès fédéral du parti radical. Réélu au au Sénat dans le même département de 1933 à 1941, il décèdera à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 10 octobre 1945. GASTON-GÉRARD (Gaston Gérard, dit), 1878-1969 : Avocat et homme politique. Né à Dijon (Côtes-d’Or) le 30 avril 1878, Gaston-Gérard est d’abord avocat, conseiller général puis devient maire de sa commune natale et député de la Côte-d’Or de 1928 à 1932 et de 1936 à 1942. Infatigable défenseur de la culture, il associe son nom au renouveau du tourisme français dans les années 1930. Tardieu en profite pour lui confier le haut-commissariat au Tourisme du 2 mars au 12 décembre 1930 dans son second cabinet puis Laval lui confie dans son premier ministère le sous-secrétariat d’Etat aux Travaux publics, chargé du toursime du 27 janvier au 12 juin 1931. Il garde le même ortefeuille dans le troisième cabinet Laval puis est nommé sous-secrétaire d’Etat aux Travaux publics et à la Marine marchande du 20 février au 2 juin 1932 dans le troisième cabinet Tardieu. Pour lui, « la France est l’atelier de réparation de l’outillage humain ! » et il souhaite la rendre plus accessible. Pour ce faire, il travaille à l’amélioration du réseau routier et de l’hôtellerie. Ayant voté les pouvoirs constituants au maréchal Pétain, il est écarté de la politique après la Libération. Il décèdera à Dijon le 5 février 1969. GAUCHE : GAUCHE DÉMOCRATIQUE : GAUGUIN (Eugène-Henri-Paul), 1848-1903 : Peintre. Chef de file de l'École de Pont-Aven et inspirateur des Nabis, son œuvre est très largement considérée comme celle d'un peintre français majeur du XIXème siècle. Né à Paris le l7 juin 1848, après avoir fait ses études à Orléans, Gauguin s'embarque dans la marine marchande puis dans la marine française et navigue sur les mers du monde durant six ans. À son retour en France en 1870, il se convertit en agent de change à la bourse à Paris et connaît un certain succès dans ses affaires. Après son premier tableau, Le Lac dans la plaine (1873), il fait la connaissance du peintre Camille Pissarro et voit la première exposition du courant impressionniste. Il devient amateur d'art et s'essaye alors à la peinture. La Seine au pont d'Ièna (1875), Paysage d'automne (1877), Mette Gauguin cousant (1878), Jardin sous la neige (1879), Les Maraîchers de Vaugirard (1879), Étude de nu ou Suzanne cousant (1880), Intérieur du peintre à Paris, rue Carcel (1881), Jardin à Vaugirard (1881). Il expose par conséquent avec les impressionnistes en 1876, 1880, 1881, 1882 et 1886. En 1882, il abandonne son emploi à la bourse pour se consacrer à sa nouvelle passion, la peinture. Entre 1886 et 1891, Gauguin vit principalement en Bretagne (à l'exception d'un voyage au Panama et en Martinique en 1887 et 1888) où il est le centre d'un groupe de peintres expérimentaux connus comme l'école de Pont-Aven. Rouen, Les Toits bleus (1884), Mette Gauguin en robe du soir (1884), Conversation dans les prés. Pont-Aven (1888), Le calvaire breton (1889). Sous l'influence du peintre Émile Bernard, son style évolue, il devient plus naturel et plus synthétique. Il cherche son inspiration dans l'art indigène, dans les vitraux médiévaux et les estampes japonaises. Il découvre ces dernières à travers Vincent Van Gogh en 1888 alors qu'ils vivent ensemble deux mois (d'octobre à décembre) à Arles, dans le sud de la France, passant leur temps à peindre. Ils travaillent ensemble et peignent alors la série sur les Alyscamps. En 1891, ruiné, Gauguin s'embarque pour la Polynésie, s'installe à Tahiti puis dans les Îles Marquises. Les caractéristiques essentielles de sa peinture (dont l'utilisation de grandes surfaces de couleurs vives) ne connaissent pas beaucoup de changements. Il soigne particulièrement l'expressivité des couleurs, la recherche de la perspective et l'utilisation de formes pleines et volumineuses. Influencé par l'environnement tropical et la culture polynésienne, son œuvre gagne en force, il réalise des sculptures sur bois et peint ses plus beaux tableaux, notamment son œuvre majeure D'où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous ? , qu'il considère lui-même comme son testament pictural. Il est très inspiré et peint 70 toiles en quelques mois dont Manao Tupapau (1892), Autoportrait au chapeau (1893). Mais après quelques années de bonheur, des soucis administratifs et plus personnels (mort de sa fille préférée Aline) le minent. Il a également des problèmes de santé : une blessure à la jambe qui ne guérit pas depuis 1894, une crise de syphilis, si bien qu'il déprime et tente de se suicider. Affaibli, fatigué de lutter, il meurt le 9 mai 1903. DANIEL DE de MONTFREID (G.) : Sur Paul Gauguin (inclut des bois dessinés et gravés d'après Paul Gauguin par Daniel de Monfreid), La Rochelle, Rumeur des âges, 2003. DANIELSSON (B.) : Gauguin à Tahiti et aux îles Marquises. Papeete, Les éditions du Pacifique, 1975. GAULLE (Charles-André-Joseph-Marie de), 1890-1970 : Général et homnme politique. Né à Lille (Nord) le 22 novembre 1890, Charles de Gaulle est originaire d’un milieu traditionaliste et conservateur. Elève des Jésuites, de Gaulle va terminer ses études en Belgique après leur expulsion, puis suit les cours du collège de la rue de Vaugirard et de Stanislas à Paris. Entré à Saint-Cyr en 1909, il en sort treizième de sa promotion en 1912 et affecté au 33ème régiment d’infanterie d’Arras où il apour chef le colonel Pétain. En 1914, il participe au combat comme lieutenant et est blessé à trois reprises. En 1916, il est même laissé pour mort sur le champ de bataille. En fait, il n’est que prisonnier et tente à cinq reprises de s’évader des geôles ennemies avant de se retrouver au camp d’Ingolstadt. En 1921, il devient professeur adjoint d’histoire militaire à Saint-Cyr et, en 1922, entre à l’Ecole supérieure de guerre. Il en sort en 1924 avec un rang médiocre, critiqué par ses instructeurs à cause de son « état d’esprit de roi en exil ». En 1927, de Gaulle est imposé par Pétain comme conférecier à l’Ecole de guerre. En 1929, il commande le 19ème bataillon de chasseurs à Trêves, en 1932, il est promu lieutenant-colonel et est affecté, l’année suivante, au secrétaraiat du conseil supérieur de la Défense nationale. Il publie deux de ses plus célèbres œuvres : Le Fil de l’Epée (1932) et Vers l’armée de métier (1934) dans lesquels il prône une réforme profonde de la stratégie militaire française et la mécanisation de l’armée. Les principaux responsables de la politique militaire française lui sont hostiles, mais ses idées sont mieux accueillies par les journalistes et certains hommes politiques comme Paul Reynaud. En 1939, la publication de son ouvrage La France et son armée, vaste histoire de l’armée française, provoque de vives tensions avec Pétain. Opposé aux accords de Munich, il adresse, en 1940, à 80 personnalités, un memorandum : « l’avènement de la France mécanique », dans lequel il s’en prend avec vigueur aux conceptions de l’état-major. Lors de l’offensive allemande, il commande la 4ème DCR, et est l’un des seuls officiers français à avoir réussi à freiner l’avance ennemie. Le 5 juin 1940, de Gaulle est nommé général de brigade à titre temporaire avant d’être appelé par Reynaud au sous-secrétariat d’Etat à la Défense nationale et à la Guerre. A ce titre, il rencontre la premier ministre anglais Winston Churchill et étudie avec lui, dans l’hypothèse d’une armistice, les conditions d’une poursuite de la lutte hors de France. En prenant connaissance de la demande d’armistice de Pétain, de Gaulle regagne Londres, bien décidé à manifester son rejet de l’armistice. Dans l’appel lancé le 18 juin, peu entendu au moment de sa diffusion par la BBC, de Gaulle proclame son attachemet à la France, son refus de la capitulation. Résistant pendant la guerre, il continuera sa carrière politique après cette dernière et décèdera à Colombey-les-Eglises (Haute-Marne) le 9 novembre 1970. GAULOIS (Emmanuel Gallian, dit Noël), 1866-1915 : Journaliste. Né en 1866, fils d’un commisssaire de police de marseille, devenu commissaire central de Rouen, Noël Gaulois fait ses études au lycée de Marseille, puis s’iinscrit à la faculté de médecine de Lille. Il abandonne ses études, pour faire du journalisme. Il collabore à la presse de gauche hostile au général Boulanger et écrit un pamphlet à succès : Le Mariage de Louise Michel avec le général Boulanger. D’accord avec Napoléon Hayard, le « roi des Camelots », il lance en mars 1891, L’Anti-Youtre, publication inspirée par les écrits d’Edouard Drumont, et adhère à la ligue antisémitique. Plus tard, dans les années qui précèdent la Première Guerre mondiale, il devient le lieutenant de Pierre Biétry, le créateur du mouvement jaune. Engagé volontaire à quarante-huit ans, bien qu’il soit réformé et exempté, Noël Gaulois est tué dans les tranchées de Malembois (Meuse) le 23 mai 1915. GAUTHIER (Camille), 1870-1963 : Décorateur. Camille Gauthier entre en 1891 à l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris après un apprentissage à l'Ecole des Beaux-Arts de Nancy. De 1894 à 1900, il est employé par Majorelle comme décorateur. Il réalise pour lui plusieurs décors de mobilier dont certains sont présentés à l'Exposition universelle de 1900. L'année suivante, il quitte l'entreprise Majorelle et, grâce à l'aide financière du tapissier Paul Poinsignon, crée sa propre fabrique de meubles. D'abord nettement influencée par le style de Louis Majorelle, la société Gauthier-Poinsignon s'en différencie par son mode de production et la clientèle ciblée. Ateliers modernisés, salles d'exposition et catalogues permettent à l'entreprise d'aborder une clientèle plus vaste que celle de Gallé ou Majorelle et de proposer du mobilier d'inspiration moderne à prix modéré. Camille Gauthier est membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy dès 1901. GAUTHIER DE L’AUDE (Armand-Elzéard), 1850-1926 : Médecin et homme politique. Né à Fitou (Aude) le 28 septembre 1850, Gauthier de l’Aude est docteur en médecine. En 1881, il est élu maire de Sigean et, en 1886, fait son entrée au Conseil général de l'Aude. Il y représentera le canton de Sigean pendant quarante ans. Il occupera la présidence de cette assemblée de 1901 à 1902, de 1905 à 1906 et de 1908 à 1921. En 1894, il est élu sénateur de l'Aude appartenant au groupe de la gauche démocratique. Il gardera son siège jusqu'en 1921. Il y sera rapporteur de la commission des finances et du budget et prendra une part active à la création de l'impôt sur le revenu. Il devient rapidement un spécialiste des chemins de fer et des voies navigables au Sénat où il siège sur les bancs de la bancs de la gauche démocratique. Appelé par Rouvier dans ses deux ministères du 24 janvier 1905 au 13 mars 1906 comme ministre des Travaux publics, il est nommé ensuite ministre de la Marine du 20 mars au 8 juin 1914 dans le premier cabinet Doumergue. Il garde le même portefeuille dans le premier ministère Viviani du 13 juin au 3 août 1914. Il décède à Paris le 10 mai 1926. GEDALGE (André), 1856-1926 : Compositeur et pédagogue. Né à Paris le 27 décembre 1856, André Gedalge a été l'un des plus remarquables musiciens de sa génération. Il commence par travailler comme libraire-éditeur à Paris et spécialisé dans les livres de prix (pour les écoles laïques). Ce n'est qu'en 1886, à l'âge de 28 ans, qu'il entre au Conservatoire de Paris dans la classe d' Ernest Guiraud, répétiteur de Jules Massenet et, enfin, professeur de contrepoint et de fugue. En 1886, il remporte le Second Prix de Rome. En 1891, il écrit la musique d’un pantomime en quatre actes, le Petit Savoyard, représenté aux Nouveautés, celle de Pris au Piège en 1895, en un acte et, en 1900, du ballet en un acte Phœbé représenté à l’Opéra-Comique. La même année, il est récompensé par le prux Cressent avec un ouvrages en deu actes, Hélène. Il a écrit un Quatuor d'archet, un recueil de mélodies les Vaux de Vire, des chansons enfantines, trois symphonies. À signaler que sa 3e symphonie en fa majeur et son concerto pour piano et orchestre (écrit en 1899) sont considérés comme des œuvres maîtresses de la musique française. Il est l’auteur égalemet d’ouvrages pédagogiques l'Enseignement de la Musique par l'éducation de l'oreille (1922) et un Traité de la fugue.Il décède le 5 février 1926 à Chessy (Seine-et-Marne). COMBARIEU (J.) et DUMESNIL (R.) H istoire de la Musique - tome IV (Ed. A. Collin. GENTIN (Fernand-Pierre), 1876-1946 : Ouvrier et homme politique. Né à Reims (Marne) le 27 septembre 1876, Fernand Gentin, après ses études, passe quelques temps en usine et dix ans comme exploitant agricole. Elu député socialiste de l’Aube de 1932 à 1942, il devient le spécialiste à la Chambre des modifications de territoires, regroupements ou séparations de communes. Il acquiert une réputation de compétence et d’honnêteté qui lamène au gouvernement. Nommé ministre des PTT du 18 jznvier au 12 mars 1938 dans le quatrièe cabinet Chautemps puis ministre de la Santé publique du 13 mars au 9 avril 1938 dans le second cabinet Blum, il manque de temps pour pouvoir agir vraiment. En revanche, nommé ministre du Commerce du 10 avril 1938 au 20 mars 1940 par Daladier dans son troisième cabinet Daladier, il met en place un plan de lutte contre le déficit du commerce extérieur et lance l’idée « d’économie orientée » où l’Etat aurait un rôle à jouer. Il décèdera à Paris le 24 avril 1946. GERMAIN-MARTIN (Louis-Germain Martin, dit), 1872-1948 : Homme politique. Né au Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 7 novembre 1872, Germain-Martin est agrégé, docteur en droit et diplômé de l’Ecole des chartes. Il débute en politique en 1903 comme adjoint au maire de Dijon. Elu député de la gauche radicale dans l’Hérault en 1928, il est tout de suite nommé par Poincaré dans son cinquième cabinet puis par Briand dans onzième ministère comme sous-secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Industrie, chargé des PTT du 13 novembre 1928 au 2 novembre 1929. Ministre des PTT du 2 mars au 12 décembre 1929 dans le cabinet premier Tradieu, il révoque alors 260 employés, rétablit la discipline et acquiert une réputation de censeur et de réorganisateur. Le président du Conseil est séduit et, dans son deuxième cabinet, lui confie le ministère du Budget du 2 mars au 12 décembre 1930. Là, il lutte contre les prébendes et, nommé ministre des Finances par Steeg du 13 décembre au 26 janvier 1931 puis du 3 juin au 17 décembre 1932 dans le troisième cabinet Herriot. La crise internationale est alors à son apogée et il tente d’adapter les principes théoriques de l’économie aux réalités de la conjoncture. Partisan du libéralisme, il accepter pourtant d’aider les banques les plus en difficultés. Malgré la prudence et la modération de son action, les rentrées financières de l’Etat baissent inexorablement et la balance des comptes se déséquilibre. Il tente alors avec succès une conversion des rentes à 4, 5% et défend le franc à la conférence de Lausanne, où il est le délégué du gouvernement. Il retrouve la rue de Rivoli du 9 février 1934 au 31 mai 1935 des les cabinets successifs de Doumergue et Flandin. La situation est alors castatrophique et les caisses de l’Etat pratiquement vides. Aidé par la Caisse des dépôts, il redresse la situation, réalise plusieurs opérations d’escompte, place un emprunt de plus d’un milliard de francs aux Pays-Bas et réussit à ramener l’encaisse-or de la Banque de France à son niveau de 1932. Il travaille aussi à la mise en place d’un important plan de restructuration économique, mais, en désaccord avec ses collègues, présente sa démission, entraînant celle du gouvernement. Retournant à son siège de député de l’Hérault qu’il gardera jusqu’en 1936, il décèdera à Paris le 04 octobre 1948. GEORGES-BERTHOULAT (Pierre-Louis-Félix-Georges Berthoulat, dit), 1859-1930 : Journaliste et homme politique. Né au Châtelet (Cher) le 16 août 1859, licencié en droit, chef de cabinet du préfet du Cher, il devient, en 1885, secrétaire général du département du Cantal. Il démissionne en 1888 pour devenir rédacteur et secrétaire général du Progrès de Lyon, puis collaborateur à La République Française. Candidat malheureux aux élections législatives du Cher en 1898, il devient éditorialiste et directeur de La Liberté à Paris. Il lutte alors contre « le radicalisme dreyfusard » et le « collectivisme internationaliste » et est élu député de Seine-et-Oise en 1902. Il combat l’anticléricalisme du ministère Combes et, battu aux élections législatives de 1906, il est élu sénateur de Seine-et-Oise en 1920. Réélu en 1927, il décède en cours de mandat à Paris le 5 juillet 1930. GERVAIZE (Ludovic-Charles-Victor-Jules), 1857-1939 : Avocat et homme politique. Né le 15 f évrier 1857 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), Ludovic Gervaize est élu député de Nancy en 1898 contre Maurice Barrès. Il s’inscrit au Parlement au groupe radical nationaliste ainsi qu’au groupe parlementaire antisémite, présidé par Drumont. Ses interventions à la Chambre portent essentiellement sur : l’usage de noms autres que ceux résultant des actes de naissance, l’incompatibilité des fonctions judiciaires avec certains mandats politiques. Par la suite, son activité politique perd de sa rigueur. Réélu en 1902, il est battu de justesse en 1906 et disparaît de la scène politique. Il décède le 9 décembre 1939 à Cannes (Alpes-Maritimes). GICQUEL DES TOUCHES (Albert-Auguste), 1818-1901 : Vice-amiral et homme politique. Né à Brest (Finistère) le 10 avril 1818, Gicquel Des Touches, ancien élève de l’Ecole navale, est directeur du personnel au ministère de la Marine. Il est préfet maritime à Lorient quand il est nommé ministre de la Marine et des Colonies du 17 mai au 22 novembre 1877 dans le troisième ministère du duc de Broglie. Il décède à Versailles (Seine-et-Oise) le 19 mai 1901. GIDE (André), 1869-1951 : Ecrivain. André Gide est né et mort à Paris (22 novembre 1869-19 février 1951). Ses origines éclairent déjà sa personnalité, complexe, fuyante, balancée en des aspirations contradictoires vers la liberté totale et vers le conformisme, tout ensemble sensuelle et puritaine, prédestinée aux doutes et aux retours, à l'inquiétude : Gide était de souche protestante, à la fois paysanne et bourgeoise, Cévenol par son père, se rattachant à la bourgeoisie d'affaires normande par sa mère. Mais, dans l'enfance, ce fut un protestantisme rigide et assez triste qui domina, marquant pour toujours le jeune élève de l'Ecole Alsacienne ; il fit des études irrégulières ; silencieux, ses maîtres le trouvaient même un peu stupide ; en fait, il vivait replié sur lui-même, perdu dans son inconscient, ne trouvant quelque joie que dans des émotions de nature. A la ferveur religieuse s'oppose bientôt en lui une sensualité précoce, qui se cherche, troublée, dans la honte et la hantise du péché. Lorsque Gide atteint ses vingt ans, c'est l'époque du symbolisme, et il commence à publier dans de petites revues de l'Ecole. Déjà il connaît Pierre Louÿs, à Montpellier il a rencontré Paul Valéry, et on l'introduit chez Mallarmé. C'est en 1891 qu'il publia son premier livre, qu'il intitule "œuvre posthume" : Les Cahiers d'André Walter, histoire d'un jeune homme qui s'épuise, manque le monde et sa vie par excès de richesse intérieure, par impuissance à se choisir. Le livre n'a aucun succès – Gide l'a d'ailleurs fait éditer à ses frais, comme les Poésies d'André Walter, à la langue aussi symboliste, aussi mièvre. Le vrai Gide n'est pas dans ces tentatives de jeunesse, mais dans la crise spirituelle qu'il commence de traverser à cette époque et qui l'amènera à secouer les contraintes du piétisme familial. L'occasion de sa libération sera un voyage en Algérie, accompli en 1893-1894 ; il tombe malade et, au cours de sa convalescence s'abandonne pour la première fois à une exaltation naturelle. C'est sous l'influence symboliste qu'il avait encore écrit Le Traité du Narcisse (1891), La Tentation amoureuse et Le Voyage d'Urien (1893). Deux ans plus tard, Paludes, satire des milieux parisiens, marque déjà une transition ; mais on peut dire que Gide ne commence vraiment qu'avec Les Nourritures terrestres (1897), qui chantent la complicité d'un jeune être avec toutes ses faims, tous ses désirs, la recherche de la ferveur dans une communion avec la joie du monde charnel, la valeur de la surprise pour aviver cette ferveur, enfin le refus de toutes les servitudes familiales, sociales, religieuses, personnelles même, car la liberté ne se vit que dans l'instant et seulement chez l'être en perpétuel état de naissance. Ce message allait attirer à Gide – malgré lui, ne cessa-t-il de prétendre – bien des disciples. Mais était-ce vraiment tout Gide ? L'hédonisme des Nourritures n'est qu'un sursaut indispensable, le début d'une recherche du moi, de son équilibre surtout, et l'auteur de Saül, publié seulement en 1903 mais écrit dès 1898, sait bien qu'il existe aussi des servitudes pour l'homme en apparence libéré mais tenaillé par ses désirs. Alternance de l'ivresse sensuelle et d'un certain puritanisme, tel est le trait caractéristique de l'œuvre gidienne jusque vers 1910, l'austérité de La Porte étroite (1909) répondant ainsi à l'Immoraliste qui célébrait la joie de la convalescence et le monde des couleurs, des parfums, du corps peu à peu retrouvé. L'auteur d'Isabelle (1912), de L'École des Femmes, de La Symphonie pastorale, est déjà plus sûr de lui, et de son rôle de réformateur qu'il jouera avec tant de succès dans la période d'après-guerre. Solitaire encore, presque complètement inconnu, il a pourtant brillamment participé à la vie littéraire, soit en collaborant à la revue L'Ermitage où il retrouve Claudel , Henri Ghéon, Jammes, Paul Valéry, soit, bien plus encore, en fondant en 1908, avec Copeau et Jean Schlumberger, la Nouvelle Revue Française. Etre soi, "s'exiger tel qu'on est", libre de la société, libre de son passé, infiniment disponible, ces thèmes, qui figuraient déjà dans les Nourritures, sont repris en 1914 dans les Caves du Vatican, roman (mais l'auteur l'appelle "sotie") d'un comique irrésistible, mais qui devra surtout son immense influence au personnage de Lafcadio, vivante et fascinante illustration de la théorie de 1'"acte gratuit", c'est-à-dire de l'acte qui n'a pas de cause, ne sert à rien, n'est fait que par plaisir pur, et où l'on peut voir comme l'apogée de la disponibilité gidienne. L'impuissance où nous sommes de soumettre l'homme à des lois, Gide avait pu l'éprouver personnellement en 1912, lorsqu'il avait été appelé à siéger comme juré à la cour d'assises de la Seine-Maritime, comme on le voit dans ses Souvenirs de la cour d'assises. Les Caves du Vatican vont cependant consommer la rupture de Gide et des catholiques : Ghéon, Jammes et surtout Claudel, rencontré en 1905, et qui avait espéré convertir Gide après La Porte étroite en 1909, mais qui irrita son ami en lui demandant des explications brutales sur ses mœurs ; Gide y vit une "sommation". Pendant la guerre de 1914-1918, alors qu'il se dévoue pour les réfugiés, c'est à son propre puritanisme que Gide doit faire face ; un moment même il semble y céder, donne son adhésion morale à L'Action française et traverse une nouvelle crise religieuse. Mais l'immédiat après-guerre va lui donner la célébrité : de nombreux jeunes disciples, fervents, excessifs même, frères et cousins du héros de Radiguet, se montrent impatients de réagir contre la grandiloquence patriotique dont on les a gorgés pendant les hostilités. Ils se reconnaissent dans Nathanaël, et plus encore dans Lafcadio. Ils cherchent un libérateur, et se tournent vers cet écrivain âgé maintenant de plus de cinquante ans et qui, malgré une œuvre déjà considérable, n'était connu, jusqu'à la guerre, que des milieux lettrés. Mais on prône alors la "démobilisation de l'intelligence" et n'est-ce pas à cette démobilisation que n'ont cessé de convier tous les livres de Gide ? Non que toutes les résistances soient vaincues : en 1923, le Dostoïewski suscite une vive réaction d'Henri Massis ; Henri Béraud mène contre Gide la "croisade des longues figures" ; la publication de Corydon et de Si le grain ne meurt scandalise les gens moraux. Mais, auprès de la jeune génération, Les Faux-Monnayeurs, œuvre complexe, de proportions considérables, grand roman mais sans unité, et qui vaut surtout par ce qu'il renferme de confession, vaut à Gide un nouveau succès, en 1925. Le retournement définitif est accompli vers 1930, et le gros de 1'opinion littéraire, qui à la même époque découvre Proust, Freud, D.H. Lawrence, se range du côté de Gide. La préoccupation d'autrui, le sens social, qui s'étaient un moment manifestés pendant la Grande Guerre, reprennent alors le dessus chez Gide : en 1926 il part pour l'Afrique noire, rapporte de ce long voyage deux livres qui sont un réquisitoire contre le colonialisme et suscitent une commission d'enquête – Voyage au Congo et Le Retour du Tchad. L'éveilleur de liberté commence à méditer sur les conditions de la liberté, sa réforme individuelle l'achemine naturellement vers la réforme sociale (à la façon de Rousseau, et l'on peut dire de Gide qu'il fut le Rousseau de notre temps) ; ainsi, à partir de 1930, le voit-on dénoncer le capitalisme, proclamer ses sympathies pour l'État sans religion, sans classe, sans familles, et annoncer, dans ses pages de journal intime, qu'il est prêt à donner sa vie pour le triomphe de l'U.R.S.S. Mais un voyage à Moscou provoque sur cet enthousiasme un effet de douche froide : Gide, pour qui la liberté signifiait avant tout liberté bourgeoise de l'écrivain, se fût peut-être accommodé de Trotski, non de Staline, et il exhale ses rancœurs dans Retour de l'U.R.S.S. et dans Retouches à mon retour de l'U.R.S.S. en 1937. Les trois actes d'Œdipe, écrits en 1930 et joués en 1932 par les Pitoëff, avaient déjà mis sur la scène l'échec d'une liberté. Mais, dés 1930 l'œuvre était pour ainsi dire achevée : Gide était le premier écrivain de l'époque, mais l'enthousiasme de la jeunesse commençait à le déserter pour des littérateurs plus "engagés", comme André Malraux : le temps de Lafcadio était passé, ou plutôt Lafcadio filait courir les révolutions de Chine et l'Espagne. Devant l'événement, Gide prenait au contraire, non sans quelque affectation, une attitude gœthéenne : il commente Racine, pendant la campagne de 1940 et, l'occupation survenant, il marque pendant quelques mois une certaine hésitation sur l'attitude à prendre. En 1942, il rejoignit Tunis, et, après son retour a Paris en 1945, il ne publiera plus que Thésée, une traduction de Hamlet depuis longtemps en chantier, et une adaptation scénique du Procès de Kafka. En novembre 1947, il recevait le Prix Nobel de Littérature, en décembre 1950, la Comédie-Française représentait une comédie tirée des Caves du Vatican ; mais une maladie de cœur, contractée au cours d'un voyage en avion, devait emporter l'écrivain (le 19 février 1951). L'influence de Gide a été immense : il est bien, selon le mot de Malraux, "le contemporain capital" de tous les hommes nés à la vie intellectuelle et sensible entre 1920 et 1935. Gide fut le témoin d'un temps, et défini malgré lui par ce temps où l'appel à la liberté bénéficiait encore de facilités matérielles aujourd'hui compromises. Mais on ne se lassera sans doute pas de lire le Journal et d'y suivre Gide "avec son visage inquiet, ses doutes et la somme fuyante de ses pensées". Quoi qu'il advienne de l'œuvre, le personnage ne s'oubliera pas. GIGNOUX (Claude-Joseph), 1890-1966 : Journaliste, professeur et homme politique. Né à Lyon (Rhône) le 29 novembre 1890, Claude-Joseph Gignoux est agrégé de droit puis est élu député d’action démocratique dans la Loire. Nommé sous-secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil et à l’Intérieur, chargé de l’Economie nationale du 3 septembre 1931 au 13 janvier 1932 dans le second cabinet Laval, il essaie de faire prévaloir les idées qu’il avait déjà connaître lors de sa carrière de journaliste et de professeur. Il garde le même portefeuille du 14 janvier au 19 février 1932 dans le 3ème cabinet Laval. On lui doit plusieurs biographies de grands ministres des Finances, dont la meilleure est incontestablement celle du baron Louis auquel il vouait une grande admiration. Il décèdera à Paris le 17 avril 1966. GIGOUT (Eugène), 1844-1925 : Compositeur, organiste et professeur. Né à Nancy le 23 mars 1844, Eugène Gigout reçoit ses premiers rudiments musicaux à l'école chorale de la cathédrale de Nancy. En 1857, il entre à l'École de Musique Religieuse de Niedermeyer où il suit, entre autres, les cours de Gustave Lefèvre, Camille Saint-Saëns et de Clément Loret. Il se marie avec Caroline-Mathilde Niedermeyer et demeure à l'école de son beau-père comme professeur de contrepoint, de fugue de plain-chant et d'orgue. En 1863 il est titulaire de l'orgue de l'église Saint-Augustin à Paris (il le sera 62 années durant) mais attend jusqu'en 1866 la finition de son orgue par Baker. Construit avec un système électro-pneumatique inusité à l'époque, il dû être refait par Cavaillé-Coll en 1899. A partir de1868, il donne de nombreux concerts et participe à des inaugurations d'orgues dans plusieurs pays. En 1885, il fonde une école d'orgue et d'improvisation. En 1911 il succède à Guilmant comme professeur d'orgue au Conservatoire de musique de Paris. Il compte parmi ses élèves : son neveu Léon Boëllmann, Fauré, Messager, Roussel, André Marchal. Il décède à Paris le 9 décembre 1925. FAURÉ GABRIEL, Hommage à Gigout. Floury, Paris 1923 DUFOURCQ NORBERT, Eugène Gigout. Numéro spécial des «Cahiers et mémoires de l'orgue» (27) 1982 SABATIER F., Eugène Gigout. Dans G. Cantagrel, «Guide de la musique d'orgue», Paris, 1991, p. 403-404 GILLET (Louis), 1876-1943 : Historien et historien d’art. Né à Paris, le 11 décembre 1876, Louis Gillet entre à l’École Normale Supérieure en 1896 où il y est condisciple de Romain Rolland, et se lie d’amitié avec Charles Péguy, à qui il devait consacrer un ouvrage. Un périple qu’il effectue enfant en Italie avec ses parents lui donne précocement le goût des voyages, et n’est pas pour rien dans sa vocation d’historien de l’art. Louis Gillet obtient une chaire à l’université Laval de Montréal avant de se fixer dans l’Oise où il devint conservateur du musée Jacquemart-André. Spécialiste des questions d’art à la Revue des deux mondes, Louis Gillet consacre encore son talent à faire mieux découvrir à ses contemporains la richesse des autres cultures européennes. Fin connaisseur de l’Italie, il consacre également plusieurs études à la littérature anglaise. Son œuvre témoigne avec la plus grande érudition de l’étendue de son savoir et du vaste champ dans lequel s’exprime sa curiosité. Il était intéressé tout autant par les grands peintres classiques que par l’architecture religieuse ; on citera pour mémoire : Nos maîtres d’autrefois : Les Primitifs français (1904), Raphaël (1907), Histoire artistique des Ordres Mendiants (1912) ; La Peinture au XVIIe et XVIIIe siècles (1913), La bataille de Verdun (1921), Watteau (1921), Histoire des arts (1922), Lectures étrangères (1925), Trois variations sur Claude Monet (1927), Sainte-Beuve et Alfred de Vigny (1929), La Cathédrale de Chartres (1929), Shakespeare (1931), Rome et Naples (1934), Londres et Rome (1935), La cathédrale vivante (1935), Essai sur l’art français (1937), Rayons et ombres d’Allemagne (1937). Un grand quotidien du soir confie à cet anglophile, journaliste à ses heures, le reportage sur le couronnement du roi Georges VI, à Londres, en 1936. Elu à l’Académie française en 1935, il décèdera le 1er juillet 1943. GIRARD (Théodore), 1851-1918 : Magistrat et homme politique. Né à Montils (Charente-Inférieure) le 14 janvier 1851, Théodore Girard est magistrat suppléant, puis est élu sénateur des Deux-Sèvres en 1895, réélu en 1900 et en 1909. Girard est nommé garde des Sceaux du 3 novembre 1910 au 1er mars 1911 dans le second cabinet Briand. Son passage au ministère est marqué par le dépôt d’un projet de loi réprimant plus efficacement l’avortement. Retournant à son siège de sénateur à la chute du cabinet, il décède en cours de mandat à Paris le 1er mars 1918. GIRAUDOUX (Hippolyte-Jean), 1882-1944 : Ecrivain et auteur dramatique. Né à Bellac (Haute-Vienne) le 29 octobre 1882, Jean Giraudoux se lance dans la littérarure et dans la diplomatie. Paraissent alors Les Provinciales, puis l’Ecole des indifférents. Il participe à la Première Guerre mondiale et, plusieurs fois blessé, il est alors envoyé au Portugal et aux Etats-Unis comme instructeur militaire. Après la guerre – au cours de laquelle il avait publié Simon le Pathétique - une autobiographie, et Amica America – il reprend du service dans la diplomatie et devient secrétaire d’ambassade à Berlin, chef des services de presse du quai d’Orsay, membre de la commission des dommages de guerre en Turquie, inspecteur des presses diplomatiques et consulaires. Cela, sans cesser d’écrire, notamment des pièces à succès où il pose les éternels problèmes de la fidélité et de l’orgueil, de la guerre et de la paix : Judith ; Intermezzo ; Electre ; Ondine ; et, aussi, La guerre de Troie n’aura pas lieu. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, il est nommé Commissaire à l’Information du 29 juillet 1939 au 16 juin 1940 dans le troisième cabinet Daladier puis dans le ministère Reynaud ; Il souhaite que ses services et surtout la radio travaillent avec une plus grande sincérité mais le contexte l’empêche de mener à bien une tâche à laquelle il n’était pas préparée. Continuant son œuvre littéraire pendant la guerre, il décèdera à Paris le 31 janvier 1944. GIRAULT (Charles-Louis), 1851-1932 : Architecte. Né à Cosne-sur-Loire (Nièvre) en 1851, élève d'Honoré Daumet à l'École des Beaux-Arts de Paris en 1873, Charles Girault remporte le premier grand prix de Rome en 1880. Le sujet de l'épreuve finale s'intitule « Un hospice pour les enfants malades, sur les bords de la Méditerranée ». Le jeune lauréat devient pensionnaire de l'Académie de France à Rome, du 28 janvier 1881 au 31 décembre 1884. De retour à Paris, sa première commande importante est le Palais de l'Hygiène, pour l'Exposition universelle de 1889. En 1896, il construit au sein de l'Institut Pasteur une crypte destinée à accueillir les cendres de l'illustre savant. Il prend pour modèle le mausolée de Galla Placidia à Ravenne et fait un large usage du marbre et des mosaïques. Charles Girault remporte le concours pour le Petit Palais et dirige le chantier du Grand Palais en coordonnant les travaux des trois architectes lauréats : Deglane, Louvet et Thomas. Après la clôture de l'Exposition universelle, le prestige de Girault lui vaut d'être élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France en 1902. Il est choisi par le roi Belge Léopold II pour agrandir le château de Laeken (1901-1911), construire le Palais du Congo à Tervueren et ériger l'arc du Cinquantenaire (1904- 1910) à Bruxelles. Il décède à Paris en 1932. GIRAULT (Suzanne Depollier, dite Suzanne), 1882-1973 : Femme politique. Née le 28 juillet 1882 à La Chaux-de-Fonds, de son vrai nom Suzanne Depollier, Suzanne Girault était restée quatorze ans à Odessa, avant la Première Guerre mondiale, pour y enseigner le français. Elle est à Kiev au début de la révolution russe. On ne sait pas exactement comment elle a été gagnée à la cause du communisme. Elle adhère à un petit groupe de communiste français à Moscou et sert comme interprète au cours du second congrès du Komintern en 1920. Elle est ensuite employée par la tchéka (ancêtre du Guépéou). Rentrée en France, elle devient l'une des principales dirigeantes de la Fédération de la Seine du PCF et rentre au Bureau politique du Parti en 1923 jusqu'en 1925. Partisane de Zinoviev contre Trotski, elle appartient au sein du parti français à la même tendance qu'Albert Treint, avec qui elle assurera la direction du parti à partir de l'été 1924. Une perquisition menée à son domicile en 1925 montre que c'est notamment par elle que transitent les fonds du Komintern vers le parti français. Fidèle à Zinoviev contre Staline et confiant ouvertement son hostilité à Staline à Manouilsky, elle est évincée de la direction du PCF dans les derniers jours de 1925. A la même date, elle est condamnée avec Pierre Sémard à treize mois de prison pour propagande antimilitariste à l'occasion de la Guerre du Rif. Elle est signataire en 1927 d'un appel au XIVeme congrès du parti russe pour demander la réintégration des oppositionnels et l'instauration d'un véritable centralisme démocratique, ce qui lui vaut d'être exclue du parti en 1928, en même temps que Treint. Elle est réintégrée au parti en juin 1930 et est affectée à divers petits postes de permanent, alors que son compagnon Léon Sauvage, de qui elle a eu une fille en 1925, devient adjoint d'Emile Dutilleul comme administrateur de L'Humanité. Arrêtée par la police à son domicile parisien en avril 1940, elle continue sa carrière politique après la Libération et décèdera le 20 septembre 1973. Philippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste, T1 et T4, Fayard Marcel Body, Un ouvrier limousin au cœur de la révolution russe, Spartacus, 1986. GIRERD (Cyprien-Jean-Jacques-Marie-Frédéric), 1832-1916 : Avocat et homme politique. Né à Nevers (Nièvre) le 1er mai 1832, Cypren Girerd est d’abord avocat puis devient préfet de la Nièvre en 1870. En janvier 1871, il est révoqué de ce poste par Gambetta pour avoir montré trop d’indépendance vis à vis du pouvoir. Elu député de la gauche républicaine dans le département de la Nièvre de 1871 à 1881, il est nommé, dans le cinquième cabinet Dufaure, sous-secrétaire d’Etat à l’Agriculture et au Commerce du 22 décembre 1877 au 3 février 1879 où il prend une part active à l’organisation de l’exposition univerelle de 1878. Il garde le même portefeuille, du 7 février au 27 décembre 1879, dans le cabinet Waddington puis dans les ministères successifs Freycinet et Ferry. Il décède à Paris le 9 avril 1916. GLAIS-BIZOIN (Alexandre-Olivier), 1800-1877 : Avocat et homme politique. Né à Quintin (Côtes-du-Nord) le 9 mars 1800, Glais-Bizoin est député de 1831-1848, Glais-Bizoin est le député républicain au corps législatif de 1863-1869, représentant la Bretagne puis la Seine à la fin du second Empire. Membre du gouvernement de la Défense nationale du 4 septembre 1870 au 17 février 1871, Glais-Bizoin est souvent considéré comme un peu ridicule par ses collègues. Il est aux côtés de Gambetta dans sa marche sur l’Hôtel de Ville afin de proclamer la République et devient donc incontournable. Lorsque le ministère prend sa première décision en dissolvant le Corps législatif, c’est lui qui va annoncer la nouvelle à la foule massée dans la salle des séances du Palais-Bourbon. Il fait ensuite évacuer l’hémicycle et fait pauser les scellés. Quelques jours plus tard, il est envoyé à Tours auprès de Gambetta avec le vice-amiral Fourichon, l’autre doyen du gouvernement. Paris est en effet inquiet de l’énergie mise par Gambetta à gouverner le pays et notamment de sa volonté de changer les maires en place. Mais le prestige du « fatal ballon », selon Glais-Bizoin, empêchera les deux sages, qui ne s’entendent d’ailleurs pas très bien, de contrôler quoique ce soit. Ils se rallient alors à Gambetta et le suivent à Bordeaux. Il décède à Lamballe (Côtes-du-Nord) le 6 novembre 1877. Ses souvenirs de gouvernement sont parus sous le titre de Dictature de cinq mois. GLEIZES (Albert), 1881-1953 : Peintre. Considéré comme l'un des initiateurs du cubisme, Albert Gleizes est né le 8 décembre 1881 à Paris. Neveu du peintre Léon Comerre, grand prix de Rome en 1875, les premières toiles figuratives d'Albert Gleizes sont "impressionnistes". Mais son admiration pour Paul Cézanne le pousse à rompre avec la peinture descriptive pour privilégier le plan, les volumes, la multiplicité des points de vue. Il s'oriente vers une peinture dite "cubiste" que le public découvre en 1911 au Salon des Indépendants. Le cubisme initial de Gleizes donne la part belle aux volumes («La femme aux phlox», 1910). Quelques toiles traitent l’objet figuratif de façon déstructurée comme Picasso («La dame aux bêtes», 1914), pourtant le cubisme de Gleizes garde une certaine originalité par l’expression réaliste et schématique de ses personnages au sein d’un paysage aux formes géométriques et déstructurées («L’Homme au balcon», 1912). La sombre palette de Gleizes de ses débuts s’éclaircie et il n'hésite pas à employer de larges aplats de couleurs vives et franches («La Parisienne», 1915). À partir de 1917, il revient à des représentations moins déstructurées («La Femme au gant»). La composition de ses tableaux respecte une grammaire aussi rigoureuse que stable inventée par le peintre : recherche du rythme, goût pour la géométrie (rotation et translation du plan), abstraction du sujet («Peinture à sept éléments cadencés et rythmés »). Il adhére en 1931 au mouvement "Abstraction-Création" . Gleizes rédige un certain nombre d’ouvrages théoriques relatifs à la peinture : «Homocentrisme», «La forme et l’histoire», «La peinture et ses lois» et, Du cubisme, en collaboration avec Metzinger (1912) ; Du Cubisme et des moyens de le comprendre, 1920 La Mission créatrice de l’Homme dans le domaine plastique, 1921 La Peinture et ses lois, ce qui devait sortir du Cubisme, Paris, 1924 Tradition et Cubisme. Vers une conscience plastique. 1927 Peinture et Perspective descriptive, conférence faite à la Fondation Carnegie pour l’Union Intellectuelle française, à Paris, 1927 Kubismus, Bauhausbücher 13, Munich, Albert Langen Verlag, 1928 Vie et Mort de l’Occident Chrétien, 1930 Vers une Conscience plastique : La Forme et l’Histoire, 1932 Art et Science, Sablons, 1933 Homocentrisme ; Le retour de l’Homme chrétien; Le Rythme dans les Arts plastiques, 1937 La Signification Humaine du Cubisme, Causerie faite par Albert Gleizes au Petit Palais, 1938mort le 23 juin 1953 à Saint-Rémy-de-Provence. GOBLET (René-Marie), 1828-1905 : Avocat et homme politique. Né à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais), le 26 novembre 1828, René Goblet est avocat de formation et cofondateur sous l’Empire du Progrès de la Somme, le quotidien républicain de la Picardie. Procureur général à la cour d’Amiens après le 4 septembre 1870, ce franc-maçon de fait élire député de la Somme en 1871 puis de la Seine pendant dix-sept ans. Dirigeant de La Petite République, farouche opposant de l’ordre moral, il devient sous-secrétaire d’Etat à la Justice du 5 février au 27 décembre 1879 dans le cabinet Waddington, ministre de l’Intérieur du 30 janvier au 6 août 1882 dans le deuxième ministère Freycinet. Il fait expulser les bénédictins de leur abbaye de Solemses et dépose aussi le projet de loi permettant aux conseils minicipaux (sauf Paris) d’élire les maires. Il propose également de réduire les pouvoirs du gouvernement en matière d’expulsion des étrangers, de pratiquer la décentralisation administrative et de créer des conseils cantonnaux. Pour faire patienter les partisan d’une mairie centrale à Paris, il promet un texte sur l’organisation de la capitale. Ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes dans les cabinets successifs de Brisson et Freycinet du 6 avril 1885 au 10 décembre 1886, il se prononce pour la désaffection du Panthéon et amorce une évolution personnelle vers la gauche. Cependant, il rétablit le budget en faveur du clergé d’Algérie et des chanoines, mais suspend le traitement d’un certain nombre d’ecclésiastique engagés politiquement. Il augmente le droits et les attributions des universités de province et réforme l’enseignement secondaire. A la suite de la démission de Freycinet, Goblet se voit confier par le président de la République Grévy la tâche de former un gouvernement en raison de ses affinités avec les radicaux. Le nouveau président du Conseil, âge de cinquante-huit ans, constitue le 11 décembre 1886 un ministère de concentration républicaine dans lequel il est en charge de l’Intérieur. Fait essentiel, le général Boulanger conserve le portefeuille de la Guerre. Goblet n’est probablement pas un homme politique de tout premier plan mais le monde parlementaire apprécie sa prudence et rend hommage à son honnêteté. Le 11 décembre 1886, le nouveau chef du gouvernement se déclare avec netteté coutumière favorable à l’ordre financier, à la régularité du budget et à la réalisation d’économie. En règle générale, il se défie des réformes pour lesquelles, dit-il, « il n’appartient ni au Parlement, ni au gouvernement de devancer l’opinion publique ». Trois jours plus tard, Clemenceau, qui supporte difficilement de ne pas être au pouvoir, le prend à partie, lui enjoignant notamment d’engager la séparation des Eglises et de l’Etat. Le président du Conseil lui répond qu’il juge cette réforme contraire au vœu de la majorité du pays. D’emblée, le divorce est consommé avec l’aile gauche de la majorité. Au début de l’année 1887, c’est en posant la question de confiance qu’il obtient le vote des fonds secrets du ministère de l’Intérieur. On le voit peu après rallier les modérés en prononçant la dissolution du conseil municipal de Marseille qui avait levé sa séance le 18 mars « en l’honneur et en commémoration de la Commune ». S’opposant à la création d’une mairie centrale de Paris, réclamée par le mouvement municipaliste parisien, il dépose un projet de loi qui conserve au gouvernement la direction de la police, tout en étendant les prérogatives du conseil parisien dont le mode d’élection serait changé selon un système de représentation proportionnelle. Après l’avoir combattue, Goblet se rallie finalement à l’idée d’une disjonction du conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine. Mais aucune suite ne sera finalement donnée à ce projet. Médiocre orateur, manquant d’autorité, il s’attire bientôt la réputation d’un homme sans conviction. L’histoire de son bref ministère est surtout marquée par l’affaire Schnaebelé : dans un climat diplomatique tendu, l’arrestation le 20 avril 1887 de ce commissaire de police français, soupçonné d’espionnage par Bismarck, semble devoir mettre le feu aux poudres. Goblet propose l’envoi immédiat d’un ultimatum à Berlin. Boulanger présente donc à Grévy un ordre mobilisant les troupes de couverture, mais le président refuse de la signer. Finalement, Bismarck choisit de libérer Schnaebelé, à la joie de l’opinion qui plébiscite le courage de Boulanger et attribue à sa fermeté la victoire diplomatique remportée. Inquiets par la popularité du « général Revanche », les opportunistes derrière Ferry et Rouvier décident de faire tomber le gouvernement. Grévy, ulcéré par l’attitude bravache de Goblet qui regrette de ne pas avoir conclu par la guerre « toutes ces querelles d’allemands », donne son accord. En se prononçant début mai pour une augmentation des impôts, Goblet fournit lui-même le prétexte recherché. Un ordre du jour de confiance est repoussé alors que le projet de résolution de la commission du budget, hostile au ministère, est largement adopté. Goblet n’a plus qu’à remettre sa démission le 30 mai 1887, entraînant Boulanger dans sa chute, ce qui était l’objectif premier. Au moment du scandale des décorations, Grévy fait de nouveau appel à Goblet pour former un nouveau gouvernement, mais ce dernier refuse. Ministre des Affaires étrangères du 3avril 1888 au 21 février 1889 dans le cabinet Floquet, il maintient l’ambassade du Vatican et fait adopter des accords commerciaux avec la Tunisie et la Grèce. Il sera ensuite l’un des fondateurs du parti radical en 1901 avec Brisson et Bourgeois. Il décède à Paris le 13 décembre 1905. GODARD (Benjamin-Louis-Paul), 1849-1895 : Compositeur. Né à Paris le 18 août 1849, Benjamin Godard est le fils de riches commerçant installés rue de Cléry à Paris passant sa jeunesse dans la vaste demeure familiale de Taverny. Ses parents possèdent également un Hôtel particulier 34 rue de Pigalle à Paris. Il suit, comme sa sœur des cours de violon avec Richard Hammer. Il entre au Conservatoire de Paris où il étudie le violon avec Henri Vieuxtemps et la composition avec Reber. Après la guerre de 1870, la fortune familiale connaît des revers, et la propriété de Taverny est vendue. Godard s'installe à Montlignon en pleine forête et aime se rendre à Paris à Bicyclette. En décembre 1878, sa Symphonie dramatique Le Tasse, reçoit le Prix de la ville de Paris ex-aequo avec le Paradis perdu de Théodore Dubois. Le 4 avril 1880, au Concert populaire, il dirige Diane, poème antique sur un poème de M. E. Guinan. En janvier 1884, il crée l'opéra Pedro de Zalamea au Théâtre royal d'Anvers. En 1884, il tente de raviver les «Concerts populaires» au Cirque d'hiver, après la retraite de Pasdeloup. Mais ce sont alors les Concerts Colonne et Lamoureux. Le 20 août 1887, il est chargé de la classe d'ensemble de musique de chambre au Conservatoire de Paris en remplacement de René Baillot. En 1887, après le refus de plusieurs salles de créer Jocelyn, un opéra sur un livret d'Armand Silvestre et de Victor Capoul d'après Lamartine, on sollicite le directeur du théâtre de l'Odéon à Paris. On l'invite à une audition, il se montre aimable, indique qu'il serait peut-être possible de créer cette œuvre dans son théâtre après la fermeture de la saison et avec l'autorisation du minisère. L'annonce de la création d'un opéra de Benjamin Godard dans le deuxième théâtre français est aussitôt répandue et nourrit quelques temps les conversations de coulisses et les colonnes des quelques journaux. L'oeuvre la plus célèbre de Benjamin Godard est créée au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles le 25 février 1888 et au Théâtre du Château d'eau à Paris le 13 octobre suivant. Le célèbre ténor Victor Capoul réalisait ainsi son projet d'adieu à la scène. Il est promu Chevalier de la légion d'honneur en 1889. Il décède à Cannes 10 janvier 1895. GODART (François-Pierre-Marie-Justin), 1871-1956 : Avocat et homme politique. Né Lyon (Rhône) le 26 novembre 1871, Justin Godart est docteur en droit puis avocat radical-socialiste. Elu député du Rhone de 1906 à 1926, il se spécialise sur les questions sanitaires et sociales. Nommé sous secrétaire d’Etat à la Guerre du 1er juillet 1915 au 12 décembre 1916 et du 14 décembre 1916 au 11 septembre 1917, il garde le même portefeuille complété avec l’Intérieur du 12 septembre au 15 novembre 1917 et du 17 novembre 1917 au 5 février 1918. Chargé du service de santé militaire durant la quasi-totalité de la Première Guerre mondiale, il se rend sur le terrain, et notamment à Verdun, afin d’évaluer l’efficacité de ce service. Il doit faire face à la critique parlementaire qui lui reproche l’insuffisance de préparation sanitaire des diverses offensives militaires. La polémique la plus grave lorsqu’on apprend qu’un militaire a réussi à exercer illégalement les fonctions de médecin militaire. Il est alors obligé de démissionner. Godart revient au gouvernement comme ministre du Travail, de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociales du 14 juin 1924 au 16 avril 1925 dans le premier cabinet Herriot. Il met alors en place le conseil national économique consultatif dont la création était depuis longtemps demandée par la CGT et admet de facto l’existence des syndicats dans la fonction publique. Il est nommé une dernière fois ministre de la Santé publique du 3 juin au 17 décembre 1932 dans le troisième ministère Herriot. Elu sénateur du Rhône en 1926, il décèdera à Paris le 13 décembre 1956. GODIN (Jules), 1844-1925 : Avocat et homme politique. Né à Versailles (Sene-et-Oise) le 14 mars 1844, Jules Godart est d’abord avocat puis magistrat. Il siège au Sénat de 1891 à 1909 comme représentant des Indes françaises, lorsqu’il est nommé comme ministre des Travaux publics du 17 septembre au 31 octobre 1898 dans le second cabinet Brisson. Retournant au Sénat à la chute du cabinet, il décède au Perray-en-Yvelines (Seine-et-Oise) le 21 décembre 1925. GOIRAN (François-Louis-Auguste), 1847-1927 : Général et homme politique. Né à Nice (Basses-Alpes) le 27 avril 1847, Goiran est boursier à Polytechnique puis officier d’artillerie et commande le 6ème corps d’armée. Le général Goiran entre au gouvernement à la suite de l’accident survenu à Berthaud au Bourget. Il est nommé ministre de la Guerre du 27 mai au 26 juin 1911 dans le ministère Monis. Il décède à Johannesburg (Afrique du Sud) le 21 décembre 1925. GOMOT (Pierre-Auguste-Hippolyte), 1837-1927 : Avocat et homme politique. Né à Riom (Puy-de-Dôme) le 12 octobre 1837, Pierre Gomot est un avocat républicain, partisan de Gambetta et de Ferry. Il entre au gouvernement du 9 novembre 1885 au 6 janvier 1886 comme ministre de l’Agriculture dans le premier cabinet Brisson. Elu sénateur du Puy-de-Dôme en 1891, il est réélu en 1900, 1909 et 1920 et décède, en cours de mandat, à Paris le 8 novembre 1927. GOUGEARD (Auguste), 1827-1886 : Général et homme politique. Né le 15 novembre 1827 à Lorient (Morbihan), ancien capitaine de frégate, Auguste Gougeard fait campagne en Afrique, en Crimée, en Extrême-Orient, mais il doit renoncer à servir à la mer pour raison de santé. A la fin de 1870, Gougeard sert sous Chanzy, dans la IIe Armée de la Loire et s'illustre à la bataille du Mans, les 10 et 11 Janvier 1871. A la tête de ses troupes, il reprend le plateau d'Auvours aux Prussiens, permettant ainsi à l'armée de la Loire d'opérer librement sa retraite du Mans. Conseiller d’Etat et ancien officier supérieur de la Marine, Gougeard, très lié à Gambetta, devient ministre de la Marine du 14 novembre 1881 au 29 janvier 1882 dans le ministère de ce dernier. Il entreprend alors de réorganiser son administration, mais le temps lui manque et son successeur reviendra sur toutes ses décisions. Ses opinions politiques de gauche lui avaient valu le surnom de « chaloupier rouge ». Il décède à Paris le 10 mars 1882. GOULARD (Marc-Thomas-Eugène de), 1808-1874 : Avocat et homme politique. Né à Versailles (Seine-et-Oise) le 28 novembre 1808, Eugène de Goulard représente la tendance orléaniste au sein du gouvernement. Elu député des Hautes-Pyrénées en 1871, il est nommé ministre de l’Agriculture et du Commerce du 6 février au 23 avril 1872 dans le premier cabinet Dufaure. Il est ensuite nommé ministre des Finances du 23 avril au 7 décembre 1872 dans le même cabinet et lance alors l’emprunt destiné à payer les indemnités réclamées par l’Allemagne et libérer ainsi le territoire. En remplacement de Jules Lefranc, le président du Conseil le nomme ensuite ministre de l’Intérieur du 6 février 1872 au 17 mai 1873. Il espère ainsi apaiser les conservateurs qui désapprouvent l’instauration progressive de la République. Rendu furieux par cette dérive, Goulard destitue plusieurs fonctionnaires progressistes et refuse de publier dans le Moniteur officiel une intervention du ministre de l’Instruction publique, Simon. Il démissionne et oblige le président du Conseil à remanier son gouvernement. Il décède à Versailles le 4 juillet 1874. GOUDEAU (Emile), 1849-1906 : Journaliste, romancier et poète français. Né à Périgueux (Dordogne) le 29 août 1849, fils de Germain Goudeau (1814-1858), architecte à Périgueux, et cousin de Léo Goudeau, parent de Léon Bloy, Émile Goudeau, après des études au séminaire, est surveillant dans différents lycées avant d'entrer comme employé au ministère des Finances, ce qui lui laisse le loisir de se consacrer avant tout à la poésie. Citons de lui : Fleurs du bitume (1878) ; Poèmes ironiques (1884) ; La Revanche des bêtes (1884) ; La Vache enragée (roman, 1885) ; Voyages et découvertes du célèbre A'Kempis à travers les États-Unis de Paris (1886) ; Les Billets bleus (nouvelles, 1887) ; Le Froc (roman, 1888) ; Dix ans de bohème (mémoires, 1888) ; Corruptrice (roman, 1889) ; Paris qui consomme (fantaisie, 1893) ; Chansons de Paris et d'ailleurs (1896) ; Poèmes parisiens (1897) ; La Graine humaine (roman, 1900). En 1878, il avait fondé le Cercle des Hydropathes. Il décède en 1906. GOURDEAU (Gaston), 1883-1957 : Ingénieur et homme politique. Né à Saint-Cosme-en-Vairais (Sarthe) le 19 février 1883, Gaston Gourdeau est ingénieur des Arts et Métiers et ancien directeur au ministère du Commerce et de l’Industrie. Il ne fait que deux courts passages au gouvernement comme sous-secrétaire d’Etat au Travaux publics. La première fois dans le cabinet Steeg du 13 décembre 1930 au 26 janvier 1931, il est chargé des Travaux publics et du Tourisme. Il retrouvé alors son banc de député puis est chargé du Tourisme du 3 juin au 17 décembre 1932 dans le troisième cabinet Herriot. Elu député de la Sarthe de 1928 à 1936, il décèdera au Mans (Sarthe) le 9 octobre 1957. GOURMONT (Rémy de), 1858-1915 : Ecrivain. Né à Bazoches-au-Houlme (Orne), le 4 avril 1858, Remy de Gourmont entreprend des études de droit à Caen en 1876 obtenu et obtient en 1879 son diplôme de bachelier en droit. il se fixe à Paris et en 1881 et commence à collaborer à des périodiques catholiques tels que Le Monde ou Le Contemporain. Entre 1882 et 1886, il publie divers ouvrages de vulgarisation historique mais c'est avec un roman, Merlette (1886) qu'il fait véritablement ses débuts littéraires. Auteur d'une œuvre poétique qui s'inscrit pour une part dans le courant symboliste - dont il sera par ailleurs le plus grand critique -, Rémy de Gourmont est également romancier et dramaturge. Il a surtout signé une série d'essais qui ont apporté une contribution majeure à la réflexion dans le domaine de l'esthétique. On lui doit des romans : Sixtine (1890) ; Le Fantôme (1893) ; Le Château singulier (1894) ; Proses moroses (1894) ; Histoire tragique de la princesse Phénissa (1894) ; Histoires magiques (1894) ; Phocas (1895) ; Le Pèlerin du silence (1896) ; Les Chevaux de Diomède, (1897) ; D'un pays lointain. Miracles. Visages de femmes. Anecdotes (1898) ; Le Songe d'une femme. Roman familier (1899) ; Une nuit au Luxembourg (1906) ; Un cœur virginal (1907) ; Couleurs, contes nouveaux (1908) ; Lettres à l'Amazone (1914) ; Monsieur Croquant (1918) ; La Patience de Grisélidis (1920) ; Lettres à Sixtine (1921) ; Le Vase magique (1923) ; Fin de promenade et trois autres contes (1925), des poèmes : Litanies de la rose (1892) ; Fleurs de jadis (1893) ; Hiéroglyphes (1894) ; Les Saintes du Paradis (1899) ; Oraisons mauvaises (1900) ; Simone, poème champêtre (1901) ; Divertissements (1912) ; Poésies inédites (1921), ainsi que des pièces de théâtre et surtout des études et des essais. En 1889, Remy de Gourmont est, avec Alfred Vallette, Louis Dumur, Ernest Raynaud, Jules Renard, au nombre des fondateurs du Mercure de France, auquel il collaborera pendant vingt-cinq ans. En avril 1891, il y publie un article intitulé Le Joujou Patriotiste dans lequel il soutient que les affinités artistiques et culturelles profondes entre la France et l'Allemagne, qui devraient amener un rapprochement des deux pays, sont contrariées par les passions nationalistes Journal. Il publie, quasi-exclusivement au Mercure de France, une œuvre vaste et abondante, composée de romans, de pièces de théâtre, de recueils de poésie et surtout d'essais qui témoignent d'une profonde érudition. Esprit d'une remarquable érudition qui le fait ennemi des systèmes, il est notamment l'auteur de L'esthétique de la langue française (1899), La culture des idées (1900), et Le problème du style (1902). Rémy de Gourmont a également laissé une importante correspondance : Lettres à l'amazone publiées en 1914. Il meurt d'une congestion cérébrale le 27 septembre 1915 à Paris. Dr Paul Voivenel, Remy de Gourmont vu par son médecin. Essai de physiologie littéraire. Paris, Éditions du Siècle, 1924. Marcel Coulon, L'enseignement de Remy de Gourmont. Paris, Éditions du Siècle, 1925. Karl D. Uitti, La passion littéraire de Remy de Gourmont. Princeton University/PUF, 1962. Charles Dantzig, Remy de Gourmont. "Cher vieux daim !". Monaco, Éditions du Rocher, 1990. Anne Boyer, Remy de Gourmont. L'écriture et ses masques. Paris, Champion, 2002. GRAËFF (Michel-Ignace-Auguste), 1812-1884 : Inspecteur et homme politique. Né à Schleithal (Bas-Rhin) le 11 mars 1812, Michel Graëff est polytechnicien et inspecteur général des Ponts et Chaussées. Il est nommé par le général de Rochebouët pour gérer le portefeuille des Travaux publics du 23 novembre au 12 décembre 1877 mais le gouvernement démissionne le lendemain de sa nomination et n’a le temps que d’expédier les affaires courantes. Il décède le 6 août 1884. Il est l’auteur de Mémoire sur le mouvement des eaux dans les réservoirs à alimentation variable (1873), Traité hydraulique (1882-1883). GRANET (Félix-Armand-Etienne), 1849-1936 : Homme politique. Né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 29 juillet 1949, Félix Granet est d’abord préfet puis directeur du personnel au ministère de l’Intérieur. Député radical, des Bouches-du-Rhône de1881 à 1893, il entre au gouvernement comme ministre des PTT du 7 janvier 1886 au 29 mai 1887 dans le cabinet. Il est surtout connu pour avoir favorisé un certain nombre de fonctionnaires pour des raisons politiques. Il décède à Saint-Raphaël (Var) le 12 mars 1936. GRASSET (Bernard), 1881-1955 : Editeur. Né en 1881 à Montpellier, Bernard Grasset, orphelin très jeune, est élevé par son oncle. Reçu docteur ès sciences économiques, il s’installe à Paris et, en 1907, fonde Les Editions Nouvelles. Il publie son premier livre Mounette, suivi de plusieurs autres, souvent à compte d'auteur, jusqu'au premier et énorme succès de A la manière de... pastiches signés Paul Reboux et Charles Muller, et deux Goncourt consécutifs en 1911 et 1912 : Monsieur des Lourdines d'Alphonse de Châteaubriant et Filles de la pluie d'André Savignon. En 1913, il publie à compte d'auteur le premier livre d'un certain Marcel Proust Du côté de chez Swan après que le manuscrit eut été refusé au Mercure, chez Ollendorf et chez Fasquelle. En 1920, s'ouvre pour lui la grande période ; il lance les quatre M : André Maurois, François Mauriac, Henry de Montherlant et Paul Morand. En 1921, il confie à Daniel Halevy la - future - prestigieuse collection « Les Cahiers verts » avec comme premier titre Maria Chapdelaine de Louis Hémon, et le succès que l'on sait. Puis s'attachent à lui Cocteau, Radiguet, Cendrars, Drieu la Rochelle, Guehenno, Giono, Soupault, Delteil, Ramuz, Malraux... C'est à lui que l'on doit le passage de l'édition traditionnelle (à la fin du XIXe siècle, les tirages étaient de 2 000 à 2 500 exemplaires) aux premiers livres vendus à 10 000 exemplaires : c'est à lui que l'on doit la publicité littéraire, l'envoi des services de presse, bref l'événement littéraire. Après la Seconde Guerre mondiale, il est accusé de collaboration qui débouche sur un non-lieu. Bernard Grasset reprit alors la direction de la maison et décèdera à Parisen 1955. GRAVE (Jean), 1854-1939 : Anarchiste. Né le 16 octobre 1854 à Le Breuil-sur-Couze (Puy-de-Dôme), dans une famille pauvre, Jean Grave et sa famille abandonne l'Auvergne pour s'installer à Paris, où il commence à étudier l'école des frères. Il publit en 1892, La société mourante et l'anarchie, vulgarisation des thèses de Kropotkine qui lui vaudra par la suite, après le vote des lois scélérates, deux ans de prison et 1.000 francs d'amende pour cause de provocation au pillage, au meurtre, au vol, à l'incendie, etc. Créateur de la revue Les Temps Nouveaux, en 1895 qui fera plus de 900 numéros, il écrit aussi Les aventures de Nono (1901). Jean Grave est l'un des signataires du Manifeste des seize, manifeste réunissant plusieurs militants anarchistes de longue date qui affirmait un soutien aux gouvernements qui allaient participer à l'écrasement, jusqu'au bout de l'Allemagne. Par sa garde vigilante de la "pure doctrine" communiste libertaire, il recevra les critiques de plusieurs libertaires dont Victor Serge et Rirette Maîtrejean qui l'accuseront de sectarisme. Jean Grave, qui ne supportait pas les individualistes, illégalistes et naturiens, aurait aussi été un vieil ennemi de Libertad au sein du mouvement libertaire allant jusqu'à faire courir la rumeur que Libertad était un indicateur de police (Bien que les archives de la police prouvent qu'il n'a pas été un mouchard). Auteur de Décolonisation (1912), il décède à Vienne-en-Val (Loiret) le 8 décembre 1939. J.Grave, Quarante ans de propagande anarchiste, annoté par Mireille Delfau et préface par Jean Mailer, Paris, Flammarion, 1971. Charles Malato. De la Commune à l'Anarchie, Paris, Stock, 1894. GRESLEY (Henri-François-Xavier), 1819-1890 : Général et homme politique. Né à Wassy (Haute-Marne) le 9 février 1819, le général Gresley, polytechnicien est fait prisonnier en Allemagne en 1870. Conseiller d’Etat et sénateur inamovible, il est nommé dans le cinquième cabinet Dufaure ministre de la Guerre du 16 mai 1877 au 27 décembre 1879. Poste qu’il garde dans le ministère Waddington. Lorsqu’il propose à Mac-Mahon le déplacement de cinq commandants de corps d’armée et la mise en disponibilité de cinq autres – dans le cadre de l’épuration républicaine menée par Dufaure -, il pousse le maréchal à la démission. Ce dernier, déjà fortement atteint par la crise de 1877, refuse en effet de « frapper de braves officiers » et procède effectivement à la mise en disponibilité et au remplacement par des républicains de douze officiers généraux, dont le duc d’Aumale. A l’exception de l’impérialiste Bourbaki, ils sont cependant tous nommés inspecteurs généraux. On lui doit aussi l’exécution de la Marseillaise dans les cérémonies officielles. Il décède à Paris le 2 mai 1890. GRÉVY (Jules), 1807-1891 : Avocat et homme politique. Né le 15 août 1807 à Mont-sous-Vaudrey (Jura), Jules Grévy obtient une licence de droit à Paris et devient avocat. Sous la monarchie de juillet, il plaide lors de procès politiques contre les monarchistes. Sa carrière politique débute à la suite de la révolution de 1848 : il est nommé commissaire de la République dans le Jura par le gouvernement puis est élu député du Jura en 1848. Lors des débats relatifs à l'élaboration de la Constitution, il propose « l'amendement Grévy », contre l'élection du président de la république au suffrage universel, qui est repoussé. Cet amendement montrait son refus de légitimer le pouvoir d'une seule personne au-dessus de tout, dans l'exécutif. En 1849, Jules Grévy est élu à l'assemblée législative, puis vice-président de celle-ci. Le 2 décembre 1851, lors du coup d'État, il est arrêté, puis finalement libéré, et retourne au barreau. Il est élu membre du conseil de l'ordre des avocats du Barreau de Paris en 1862, puis, en 1868, bâtonnier de l'ordre des avocats. Il revient à la politique à la fin du second Empire : élu député du Jura en 1868, il siège dans l'opposition. Il est hostile, avec Gambetta et Thiers, à la déclaration de guerre contre l'Allemagne en 1870. En février 1871, il est élu président de l'Assemblée nationale jusqu’à sa démission en avril 1873. Il confiera le pouvoir à Thiers lors de l'insurrection de la commune, qu'il condamne. Il est président de la Chambre des députés à partir de 1876. Républicain modéré, il deviendra chargé de la direction du parti républicain à la mort de Thiers, en 1877. Il est une première fois candidat à l'élection présidentielle de 1873. Le 30 janvier 1879, le président Mac-Mahon démissionne. Le jour même, les parlementaires élisent Jules Grévy à la présidence de la République. Il annonce qu'il n'ira jamais à l'encontre de la volonté populaire, et de fait, abandonne l'exercice du droit de dissolution. Les prérogatives constitutionnelles, compromises par Mac-Mahon, sont mises à l'écart, pour préserver la séparation de la fonction de l'exécutif et du législatif. On parle alors de « constitution Grévy », pour l'affaiblissement de l'exécutif (Présidents de la république et du conseil), au profit d'une république parlementaire. Durant son mandat, sa rivalité avec Gambetta se manifeste dans la mesure où il s'efforce de l'écarter de la présidence du conseil, celui-ci ne siégea que 73 jours au « Grand ministère ». En politique extérieure, il se montre très attaché à la paix, ce qui lui a valu un conflit avec le boulangisme naissant, revanchard contre l'Allemagne. Il s'oppose également à l'expansion coloniale. En politique intérieure, il soutient les mesures anticléricales de ses ministres (Jules Ferry contre l'enseignement des congrégations, politique anticléricale du président du Conseil Charles de Freycinet) Grévy est réélu à la présidence de la république, en 1885. C'est à l'occasion du décès de Victor Hugo, le 22 mai 1885, qu'il décide de rendre au Panthéon de Paris le statut de temple républicain, statut qu'il a conservé depuis lors. Des funérailles y seront organisées le 1er juin 1885. En 1887 éclate le scandale des décorations : le gendre du président, Daniel Wilson a été convaincu de trafic d'influence. Il vendait des nominations dans l'Ordre de la Légion d'honneur. Les chambres contraignent alors Grévy à la démission le 2 décembre. Cette affaire a contribué à l'agitation nationaliste. Jules Grévy meurt le 9 septembre 1891 à Mont-sous-Vaudrey. Il reste le symbole de la mise en place des idées républicaines dans les institutions politiques, et dans la manière d'exercer la fonction de président de la république. GRIFFE (La) : Hebdomadaire politique et littéraire fondé en 1918 et disparu en 1939, dont Jean-Michel Renaitour, député de l’Yonne, est le rédacteur en chef. Le journal a pendant plusieurs années trois annexes : La Griffe aéronautique et sportive, La Griffe cinématographique et La Griffe financière. GRIFFUELHES (Victor), 1874-1922 : Syndicaliste. Né à Nérac (Lot-et-Garonne) le 14 mars 1874, Victor Griffuelhhes fait de courtes études au petit séminaire et devient ouvrier-cordonnier comme son père. A dix-sept ans, il part pour Bordeaux et fait ensuite son tour de France. A Paris, en 1893, il devient blanquiste et, au retour de son service militaire, il se présente aux élections sans espoir. Sundiqué de la fédération des cuits et peaux, il gravit assez vite les échelons et est bientôt délégué de l’union syndicale de la Seine, puis son secrétaire. Fin 1901, il est élu au secrétariat de la CGT et y reste jusqu’en 1909. Il particie au congrès d’Amiens en 1906 et, par la suite, il met l’accent sur le côté pacifiste et antimilitariste du mouvement ouvrier. Déçu par l’attitude des syndicalistes allemands avec lesquels il voulait établir un plan d’action en vue d’empêcher la guerre, menaçante depuis 1905, il démissionne du secrétariat de la CGT et est remplacé par Léon Jouhaux. Il décède en 1922. GRINDA (Edouard-Joseph-Auguste), 1866-1959 : Chirurgien et homme politique. Né à Nice (Basses-Alpes) le 20 décembre 1866, chirurgien de profession, le docteur Grinda est élu député d’action républicaine et sociale dans son département natal de 1919 à 1932. A la Chambre, il se consacre principalement aux questions de prévoyance sociale et d’hygiène, et s’emploie à la réorganisation des hôpitaux. Nommé ministre du Travail et de la Prévoyance sociale du 13 décembre 1930 au 26 janvier 1931 dans le cabinet Steeg, il met en place une action consistant à lutter contre « les menées révolutionnaires [par] une politique sociale généreuse ». De plus, il parvient à faire voter un texte rajustant les rentes des mutilés. Son action est de courte durée, le gouvernement ayant démissionné. Il décèdera à Nice le 28 mars 1959. GRIVART (Louis-René-Joachim), 1829-1901 : Professeur et homme politique. Né à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 30 juillet 1829, Grivart est docteur en droit et professeur à la faculté de Rennes. Bâtonnier, il est élu député orléaniste d’Ille-et-Vilaine en 1871. Du 22 mai 1874 au 9 mars 1875, il est ministre de l’Agriculture dans le cabinet Cissey. A la chute du cabinet il retrouve son siège de député jusqu’en 1876 et, la même année est élu sénateur d’Ille-et-Vilaine. Réélu en 1893 et 1897, il décède en cours de mandat, à Rennes, le 3 août 1901. GROUPE D’ACTION ET DE DÉFENSE LAÏQUE : Groupe sénatorial animé, autour de 1930, par le maçon et sénateur de l’Isère Joseph Brenier, dont il est le président. Il était assisté des sénateurs et maçon :Cuminal , vice-président, Joseph Loubet, questeur et Désiré Valette. La présence de ces personnalités à la tête du groupe laissait à penser qu’il s’agissait bien d’une association parlementaire paramaçonnique, bien que d’autres membres éminents, comme Albert Lebrun, n’en étaitent pas initiés. GROUPES DE PRESSION POLITIQUE : GROUPE OUVRIER ET PAYSAN : Groupe parlementaire crée après la dissolution du parti communiste en 1939 par les députés communistes restés fidèles à la Troisième internationale malgré la signature du pacte germano-soviétique. 43 membres étaient comptabilisés en septembre 1939 pis 51 en octobre. Arthur Ramette, député du Nord (1932-1940), en est le président, et Florimond Bonte, dépté de la Seine (1936-1940), le secrétaire. GROUPE PARLEMENTAIRE ANTISÉMITE : Constitué en 1898 à la Chambre des députés, ce groupe était présidé par Edouard Drumont, qui venait d’être élu député d’Alger. Il comprenait dix-huit autres membres et ne dure que le temps d’une législature, Drumont n’ayant pas été réélu en 1902. GROUSSET (Paschal), 1844-1909 : Journaliste et homme politique. Né le 7 avril 1844 à Corte (Corse), Paschal Grousset fait des études de médecine à Paris qu’il abandonne et se tourne alors vers le journalisme. Ses articles publiés dans le journal Le Temps, sous le pseudonyme de Philippe Daryl, portant essentiellement, sur le sport et l'éducation tot comme son ouvrage La Renaissance physique (1888). Il écrira pourtant un tome de l'Encyclopédie des Sports de 1892 consacré aux jeux de balles et de ballons (et sera l'un des principaux artisans de l'introduction du football en France). Mais il cherche davantage à promouvoir les jeux français que les sports anglais qu'il discrédite dans plusieurs articles du Temps. Il crée en octobre 1888, la Ligue Nationale d'Education Physique qui globalement rejette la compétition sportive en la considérant comme politiquement et moralement néfaste. Grousset est un opposant résolu du régime impérial, il devient rédacteur en chef de La Marseillaise. Malgré ses opinions, il s’engage durant la guerre de 1870. Avec l'arrivée de la Commune de Paris, il débute une carrière d’homme politique. Le 26 mars 1871, il est élu membre du Conseil de la Commune par le XVIIIe arrondissement, puis il est désigné comme délégué aux Relations extérieures. Son engagement politique et son travail dans le journalisme le conduiront à s’occuper des problèmes relatifs à l’enseignement. Il est également membre de la commission exécutive. Il vote pour la création du Comité de Salut public. Après l'écrasement de la Commune, il est condamné par le gouvernement Thiers à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Il rentre en France lors de l’amnistie de 1880. En 1893, il devient député socialiste de la Seine et le restera jusqu’à sa mort. On lui doit notamment l'électrification de plusieurs musées et librairies parisiens et leur ouverture tardive; il espérait par là amener les masses populaires à la culture. Écrivain pour la jeunesse sous le pseudonyme d'André Laurie, il débute en proposant deux ébauches de romans : Les 500 millions de la Bégum et L'étoile du Sud. Vient ensuite L'Épave du Cynthia (1885). Il va s'affirmer grâce à la série des Vies de Collège dans tous les Pays et à ses Romans d'Aventure. En particulier : L'Héritier de Robinson (1884), Le Capitaine Trafalgar (1886), Les exilés de la Terre (1887), De New York a Brest en sept heures (1889), Le Secret du Mage (1890), Le rubis du grand Lama (1892), Atlantis (1895), Le Maitre de l'Abime (1905), Spiridon le muet (1909). Il décèdera à Saint-Mandé (Seine) le 9 avril 1909. Bernard Noël, Dictionnaire de la Commune, Flammarion, collection Champs, 1978 GRUBER (Jacques), 1870-1936 : Décorateur et peintre-verrier. Née à Sundhouse le 25 janvier 1870, Jacques Gruber étudie, à partir de 1889, à Paris à l'Ecole des Arts Décoratifs, à l'Ecole des Beaux-Arts et fréquente l'atelier du peintre Gustave Moreau. En 1893, il entre chez Daum comme chef décorateur et enseigne à l'Ecole des Beaux-Arts de Nancy jusqu'en 1916. Avant qu'il ne possède son propre atelier de vitrail en 1904, Jacques Gruber fait réaliser ses projets chez le verrier Charles Gauvillé. Bien que s'intéressant principalement à cette technique, Jacques Gruber ne délaisse pas les autres aspects des arts décoratifs. Il collabore en effet avec plusieurs industriels et artisans nancéiens auxquels il fournit des modèles et des décors de mobilier, de reliure, d'objets en grès flammé. Il dessine également des menus et des programmes pour les imprimeurs nancéiens. Il est le maître verrier nancéien auquel s'adressent Louis Majorelle, Eugène Corbin, Albert Bergeret, mais également la Chambre de Commerce, la brasserie Excelsior, le Crédit Lyonnais, les Magasins Réunis, etc. Son oeuvre, d'une grande qualité graphique et parfois picturale, aux inspirations naturalistes mais aussi symbolistes, est une véritable synthèse des techniques verrières de l'époque. Jacques Gruber s'installe à Paris à partir de 1914 et connaît une période prospère de renouvellement artistique pendant la période Art Déco. Il est membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy dès 1901. Il décède à Paris le 15 décembre 1936. DIERKENS-AUBRY et al., Jacques Gruber, ébéniste et maître-verrier, 1871-1936. Bruxelles, 1981 GRUMBACH (Salomon), 1884-1952 : Journaliste et homme politique. Né à Hattstatt (Alsace) le 6 janvier 1884, Salomon Grumbach est issu d’une famille israélite d’Alsace. Il milite dans le mouvement révolutionnaire et collabore à L’Humanité de Jean Jaurès, qui l’envoie en Suisse où il est correspondant du journal socialiste en 1914. Après la Première Guerre mondiale, il est délégué par les socialistes de Haute-Alsace à la conférence internationale de Berne en février 1919, et la même année, désigné par eux comme candidat aux élections législatives de novembre sans succès. Ce n’est qu’en 1928 qu’il est élu député de Mulhouse. Il entre alors au comité central de la Ligue des Droits de l’Homme pour laquelle il prend fréquemment la parole. Battu aux élections de 1932, il abandonne l’Alsace et choisit une circonscription dans le Tarn. Il est élu de justesse en 1936. Au Parlement, il soutient tout naturellement le gouvernement du Front populaire et, à la commission des Affaires étrangères, dont il est le vice-président, il se consacre plus spécialement aux affaires allemandes : Ses interventions le font taxer de « bellicisme » par certains de ses collègues, y compris dans les rangs socialistes. Lors du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940, il ne peut s’exprimer étant alors à bord du Massilia qui avait quitté la France pour le Maroc et ne fait plus parler de lui. Il décèdera le 13 juillet 1952 à Neuilly-sur-Seine (Seine). GUÉRIN (Félix-Armand-Eugène), 1849-1929 : Avocat et homme politique. Né à Carpentras (Vaucluse) le 27 juillet 1849, Eugène avocat est surtout connu comme un avocat antiboulangiste. Il devient rapidement maire de Carpentras, puis sénateur du Vaucluse le 4 avril 1893, avant d’être nommé le même jour secrétaire du Sénat et garde des Sceaux. Poste qu’il occupe dans le ministère Dupuy jusqu’au 2 décembre 1893. Renonçant au premier poste, il garde un étroit contact avec la Chambre haute devant laquelle il présente tous ses projets concernant la justice. Outre des textes sur le mouillage et l’alcoolisation des vins, il propose une loi contre les menées anarchistes, qu’il s’emploie à expliquer article par article pour se défendre de faire adopter une loi d’exception. Il garde le même portefeuille dans le deux ministères Dupuy et le troisième cabinet Ribot du 30 mai 1894 au 25 janvier 1895, marqué par les débuts de l’affaire Dreyfus. Il décède Paris le 25 avril 1929. GUÉRIN (Jules-Napoléon), 1860-1910 : Journaliste. Né à Madrid (Espagne) le 10 octobre 1860, en réaction contre la loge maçonnique du Grand Orient de France, Jules Guérin fonde la ligue antimaçonnique et antisémite du Grand Occident de France (issue de la Ligue antisémitique de France fondée en juin 1896) qui est particulièrement active et virulente lors de l'affaire Dreyfus. Journaliste anti-dreyfusard et militant antisémite proche d'Édouard Drumont (avec lequel il se brouillera plus tard), directeur de la Ligue antisémite formée dans la foulée de l'affaire, Guérin était également membre de la Ligue de la patrie française. Il est impliqué dans le coup d'État manqué mené notamment par Paul Déroulède en 1899. Comme ses compatriotes (parmi lesquels se trouvent les royalistes André Buffet et Eugène de Lur-Saluces) ralliés par le Duc d'Orleans, Guérin est poursuivi pour complot contre la sûreté de l'État. Il se réfugie alors dans l'immeuble qu'occupait l'organisation du Grand Occident de France, rue Chabrol (siège de son journal) à Paris avec une douzaine d'hommes armés et y soutient un siège qui dura 38 jours (épisode dit du "Fort Chabrol"). La garde républicaine et la police dirigée par le prefet Lépine sont apparus comme inefficaces,cela suscite des railleries dans l'opinion publique. Après sa reddition, il est arrêté; le gouvernement de defense républicaine decide de poursuivre les meneurs en Haute Cour, condamné au bannissement et à l'exil. Jules Guérin poursuit malgré tout son activité antisémite et sa propagande anti-dreyfusarde jusqu'à sa mort à Paris en 1910. Le Procès de la Patrie française, Perrin et Cie, 1899. BIRNBAUM (P.) : La France de l' affaire Dreyfus, Paris, Gallimard, 1994. GUERNIER (Charles-Joseph-Eugénie-Marie), 1870-1943 : Homme politique. Né à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 26 avril 1870, Charles Guernier est un ancien pensionnaire de la fondation Thiers, agrégé et docteur en droit. Député radical d’Ille-et-Vilaine de 1906 à 1924 et de 1928 à 1942, il se spécialise rapidement dans les affaires maritimes et est nommé en 1913, ministre plénipotentiaire à la conférence internationale de Londres pour la sauvegarde de la vie humaine en mer. Quelques mois plus tard, il entre dans le quatrième cabinet Ribot comme sous-secrétaire d’Etat à la Marine, chargé de la Marine marchande du 10 au 13 juin 1914. Il n’a que le temps de prendre contact avec son poste avant la démission du gouvernement. Durant la Première Guerre mondiale, il est nommé haut-commissaire auprès du gouvernement britannique afin de coordonner les services de transport, de ravitaillement et du charbon entre les deux états. Poste qu’il occupe du 10 avril au 11 septembre 1917 dans le cinquième cabinet Ribot. Il mène d’autre part les négociations maritimes au nom de la France auprès du gouvernement anglais et auprès de l’Office du charbon. Enfin, il présente la France dans les comités interalliés pour l’achat du blé, du sucre ou des navires, ainsi qu’au sein du comité chargé de l’affrètement. Nommé commandeur de l’ordre du Bain, il rentre en France un ana avant l’armistice. Il est ensuite nommé ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones du 27 janvier 1931 eu 19 février 1932 dans les trois cabinets Laval et crée le service social des PTT. Il est nommé une dernière fois au gouvernement comme ministre des Travaux publics et de la Marine marchande du 20 février au 2 juin 1932 dans le troisième cabinet Tardieu. Il décèdera à Paris le 19 février 1943. GUERRE D’ESPAGNE : PECH (Y.) : Les services secrets républicains espagnols en France, Portet-sur-Garonne, 2005. GUERRE D’ÉTHIOPIE : En avril 1935, la rencontre de Stresa entre la France, l’Italie et le Royaume Uni semble constituer l’esquisse d’un front anti allemand GUERRE (Ministère de la) : -11 février 1871 - 5 juin 1871 : Général Auguste Le Flo (1804-1887) -5 juin 1871 - 24 mai 1873 : Général Ernest Courtot de Cissey (1810-1882) -25 mai 1873 - 24 novembre 1873 : Général du Barail (1820-1902) -26 novembre 1873 - 16 mai 1874 : Général du Barail (1820-1902) -22 mai 1874 - 15 août 1876 : Général Ernest Courtot de Cissey -15 août 1876 - 2 décembre 1876 : Général Jean-Auguste Berthaut -12 décembre 1876 - 16 mai 1877 : Général Jean-Auguste Berthaut -17 mai 1877 - 19 novembre 1877 : Général Jean-Auguste Berthaut -23 novembre 1877 - 24 novembre 1877 : Général Gaétan de Grimaudet de Rochebouet (1813-1889) -13 décembre 1877 - 30 janvier 1879 : Général Borel -4 février 1879 - 26 décembre 1879 : Général Gresley -28 décembre 1879 - 19 septembre 1880 : Général Jean Joseph Frédéric Albert Farre -23 septembre 1880 - 10 novembre 1880 : Général Jean Joseph Frédéric Albert Farre -14 novembre 1880 - 27 janvier 1882 : Général Jean-Baptiste-Marie Campenon -30 janvier 1882 - 29 juillet 1882 : Général Jean-Baptiste Billot ((1828- ) -7 août 1882 - 28 janvier 1883 : Général Jean-Baptiste Billot -31 janvier 1883 - 18 février 1883 : Général Jean Thibaudin (1822- ) -21 février 1883 - 9 octobre 1883 : Général Jean Thibaudin -9 octobre 1883 - 3 janvier 1885 : Général Jean-Baptiste-Marie Campenon (1819- ) -3 janvier 1885 - 30 mars 1885 : Général Lewal -6 avril 1885 - 29 décembre 1885 : Général Jean-Baptiste-Marie Campenon -7 janvier 1886 - 3 décembre 1886 : Général Georges Boulanger -11 décembre 1886 - 18 mai 1887 : Général Georges Boulanger -30 mai 1887 - 4 décembre 1887 : Général Théophile Ferron (1830- ) -12 décembre 1887 - 30 mars 1888 : Général Logerot -3 avril 1888 - 14 février 1889 : Charles Louis de Saulces de Freycinet -22 février 1889 - 4 mars 1890 : Charles Louis de Saulces de Freycinet -17 mars 1890 - 19 février 1892 : Charles Louis de Saulces de Freycinet -27 février 1892 - 28 novembre 1892 : Charles Louis de Saulces de Freycinet -6 décembre 1892 - 10 janvier 1893 : Charles Louis de Saulces de Freycinet -11 janvier 1893 - 30 mars 1893 : Général Loizillon -4 avril 1893 - 25 novembre 1893 : Général Loizillon -3 décembre 1893 - 23 mai 1894 : Général Auguste Mercier -30 mai 1894 - 27 juin 1894 : Général Auguste Mercier -1er juillet 1894 - 15 janvier 1895 : Général Auguste Mercier -28 janvier 1895 - 28 octobre 1895 : Général Zurlinden -1er novembre 1895 - 23avril 1896 : Godefroy Cavaignac -29 avril 1896 - 15 juin 1898 : Général Jean-Baptiste Billot -28 juin 1898 - 5 septembre 1898 : Godefroy Cavaignac -5 septembre 1898 - 17 septembre 1898 : Général Zurlinden -17 septembre 1898 - 26 octobre 1898 : Général Chanoine -1er novembre 1898 - 6 mai 1899 : Charles Louis de Saulces de Freycinet -6 mai 1899 - 12 juin 1899 : Camille Krantz -22 juin 1899 - 29 mai 1900 : Général marquis Gaston de Galliffet (1830-1909) -29 mai 1900 - 4 juin 1902 : Général Louis Joseph André (1838-1913) -7 juin 1902 - 15 novembre 1904 : Général Louis-Joseph André (1838-1913) -15 novembre 1904 - 18 janvier 1905 : Henri Maurice Berteaux -24 janvier 1905 - 12 novembre 1905 : Henri Maurice Berteaux -12 novembre 1905 - 9 mars 1906 : Eugène Étienne -14 mars 1906 - 19 octobre 1906 : Eugène Étienne -25 octobre 1906 - 20 juillet 1909 : Général Georges Picquart -24 juillet 1909 - 2 novembre 1910 : Général Jean Brun -3 novembre 1910 - 23 février 1911 : Général Jean Brun -23 février 1911 - 27 février 1911 : Aristide Briand (par intérim) -2 mars 1911 - 27 mai 1911 : Henri Maurice Berteaux -27 mai 1911 - 23 juin 1911 : Général Goiran -27 juin 1911 - 11 janvier 1912 : Adolphe Messimy (1869-1935) -14 janvier 1912 - 12 janvier 1913 : Alexandre Millerand -12 janvier 1913 - 18 janvier 1913 : Albert Lebrun -21 janvier 1913 - 18 mars 1913 : Eugène Étienne -22 mars 1913 - 2 décembre 1913 : Eugène Étienne -9 décembre 1913 - 3 juin 1914 : Joseph Noulens -9 juin 1914 - 13 juin 1914 : Théophile Delcassé -13 juin 1914 - 26 août 1914 : Adolphe Messimy -26 août 1914 - 29 octobre 1915 : Alexandre Millerand -29 octobre 1915 - 16 mars 1916 : Général Joseph Simon Gallieni (1849-1916) -16 mars 1916 - 12 décembre 1916 : Général Roques -12 décembre 1916 - 14 mars 1917 : Général Louis Hubert Gonzalve Lyautey (1854-1934) -15 mars 1917 - 18 mars 1917 : Contre-amiral Marie-Jean Lacaze(par intérim) -20 mars 1917 - 7 septembre 1917 : Paul Painlevé -12 septembre 1917 - 13 novembre 1917 : Paul Painlevé -16 novembre 1917 - 18 janvier 1920 : Georges Clemenceau -20 janvier 1920 - 16 décembre 1920 : André Lefèvre (1869-1929) -16 décembre 1920 - 16 janvier 1921 : Flaminius Raiberti (1862-1929) -16 janvier 1921 - 15 janvier 1922 : Louis Barthou (1862-1934) -15 janvier 1922 - 14 juin 1924 : André Maginot (1877-1932) -14 juin 1924 - 17 avril 1925 : Charles Nollet -17 avril 1925 - 29 octobre 1925 : Paul Painlevé -29 octobre 1925 - 28 novembre 1925 : Édouard Daladier (1884-1970) -28 novembre 1925 -19 juillet 1926 : Paul Painlevé -23 juillet 1926 - 26 juillet 1929 : Paul Painlevé -29 juillet 1929 - 22 octobre 1929 : André Maginot (1877-1932) -13 décembre 1930 - 27 janvier 1931 : Louis Barthou -27 janvier 1931 - 6 janvier 1932 : André Maginot -14 janvier 1932 - 20 février 1932 : André Tardieu Ministre de la Défense nationale : -20 février 1932 - 3 juin 1932 : François Piétri (1882-1966) Ministres de la Guerre : -3 juin 1932-14 décembre 1932 : Jean-Paul Boncour (1873-1972) -18 décembre 1932 - 31 janvier 1933 : Édouard Daladier -31 janvier 1933 - 30 janvier 1934 : Édouard Daladier (à vérifier) Ministres de la Défense nationale et de la Guerre : -30 janvier 1934 - 4 février 1934 : Jean Fabry (1876-1968) -4 février 1934 - 9 février 1934 : Joseph Paul-Boncour Ministres de la Guerre : -9 février 1934 - 8 novembre 1934 : Philippe Pétain -8 novembre 1934 - 7 juin 1935 : Louis Maurin (1869-1956) -7 juin 1935 - 24 janvier 1936 : Jean Fabry -24 janvier 1936 - 4 juin 1936 : Louis Maurin (2èm fois) Ministres de la Défense nationale et de la Guerre : -4 juin 1936 - .........1937 : Édouard Daladier .........1937 - .........1938 : Édouard Daladier 10 avril 1938 - 18 mai 1940 : Édouard Daladier 18 mai 1940 - 16 juin 1940 : Paul Reynaud Ministre de la Défense nationale : 16 juin 1940 - 11 juillet 1940 : Maxime Weygand GUERRE DE 1870 : GUERRE DE 1914-1918 : Le 28 juin 1914, l’archiduc héritier d’Autriche, François-Ferdinand étaient asssassiné à Sarajevo. Le gouvernement autrichien ayant reçu aussitôt une promesse sd’appui allemand est décidé à supprimer le danger serbe en allant au besoin jusqu’à la guerre générale. On a attendu cependant jusqu’au 23 juillet pour remettre l’ultimatul à la Serbie de sorte que Poincaré et Viviani, en visite à Saint-Petersbourg les 23-23 juillet, ne reçoivent la nouvelle qu’en arrivant à Stockholm, sur le chemin du retour, le 25 juillet. Il est difficile d’apprécier dans quelle mesure Poincaré est indirectement responsable de la guerre par l’appui qu’il a promis au gouvernement russe. Il a confirmé qu’il exécuterait toutes les obligations imposées par l’alliance, mais a conseillé d’éviter toute mesure qui pourrait entraîner une réplique allemande. Pourtant, il est certain que l’occasion lui était offerte de faire renaître la question de l’Alsace-Lorraine, et de se débarrasser du militarisme prussien : ce sont les deux buts initiaux de la guerre du côté français. L’opposition à la guerre qui menace vient essentiellement de la CGT et du parti socialiste. Devant la menace de grèves ou de troubles, Malvy, ministre de l’Intérieur, a fait dresser la liste des responsables syndicaux et politiques à arrêter en cas de mobilisation. Mais le CGT n’est pas d’accord avec Jaurès sur le sens à donner à la grève : il s’agit pour elle de la transformer en grève générale révolutionnaire, tandis qu’elle est pour Jaurès le moyen d’imposer la paix. Pourtant quand l’ultimatum est donné à la Serbie, , l’unité, ce vieux rêve de Jaurès tend à se faire entre syndicalistes et socialistes. Le 27, à l’appel de La Bataille Syndicaliste, 30.000 personnes manifestent devant Le Matin, le plus belliqueux des journaux parisiens ; le même jour, Dumoulin, Jouhaux et Jaurès sont à Bruxelles, où ils rencontrent leurs camarades allemands sans aboutir à une position commune. Le 30 juillet une réunion commune est tenue par les responsables syndicaux et socialistes ; Jouhaux propose une manifestation massive à Paris, que Jaurès refusepour l’immédiat, de crainte d’affoler l’opinion pacifiste, mais non révolutionnaire, et de laisser croire aux Allemands que la France est au bord de la guerre civile. On sait par ailleurs que les syndicats allemands ont assuré le chancelier qu’ils n’entraveraient pas la mobilisation. Le 31 juillet, Jaurès est assassiné et sa disparition allait achever l’effondrement du camp pacifiste. Le même jour, un ultimatum allemand était adressé à la Russie et Bethmann-Hollwegg chargeait son ambassadeur à Paris de demander au gouvernement français, en forme d’ultimatum (18 heures), quelle srait son attitude en cas de guerre germano-russe ; au cas improbable où la France resterait neutre, l’Allemagne réclamerait comme gages Toul et Verdun, qu’elle restituerait après la guerre. Le même soir, à 22 heures, le Comité Confédéral de la CGT décidait d’annuler les résolutions (pacifistes) des congrès antérieurs et de se rallier aux déclarations du parti socialiste en « s’asseyant sur les principes ». Le 1er août, la déclaration de guerre allemande est adressée à la Russie. Les socialistes et responsables syndicaux français savent qu’ils ne seraient pas suivis s’ils s’opposaient résolument à la guerre ; Malvy le sait aussi, qui ordonne de surseoir à l’applicationDès le début de la guerre, on témoigne de la ferveur ou de la résolution avec laquelle on entra dans une guerre « franche et joyeuse », qui devait conduire rapidement jusqu’à Berlin. Dès août 1914 l’espoir du reconquête triomphante de l’Alsace-Lorraine avait disparu et l’on s’enfonça très vite dans une guerre d’usure où furent sacrifiées les forces démographiques les plus vives de la nation. *Les opérations. Le plan conçu par Schlieffen et mis au point par Moltke faisait porter le plus gros de l’effort contre la France pour la liquider rapidement et se reporter ensuite contre la Russie. Il impliquait l’entrée de la Belgique et l’encerclement général de l’armée française, qui serait refoulée par l’aile droite marchante allemande vers la Suisse et les Vosges, et contrainte de combattre le dos à la frontière. Le commandant en chef français, Joffre, sachant les intentions ennemies, comptait sur une résistance belge suffisante pour avoir le temps de lancer une offensive en Alsace-Lorraine en corrélation avec l’offensive russe, et donner tout son sens à cette guerre. Le 2 août, le roi des Belges Albert Ier fut sommé de laisser passer les armées allemandes et, sur son refus, le 4 août l’artillerie allemande écrasait Liège, mais le soir même l’Angleterre se joignait à la France. Les Allemands occupèrent rapidement presque toute la Belgique et, le 15 août, ils étaient à la frontière française, tandis que les offensives lancées par Joffre à l’Est, échouaient. Le 24 août commençait la retraite qui devait conduire les forces françaises du nord jusqu’à la Marne, où les Allemands furent arrêtés les 6-10 septembre. Chacun des adversaires tenta ensuite de tourner le front opposer par le nord ; cette « Course à la mer » aboutit à la fin de l’année 1914 à la construction d’un front continu de la Mer du Nord aux Vosges. De décembre 1914 à février 1916, le front se stabilise. De part et d’autre il faut refaire les stock de munitions ; le soldat s’enterre et connaît toutes les souffrances de la guerre de tranchées. On tente cependant quelques percées coûteuses qui échouent : sur Saint-Mihiel, au sud de Verdun, en avril 1915, en Artois (mai), et en Champagne (septembre). La guerre s’étend aux Dardanelles, où les franco-anglais essaient en vain de passer les Détroits, et en Grèce, où le général Sarrail se trouve bloqué à Salonique. Le 21 février 1916, les Allemands lancent l’attaque sur le saillant de Verdun, défendu par le général Pétain. La bataille, le plus importante de la guerre, met 300.000 hommes hors de combat de chaque côté ; mais les Allemands ont dû arrêter leur offensive le 1er juillet, après une avance maximum d’une dizaine de kilomètres, pour porter des renforts sur la Somme, où l’armée franco-anglaise a lancé une contre-offensive avec l’aide des chars. A la fin de l’années, le général Nivelle, qui a remplacé Pétain, reprend les forts de Vaux et de Douaumont, annulant les succès allemands : le front est à nouveau stabilisé. *Problèmes politiques. Au niveau politique, Dès le 26 août 1914, le président du Conseil René Viviani a remanié son gouvernement pour réaliser l’union nationale. Delcassé, Millerand, Briand, sont ministres ainsi que Guesde, devenu ministre d’Etat, et Sembat, ministre des Travaux publics. Jouhaux, de son côté, participe au Comité du Secours National. Contre cette Union sacrée, peu de résistances : à la CGT, Merrheim et Monatte essaient de former un groupe d’opposition autour de la Vie Ouvrière, mais le journal disparaît presque aussitôt. Quelques tracts sont rédigés par le syndicat des instituteurs et par les groupes féministes (« femmes socialistes, éveillez-vous »). Chez les socialistes, une faible opposition se groupe autour de Paul Faure, Pierre Laval, et du Populaire du centre, contre une guerre voulue par le Tzar. Les articles publiés par Romain Rolland en Suisse, dans le Journal de Genève, à partir du 22 septembre 1914, eurent davantage d’échos. Il y condamnait le militarisme prussien, mais se refuser à l’identifier au peuple allemand. Ces articles, interdits en France par la censure, furent d’abord diffusés clandestinement par des pacifistes, puis en fin de compte sous le titre Au-dessus de la mêlée en novembre 1915. Au Parlement, l’opposition est nulle, le gouvernement, qui s’est transporté à Bordeaux le 2 septembre, a pratiquement les pleins pouvoirs jusqu’en décembre 1914. Quand la prévision d’une guerre longue s’affirme, le Parlement et les socialistes commencent à s’émouvoir. En janvier 1915, Millerand, ministre de la Guerre, est attaqué par Clemenceau au nom de la Commission sénatoriale de l’armée pour l’insuffisance de la préparation. La Commission souhaiterait envoyer des missions de contrôle dans les usines et à l’armée, mais Joffre s’y refuse et Millerand l’appuie. La IIème Internationale s’inquiète, elle, de l’extension de la guerre (mai 1915). En septembre 1915, deux syndicalistes français, Merrheim, des Métaux, et Bourderon, des Tonneliers, assistent, avec Trotsky, Lénine, Ledebour, à la conférence de Zimmerwald, qui conclut à la transformation de la guerre impérialiste en guerre révolutionnaire. Les deux représentants français font connaître le Manifeste d’une Lettre aux abonnés de la Vie Ouvrière, sans grand succès. Viviani démissionne en octobre 1915, sans avoir été mis en minorité, devant l’attitude de Joffre qui refuse toujours un contrôle parlementaire. Dans le ministère Briand (octobre 1915-dédembre 1916), le catholique conservateur Denys-Cochin est sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Gallieni est à la Guerre, et Sembat est toujours ministre. L’Union sacrée est renforcée, mais Gallieni s’oppose plus directement à Joffre et lit, le 7 mars 1916, une note où il condamne le Quartier Général qui dépasse son rôle strictement militaire. Briand l’abandonne et le remplace en août par le général Roques, ami de Joffre. Le conflit d’autorité est provisoirement réglé. Cependant, au Congrès du parti socialiste de décembre 1915, le XIIème depuis l’unité, le premier depuis la guerre, trois tendances apparaissent : les majoritaires avec Cachin, Sembat, Thomas, sont toujours partisans de l’Union Sacrée jusqu’à la victoire. Les minoritaires avec Laval et longuet se prononcent pour une paix blanche. Enfin, un faible courant « zimmerwaldien » apparaît , fortifié par la présence à Paris de nombreux immigrés russes (Totsky). Au Congrès de Kienthal (ou IIème Zimmerwald), qui se tient en Suisse en avril 1916, trois députés français sont présents, Brizon, Blanc et Raffin-Dugens. Le Congrès demande aux socialistes des 23 organisations présentes de refuser la participation au gouvernement et le vote des crédits militaires. Au Parlement, la bataille de Verdun a réveillé les critiques et le gouvernement doit accepter en juin 1916 la réunion des Chambres en « Comité secret », puis la création d’un « Contrôle parlementaire aux armées ». On reproche au gouvernement de se laisser mener par le commandement et de manquer d’énergie. Briand remplace en décembre Joffre par Nivelle et remanie son gouvernement le 13 décembre. Le nombre des ministres est diminué. Un Comité de guerre plus efficace comprend, autour du président du Conseil, les ministres de la Guerre, de la Marine, de l’Armement et des Finances ; et surtout, Jules Guesde et Marcel Sembat ne sont plus ministres. En effet, au XIIIème Congrès socialiste qui se tient à Paris quelques jours plus tard, les anciens minoritaires, partisans d’une paix sans annexion et sans indemnité, sont presque à égalité avec les majoritaires. Au moment où se préparent les grandes offensives de 1917, l’Union sacrée est en voie de liquidation. GUERRE DE 1939-1940 : GUERRE DU RIF : GUESDE (Jules-Basile-Mathieu, dit), 1845-1922 : Journaliste et homme politique. Jules Guesde naît le 11 novembre 1845 à Paris. Après avoir reçu une éducation classique, il trouve à s’employer à la Préfecture de la Seine, en tant qu’expéditionnaire. Cependant ses préoccupations intellectuelles le poussent vers le journalisme. Il collabore ainsi quelques temps au Courier français de Vermorel, avant de fonder un journal d’opposition, Les Droits de l’Homme. Alors que la France du Second Empire déclare la guerre à la Prusse, Bazille est condamné à six mois de prison pour avoir, dans une profession de foi républicaine, situé l’ennemi non sur le Rhin mais aux Tuileries. Libéré après la défaite de Sedan et la proclamation de la République, celui qui se fait appelé Jules Guesde soutient le gouvernement de la Défense nationale. Il s’indigne cependant que l’on parle à présent d’armistice et de cessation des combats. Le journaliste se prend dès lors de sympathie pour l’élan patriotique qui saisit le peuple parisien assiégé et pour la Commune de Paris. Toutefois, il ne participe pas au gouvernement révolutionnaire. Après la répression de la Semaine sanglante menée par les Versaillais, Guesde, saisi d’horreur, s’exile à l’étranger au mois de juin 1871. Installé à Genève, Jules Guesde se lie à James Guillaume, un des membres influents de la première Internationale ouvrière, fondée à Londres en 1864. Celui-ci convertit le jacobin à l’anarchisme. Guesde se sent en effet attiré par ces thèses libertaires, inspirées des écrits de Mikhaïl Bakounine. En Suisse, le penseur russe lutte à l’époque contre l’autoritarisme de Karl Marx, qui désire faire de la fédération ouvrière une organisation centralisée. Après son entrée à la Fédération jurassienne, Jules Guesde milite ainsi pour l'autonomie des sections dans les colonnes de son journal, Le Réveil international. Il se rend bientôt en Italie, résidant à Milan en 1874 puis à Rome. C’est là qu’il publie deux ouvrages de réflexion politique, un Essai de Catéchisme socialiste en 1875 puis, l’année suivante, Le Livre rouge de la Justice sociale. De retour en France en 1876, Jules Guesde se rapproche des cercles marxistes. Il fait ainsi la connaissance d’un journaliste allemand, Karl Hirsch, qui lui fait découvrir la pensée de son compatriote. Au mois de novembre 1877, Guesde fonde alors le premier journal marxiste français, un hebdomadaire baptisé L’Égalité, qui paraît jusqu’en 1883. Il se fait également militant au sein de la Section de propagande et d’action révolutionnaire socialiste. En 1878, l’activiste est condamné à six mois de détention et à deux cent francs d'amende pour avoir, malgré l'interdiction gouvernementale, convoqué à Paris un congrès ouvrier. Incarcéré à la prison de Sainte-Pélagie, Jules Guesde rédige alors le Programme et Adresse des socialistes ainsi qu’une brochure intitulée Collectivisme et révolution. L’année suivante, il est à l’origine de la fondation de la Fédération du Parti des Travailleurs Socialistes de France au congrès qui se tient à Marseille du 20 au 31 octobre 1879. Au mois de mai 1880, Jules Guesde se rend à Londres demander à Karl Marx et à Friedrich Engels de cautionner le programme du Parti Ouvrier Français (P.O.F.) qui naît au mois de novembre suivant au congrès du Havre. Celui-ci se construit donc à partir des principes collectivistes, abandonnant le mutuellisme proudhonien. Guesde finance aussi de multiples publications sous formes de journaux et autres brochures, organise des meetings dans les communes ouvrières ou des manifestations au retentissement national pour la fête du travail du 1er mai. Le fondateur du Parti Ouvrier Français est élu député de Roubaix le 3 septembre 1893. Il siège ainsi à la Chambre jusqu’en 1898, année où le candidat marxiste est défait par Eugène Motte, le représentant du grand patronat local. Au mois d’avril 1905, la fondation de la Section Française de l’Internationale ouvrière (S.F.I.O.) marque une étape supplémentaire dans le développement du socialisme en France. Les principaux représentants de la gauche s’unissent ainsi au sein d’un même parti politique. Parmi ses adhérents, le courant guesdiste est massivement représenté, s’opposant aux partisans de Jean Jaurès. Depuis de nombreuses années, les deux leaders manifestent d’ailleurs publiquement leur opposition. Celle-ci se cristallise autour de la participation à la vie parlementaire et gouvernementale et se montre au grand jour lors du Congrès international socialiste, qui se tient à Paris au mois de septembre 1900. Ce succès est l’aboutissement du travail de pédagogie de ses représentants qui par la rédaction d’un hebdomadaire, Le Socialiste, ou grâce à une vaste entreprise d’édition, L’Encyclopédie socialiste, sur l’initiative de Compère-Morel, travaillent depuis des années à la pénétration du marxisme. Le 20 mai 1906, Jules Guesde est réélu député, cette fois-ci à Lille. Dans les années qui suivent sa fondation, la S.F.I.O., qualifiée d’abord de révolutionnaire, se transforme en un parti réformiste. Le parti socialiste se coupe ainsi progressivement de son soutien principal, le monde syndicaliste. Le 31 mars 1910, cependant, en accord avec la C.G.T., Guesde vote contre la loi des retraites ouvrières et paysannes, dans laquelle il voit, en raison du prélèvement opéré sur les salaires, un "vol législatif" qui s’ajoute au séculaire "vol patronal". Alors qu’éclate le premier conflit mondial pendant l’été 1914, Jules Guesde se démarque une fois de plus des prises de position de Jean Jaurès. Faisant fi de l’internationalisme marxiste, il se rallie à l’Union Sacrée. Celui qui s’était opposé en 1899 à la participation du socialiste Alexandre Millerand à un ministère « bourgeois » entre ainsi du 26 août 1914 au 29 octobre 1915, en tant que ministre d’État sans portefeuille, dans les gouvernements Viviani. Il devient minitre d’Etat du 29 octobre 1915 jusqu’au 12 décembre 1916 dans le cinquième cabinet Briand. Dans la tourmente du conflit, Jules Guesde adopte d’ailleurs un discours nationaliste. Il se fait l’intermédiaire des groupes parlementaires socialistes auprès du gouvernement et du président du Conseil, et obtient ainsi que la Chambre siège en permanence jusqu’à la fin du conflit. Sa santé ne lui permettant plus d’assister aux séances du Conseil, il se retire au moment de la formation du sixième cabinet Briand. Au mois d’octobre 1917, il s’inquiète ainsi des conséquences de la révolution bolchevique dans la Russie des Tzars sur l’évolution du conflit qui oppose la France aux puissances centrales. Au mois de décembre 1920, s’il ne participe pas au Congrès de Tours, Guesde cautionne le courant favorable au maintien de la « vieille maison » S.F.I.O. face à ceux des socialistes qui prônent la création d’un Parti communiste français placé sous l’égide du Kominterm, le troisième Internationale fondée au mois de mars 1919. Peu avant sa mort, survenue dans la pauvreté et la maladie le 28 juillet 1922 à Saint-Mandé, Jules Guesde laisse tout de même ce message : « Veillez sur la révolution russe ». GUIEYSSE (Pierre-Paul), 1841-1914 : Ingénieur et homme politique. Né à Lorient (Morbihan) en 1841, ce polytechnicien, attiré par l’égyptologie, se livre à d’interminables recherches sur les inscriptions hiéroglyphiques et les, papyrus et publie de nombreux mémoires sur leurs résultats. Attiré par la politique, il est élu conseiller général du Morbihan en 1881, puis député de ce département en 1890. Il reste au Parlement jusqu’en 1910 et est nommé ministre des Colonies. Ardent dreyfusiste, il appartient à la Ligue des Droits de l’Homme et à la franc-maçonnerie. Il décède à Paris en 1914. GUILBEAUX (Henri), 1884-1938 : Ecrivain. Né en Belgique de parents français, Henri Guilbeaux milite jeune dans le mouvement socialiste, collaborant à diverses revues littéraires où il préconise le rapprochement franco-allemand. Ardent jauressiste, il est peu à peu ulcéré par les manœuvres politiciennes qu’il croit découvrir dans le camp socialiste et verse alors dans le syndicalisme révolutionnaire. Lorsque commence la Première Guerre mondiale, il s’affirme résolument pacifiste, et avec ses amis de la Vie ouvrière, il soutient la position prise par Romain Rolland. Réformé en 1915, il gagne la Suisse en mai de la même année et devient, sur la recommandation de Romain Rolland, l’un des secrétaires de la section civile de l’Agence internationale des prisonniers de guerre. En Janvier 1916, il fonde la revue Demain, qu’il a beaucoup de mal a faire passer en France lorsqu’elle y est interdite. Il y est aidé par quelques militants pacifistes, notamment par l’institutrice Lucie Collard. Il était en même temps, le délégué de La Vie ouvrière en Suisse. En cette qualité, il participe à plusieurs congrès pacifiste tenus en territoire helvétique et aux rencontres qui ont lieu pour la création de la IIIème Internationale (CRRI). Naturellement, il était surveillé de très près par les services spéciaux français en Suisse qui voyaient en lui un agent au service de l’Allemagne. Du pacifisme, Henry Guilbeaux passe, en 1917, à l’action révolutionnaire. Ainsi, prend-il une part active aux négociations relatives au passage de Lénine à travers l’Allemagne en gagner pour gagner la Russie. GUILBERT (Yvette), 1865-1944 : Chanteuse. Née à Paris le 20 janvier 1865, Yvette Guilbert entre, à seize ans, elle comme vendeuse aux grands magasins Le Printemps à Paris. En 1885, elle suit des cours d'art dramatique. Elle fait ses premiers pas au théâtre aux Bouffes du Nord, puis passe au Cluny. Fin 1885 : Yvette Guilbert rencontre Charles Zidler, directeur de l'Hippodrome et le créateur du cabaret parisien Moulin-Rouge.2 En 1887, elle entre aux Nouveautés, où elle a notamment un petit rôle dans une pièce de Feydeau. L'année suivante, elle passe aux Variétés, où, là encore, elle n'a que de petits rôles. Elle décide alors de se tourner vers la chanson et le café-concert. En 1889, elle obtient un engagement à l'Eldorado, qu'elle quitte presqu'aussitôt pour entrer à l'Éden-Concert, mais ne parvient toujours pas à se faire un nom. En août 1889, Freud vient l'écouter à l'Eldorado sur les conseils de Mme Charcot. Par la suite, Freud affichera dans son bureau une photo dédicacée par elle et ils entretiendront une correspondance assez suivie. Le succès n'arrive qu'en 1891, après un engagement au Moulin Rouge qu'elle doit à la confiance de Charles Zidler. Atteinte d'une grave maladie à partir de 1900, elle finira quand même par remonter sur scène, au Carnegie de New-York en 1906, puis au Casino de Nice en 1913, mais avec un répertoire tout à fait nouveau, composé de chansons plus "littéraires", comportant des reprises de poésies anciennes et modernes, ainsi que des chansons du Moyen-Age. Elle consacre la fin de sa vie à refaire les grandes salles d'Europe et d'Amérique, ouvre une école de chant à Bruxelles, tourne dans quelques films, rédige des chroniques, fait de la mise en scène, anime des émissions de radio, écrit des livres. Yvette Guilbert enregistre ses chansons pendant presque quarante ans, ce qui lui vaut de nombreux enregistrements conservés, du début du cylindre commercialisé aux disques enregistrés électriquement. Yvette Guilbert meurt à Aix-en-Provence le 4 février 1944. (Bouches-du-Rhône). GUILLAIN (Antoine-Florent), 1844-1915 : Ingénieur et homme politique. Né à Paris le 7 février 1844, Antoine Guillain entre d’abord à Polytechnique puis devient ingénieur des Ponts. Nommé directeur au ministère des Travaux publics avant de devenir député du Nord de 1896 à 1910, il s’allie aux plus grandes familles fortunées du Nord par son mariage ce qui lui permet de poursuivre son ascension sociale. Il est nommé ministre des Colonies par Dupuy dans son quatrième et cinquième ministère du 1er novembre 1895 au 28 avril 1896 mais refuse le poste dans le cabinet Waldeck-Rousseau. Il décède à Paris le 19 avril 1915. GUILLAUMAT (Marie-Louis-Adolphe), 1863-1940 : Général et homme politique. Né à Bourgneuf (Charente-Inférieure) le 4 janvier 1863, le général Guillaumat est un sort major de sa promotion à Saint-Cyr, devient officier de légion puis professeur à l’Ecole de guerre. Commandant suprême des arnées alliées d’Orient en 1917, gouverneur de Paris en 1918 et enfin commandant supérieur interallié des troupes d’occupation en Allemagne. Nommé ministre de la Guerre du 23 juin au 18 juillet 1926 das le dixième cabinet Briand, il souhaite réorganiser et rendre plus efficace la lourde administration qui lui est confiée. L’échec du gouvernement ne lui permet pas d’effectuer des actions significatives. Il décède à Nantes (Loire-Inférieure) le 18 mai 1940. GUIMARD (Hector), 1869-1942 : Architecte et décorateur. Né à Lyon le 10 mars 1867, Hector Guimard part étudier à l’Ecole des Arts décoratifs de Paris, tente le Prix de Rome, mais échoue à plusieurs reprises : architecte non diplômé, il en concevra une grande amertume. Guimard débute dans les années 1890 sa carrière d’architecte par la conception d’hôtels particuliers où il met à profit la leçon de Viollet-le-Duc : à l’extérieur du bâtiment des saillies traduisent les aménagements intérieurs, tandis que la façade est animée et la symétrie classique rejetée. Il conçoit également du mobilier destiné à s’accorder pleinement à l’architecture. Les principes essentiels de l’art de Guimard sont la logique, l’harmonie, et le sentiment. Architecture et arts décoratifs doivent satisfaire au programme de chacun, en utilisant les ressources industrielles modernes et en appliquant les progrès de la science à toutes les branches de l’activité humaine. Influencé par l’art japonais, Guimard cherche à exprimer le caractère véritable de la matière utilisée pour ses bâtiments (terre cuite émaillée, brique rouge ou émaillée, fer peint, pierre de taille…), et non à le dissimuler, comme c’est le cas dans l’architecture néo-baroque des années 1900 (par exemple au Grand Palais). En 1895, il commence son chef-d’œuvre, le Castel Béranger, à Paris. Rompant avec la rigidité haussmannienne, le bâtiment multiplie les décrochements et les matières polychromes. Guimard laisse visibles les matériaux, notamment la structure de fer. Mais sa grande innovation est avant tout graphique : c’est la fameuse ligne courbe et rythmée, typiquement Art Nouveau, dont il anime également le mobilier conçu spécialement pour le bâtiment. Guimard reçoit par la suite de nombreuses commandes de maisons, villas, « castels ». Citons : Maison Coilliot (Lille, France) en 1898-1900, Villa Bluette (Hermanville, Calvados) en 1899, Castel Henriette (Sèvres) en 1901, Castel Val (Auvers-sur-Oise) et la Villa La Sapinière (Hermanville) en 1903 ; Castel Orgeval (Villemoisson-sur-Orge), Hôtel Léon Nozal (XVIe arrondissement de Paris), Chalet Blanc (Sceaux) et le Castel Orgeval (2 avenue de la Mare-Tambour, Villemoisson-sur-Orge) en 1904 ; l’Hôtel Deron Levet (Sceaux) en 1905, l’Immeuble Trémois (XVIe arrondissement de Paris) en 1909, l’Hôtel Mezzara (XVIe arrondissement de Paris) en 1910. En 1900 lui sont commandées les entrées du métro, qui susciteront rapidement de vives critiques. Peu à peu ses œuvres acquièrent de la monumentalité et abandonnent l’asymétrie au profit d’une masse pleine et harmonieuse (ainsi de la synagogue de la rue Pavée, à Paris, édifiée en 1913). Après la Première Guerre mondiale, Guimard se fait ingénieur et son architecture se standardise. En 1938 il s’exile aux Etats-Unis, et y meurt quatre ans plus tard, le 20 mai 1942. GUINGOT (Louis), 1864-1948 : Peintre, décorateur. Louis Guingot entre en 1880 à l'Ecole des Beaux-Arts et à l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris. De retour à Nancy vers 1895, il fréquente le milieu artistique nancéien. Peintre de formation, il se spécialise dans la décoration murale d'édifices publics (Verdun, Vittel, Amiens, Charmes, Nancy) et religieux (Vaubexy, Haraucourt, Jeanménil) : il réalise pour le restaurant-brasserie Thiers en 1899 une série de huit peintures (dont six illustrant l'histoire de Gargantua) et décore le portique du Palais des Fêtes de l'Exposition internationale de Nancy en 1909. La quasi-totalité de ces peintures murales ayant disparu, son oeuvre ne nous est connue que par des photographies anciennes. Décorateur, il collabore avec René Wiener à la création de reliures et travaille à l'élaboration de nouveaux procédés de décoration sur tissus, tentures et peluches. Pendant la première guerre mondiale, il est reconnu pour avoir participé à l'invention de la tenue militaire camouflage avec Jean-Baptiste Eugène Corbin. Louis Guingot est membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy dès 1901. GUIRAUD (Ernest), 1837-1892 : Compositeur et professeur de musique. Né à La Nouvelle-Orléans le 23 juin 1837, Ernest Guiraud obtient, au Conservatoire, le 1er prix de piano en 1858 et obtient en 1859, le prix de Rome à l'unanimité. Il donne à l'Opéra-Comique Le Kabold (1870), Piccolino (1876). Cette même année, il est nommé professeur d’harmoonie au Conservatoire, et, en 1880, professeur de composition. En 1882, il reparaît à l’Opéra-Comique avec Galante aventure (1882). À l'Athénée, Madame Turlupin (deux actes qui eurent un grand succès en 1872). À l'Opéra, le ballet de Gretnagreen (1873). Sa Première suite d'orchestre, exécutée en 1872 aux Concerts populaires, est bien accueillie, et la dernière partie, Carnaval, est parfois jouée. Il s'était lié d'une vive amitié avec Georges Bizet. Dans ce domaine, il enrichit l'opéra Carmen par des récitatifs en remplacement des dialogues originaux. De même, il achève l'orchestration des Contes d'Hofmann d'Offenbach. Son opéra Frédégonde (1895) est terminé par Camille Saint-Saëns. Elu membre de l'Académie des beaux-arts en 1891, il est nommé professeur de composition au Conservatoire en remplacement de Victor Massé et décède à Paris le 6 mai 1892. GUIRIEUD (Pierre), 1976-1940 : Peintre. Né à Paris au sein d’une famille originaire des Alpes de Haute-Provence, Pierre Girieud passa son enfance et son adolescence dans cette région avant de s’établir en 1900 à Montmartre où il pratiqua la peinture en autodidacte tout en fréquentant Picasso, Villon, Marquet, Puy, Manguin et Camoin. Il fut également l'ami d’écrivains comme Mac Orlan, Carco et Dorgeles et ce fut avec ce dernier qu’il participa à la mystification de Boronali, ayant en tant que placier au Salon des Indépendants, inscrit le tableau peint par la queue de l'âne sous le titre de "Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique". Grand admirateur de Gauguin, Girieud se mit à peindre des œuvres dans le style des Nabis dès 1901.Après avoir exposé en compagnie de Maillol en 1901, il débuta l’année suivante au Salon des Indépendants à Paris et joua très tôt un rôle important parmi les artistes qui étaient en révolte contre l’art officiel et contre l’Impressionnisme qui représentait pour eux une impasse. Il adhéra ainsi au Fauvisme et fit partie des peintres qui exposèrent leurs œuvres lors du Salon d’Automne historique de 1905 où il montra cinq tableaux. Il montra aussi ses œuvres à la galerie Berthe Weil en compagnie de Metzinger, Fornerod et Friesz puis avec Le Fauconnier, il se joignit en 1909 à la « Nouvelle Association des Artistes de Munich » que venaient de créer son ami Kandinsky, Kubin et Jawlensky et participa aussi en Russie au Salon de la Toison d’Or. Dès 1907, il eut droit à sa première exposition personnelle organisée par Daniel Kahnweiler et en 1910-11, Franz Marc le fit exposer à la galerie Tannhauser à Munich. Très tôt remarqué comme un artiste d’avant-garde, Girieud se fixa en 1911 à Marseille et, revenu au classicisme lors de la Première Guerre Mondiale, il se consacra à des œuvres de décoration, surtout des fresques, des décors d’opéra et des illustrations. Ses œuvres sont présentes dans 22 musées dont l’Hermitage à Saint-Pétersbourg, le Musée Pompidou à Paris, le Lebauchhaus de Munich, le Musée Cantini de Marseille et l’Annonciade à Saint-Tropez. Girieud, qui fut tour à tour un peintre symboliste, nabi, fauve, expressionniste puis néo-classique, participa à un nombre incalculable d’expositions en France et en Europe avant de tomber dans un anonymat difficile à expliquer après la Première Guerre Mondiale laquelle le marqua toutefois profondément. Cet artiste talentueux qui aurait pu marquer l’histoire de l’art de son empreinte demeure un mystère pour les historiens d'art. GUIST’HAU (Henri-Gabriel), 1863-1931: Avocat et homme politique. Né à Saint-Pierre (Réunion) le 22 septembre 1863, Gabriel Guist’hau est un orphelin sans fortune. Il fait ses études de droit à Nantes où il devient docteur. Devenu avocat, il cotoie Briand et décide de se lancer dans une carrière politique. Radical socialiste, il est élu député de Loire-Inférieure de 1910 à 1924 et devient rapporteur de l’important budget des Cultes à la Chambre et, lorsque Briand forme son deuxième son dexième cabinet, il lui propose de poste de sous-secrétaire d’Etat à la Marine. Poste qu’il occupe du 3 novembre 1910 au 1er mars 1911. Il semploie alors à soutenir le programme gouvernemental de construction des bâtiments militaires. Nommé ministre de l’nstrcution publique et des Beaux-Arts du 14 janvier 1912 au 20 janvier 1913 dans le cabinet Poincaré, il revendique un retour à la culture classique, fait célébrer la bicentenaire de Jean-Jacques Rousseau et se penche sur la protection sociale des professeurs du primaire. Nommé ministre du Commerce et de l’Industrie du 21 janvier au 21 mars 1913 dans le troisième et quatrième cabinet Briand, il fait voter la loi sur lenseignement industriel et commercial et celle sur le statut des personnels qui y sont rattachés. A la chute du cabinet et pendant quatorze ans, il retrouve son siège de député de Nantes à la Chambre puis accespte de nouveau un poste au sein du septième cabinet Briand. Nommé ministre de la Marine du 16 janvier 1921 au 14 janvier 1922, il réorganise cette arme grvement touchée pendant la Première Guerre mondiale et met en œuvre la première tranche de sa reconstruction. Il décède à Nantes (Loire-Inférieure) le 27 novembre 1931. GUITRY (Lucien-Germain), 1860-1925 : Comédien. Né à Paris le 13 décembre 1860, entré au Conservatoire en 1876, Lucien Guitry fait ses débuts sur scène dans La dame aux camélias en 1878. Après avoir passé neuf ans à Saint-Pétersbourg, il entre au théâtre de l'Odéon en 1891 et à celui de la Renaissance en 1895. Partenaire de Réjane sur scène, Lucien Guitry interprète des pièces de Bataille, de Bernstein... A partir de 1919, il joue dans des créations de son fils Sacha. A la fin de sa carrière, Lucien Guitry propose des interprétations très personnelles du Misanthrope en 1922, du Tartuffe en 1923 ou de L' école des femmes en 1924. Il décède à Paris le 1er juin 1925. GUITRY (Alexandre-Georges-Pierre Guitry, dit Sacha), 1885-1957 : Comédien, dramaturge et metteur en scène. Né le 21 février 1885 à Saint-Pétersbourg (Russie), Sacha Guitry est le fils du précédent. Élève médiocre, Sacha Guitry se révèle très tôt brillant comédien, et bien vite excellent auteur et metteur en scène. Il écrit lui-même ses propres pièces, parfois en moins de trois jours, et en assure la mise en scène et l'interprétation. Nono (1905) remporte un vif succès. Mais l'échec de La Clef, en 1907, décourage un temps Sacha Guitry, et c'est le soutien indéfectible d’Octave Mirbeau qui lui donne le courage de continuer : admiratif et reconnaissant, Sacha Guitry sollicite une préface de lui pour sa Petite Hollande, en 1908, et lui consacre une pièce, Un sujet de roman, qui est créée, en 1924, par son père Lucien Guitry, dans le rôle du grand écrivain. Citons ses autres pièces : La Prise de Berg-Op-Zoom (1912) ; La Pèlerine écossaise (1914) ; Deux couverts (1914) ; La jalousie (1915) ; Faisons un rêve (1916) ; Jean de La Fontaine (1916) ; Un soir quand on est seul (1917) ; Le mari, la femme est l'amant (1919) ; Mon père avait raison (1919) ; Le comédien (1921) ; Désiré (1927) ; Le nouveau testament (1934) ; Le Mot de Cambronne (1936) ; Quadrille (1937) ; Le Bien-Aimé (1940). Homme d'esprit à l'humour caustique, c'est Sacha Guitry qui découvre et lance Raimu dans Faisons un rêve. Il fait les délices du public mais s'attire également la jalousie des critiques. Sacha Guitry utilise au théâtre les techniques qu'il utilise au cinéma : s'approprier les règles, les codes d'un genre, les détourner et les plier à son propre style. Mais avec le cinéma, les rapports sont d'abord très tendus. Il fait une première tentative en 1915, en réalisant Ceux de chez nous, en réaction à un manifeste allemand exaltant la culture germanique. Comme Jouvet, il reproche au cinéma de ne pas avoir la même puissance que le théâtre, et ne s'y met qu'en 1935. Comprenant que le cinéma permet une survie, en fixant les images sur la pellicule, il décide de mettre en boîte certaines de ses pièces de théâtre. D'abord Pasteur (1935). La même année, il réalise Bonne chance et donne le premier rôle féminin à Jacqueline Delubac. En 1936, il réalise à partir de la pièce qu'il a écrite, Le nouveau testament. Puis, toujours en 1936, il réalise Le roman d'un tricheur, pour beaucoup son chef-d'œuvre. Dans ce film, réalisé presque sans dialogue, à l'exception de quelques scènes, Guitry met en scène l'unique roman qu'il a écrit, Mémoires d'un tricheur. Paraitront ensuite : Mon père avait raison (1936) ; Faisons un rêve (1936) ; Le Mot de Cambronne (1937) ; Désiré (1937) ; Les Perles de la Couronne (1937) ; Quadrille (1937) ; Remontons les Champs-Élysées(1938). En 1939, il est élu à l'Académie Goncourt, et réalise la même année Ils étaient neuf célibataires, avec de nombreuses vedettes dont Elvire Popesco. Aves le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la situation se complique pour le parisien Guitry qui ne veut pas quitter la capitale. Pendant quatre ans, à l'écart de toute pensée politique, il continue sa vie d'homme de théâtre et de cinéma, pensant ainsi assurer la présence de l'esprit français face à l'occupant allemand. Il décèdera le 24 juillet 1957 à Paris. GUY (Alice), 1873-1968 : Réalisatrice. Née à Saint-Mandé le 1er juillet 1873, de parents éditeurs, Alice Guy partage son enfance entre le Chili, la France et Carouge en Suisse. En 1894, elle obtient le poste de secrétaire au Comptoir général de la photographie des frères Max Richard qui est racheté par Léon Gaumont en 1895. Elle suit les découvertes des Frères Lumière et exploite leurs inventions en associant l'art théatrale elle tourne un court-métrage de fiction en 1896 à Belleville, La Fée aux choux, considéré comme le premier film de fiction de l'histoire du cinéma. Le film est projeté et gagne de telles recettes qu'elle prend la direction des productions de prises de vues cinématographiques Gaumont. Elle se tient au courant des recherches d'Étienne-Jules Marey, Georges Demeny, et met au point les premiers trucages de cinéma, usant de caches, de surimpressions, projetant la bande à rebours, … Elle peut utiliser le parlant dès 1902 grâce au chronophone de Demeny. La Vie du Christ en 1906 est l'un des premiers films. La même année, elle parvient à coloriser La Fée Printemps. Elle s'installe aux États-Unis et fonde deux sociétés de cinéma en 1910, qui produisent les films de Charles Chaplin. Le succès lui permet d'investir dans une technologie plus avancée et de créer un studio à Fort Lee (New Jersey), qui devient la capitale du cinéma en studio avant de rentrer en France en 1922. Elle avait tourné plus de 600 films. Elle meurt le 24 mars 1968 à Mahwah dans le New-Jersey, aux États-Unis.

GUYAU (Jean-Marie), 1854-1888 : Moraliste. Né le 28 octobre 1854 à Laval, passionné par la poésie et la philosophie, Jean-Marie Guyau lit tous les grands textes avec une préférence pour Hugo, Corneille, Musset, Épictète, Platon, et Kant. Licencié ès lettres à dix-sept ans, il se mit aussitôt à traduire le Manuel d’Épictète et fit précéder sa traduction d’une étude éloquente sur la philosophie stoïcienne. À dix-neuf ans, il est couronné par l’Académie des sciences morales et politiques dans un concours exceptionnellement brillant, pour un mémoire sur la morale utilitaire depuis Épicure jusqu’à l’École anglaise contemporaine. L’année suivante, il était chargé d’un cours de philosophie au lycée Condorcet. Enseignant au lycée Condorcet, sa santé ébranlée le force presque aussitôt de renoncer à l’enseignement. il a écrit des ouvrages pédagogiques : La Première année de lecture courante (1875) ; Partie du maître (1880) ; L'Année enfantine de lecture (1883) ; L'Année préparatoire de lecture courante (1884), in-18, 216 p., fig. ; Méthode Guyau. Lecture par l'écriture (1893). Suite aux premières atteintes de sa maladie, il va dans le Midi, où il écrit de nombreux ouvrages philosophiques et des poésies. Son oeuvre majeure, Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction (1885), profondément novatrice, semble avoir beaucoup impressionné (et sans doute influencé) Nietzsche ; La Littérature chrétienne du IIe au IVe siècle, extraits des Pères de l'Église latine, suivis d'extraits des poëtes chrétiens (1876) ; La Morale d'Épicure et ses rapports avec les doctrines contemporaine (1878) ; La Morale anglaise contemporaine, morale de l'utilité et de l'évolution (1879) ; Vers d'un philosophe (1881) ; Les Problèmes de l'esthétique contemporaine (1884) ; L'Irréligion de l'avenir, étude sociologique (1886) ; L'Art au point de vue sociologique (1889) ; Éducation et hérédité : étude sociologique (1889) ; La genèse de l'idée de temps (1890). Il décède à Menton (Basses-Alpes) le 31 mars 1888. GUYNEMER (Georges-Marie-Ludovic, Jules), 1894-1917 : Aviateur. Georges Guynemer est né à Paris le 24 décembre 1894, dans une famille aisée de l'aristocratie normande. Elève doué, mais dissipé, il est bachelier à dix-huit ans et prépare l'Ecole polytechnique.A la déclaration de guerre, il veut s'engager, mais son aspect chétif le fait refuser dans l'infanterie puis dans la cavalerie. Après deux ajournements par le conseil de révision, il réussit toutefois à entrer dans cette arme nouvelle qu'est l'aviation. Guynemer commence son entraînement à Pau comme élève-mécanicien. Devenu élève-pilote, il effectue son premier vol le 10 mars 1915. La même année, il est promu caporal à l'école d'Avord qu'il quitte bientôt pour rejoindre l'escadrille n3 à Vauciennes. Equipée de « Morane-Saulnier » et commandée par le capitaine Brocard, celle-ci va devenir « l'escadrille des cigognes », composée de fameux « as » : Guynemer, mais aussi Fonck, Dorme, Heurtaux. Le 19 juillet 1915, avec son mécanicien Guerder qui sert la mitrailleuse, Guynemer remporte sa première victoire. En septembre, il est promu sergent. Après plusieurs missions spéciales, il renoue en décembre avec la victoire en combat aérien. La Légion d'Honneur lui est remise des mains du président de la République. Le 12 mars 1916, son unité rejoint le front de Verdun alors que l'aviation allemande est maîtresse du ciel. Il remporte d'emblée une victoire mais, le lendemain, il est blessé et doit être évacué. Il regagne son unité le 26 mai 1916 à Amiens, et participe à la bataille de la Somme où il remporte 21 victoires officielles en 6 mois. Le 5 juillet 1917, le général Franchet d'Esperey lui remet les insignes d'officier de la Légion d'Honneur. Guynemer, qui totalise alors 42 victoires, n'a pas encore 23 ans; il est capitaine et célèbre : journaux et revues étalent son nom à la "une" et relatent ses exploits, étendant sa renommée dans la France entière. Outre ses missions de pilote, Guynemer se passionne pour la technique, passe du temps dans les ateliers, participant à la mise au point du moteur-canon et à la réalisation d'une ciné-mitrailleuse. En juillet 1917, l'escadrille est transférée en Flandres. Les combats sont violents : Guynemer a atteint sa 50ème victoire, mais a plusieurs fois été lui-même "descendu". Bien que compensant toujours une constitution plutôt fragile par une formidable énergie, il se montre maintenant davantage tourmenté. Le haut-commandement a prévu de l'envoyer à l'arrière, comme instructeur. Le 11 septembre 1917, il décolle de Saint Pol-sur-Mer sur son Spad XIII ( le "Vieux Charles" ) accompagné du lieutenant Bozon-Verduraz. Au dessus de Poelcapelle, en Belgique, un combat aérien s'engage. Le lieutenant perd de son vue son coéquipier. Guynemer ne reviendra pas. Sa fin reste en grande partie couverte d'une voile de mystère. Il aurait été abattu alors qu'il lançait une attaque contre un biplace de la "Jasta 3". Sur les lieux du crash, une patrouille allemande aurait découvert son cadavre et ramené ses papiers d'identité. Mais dans la nuit du 11 au 12 septembre 1917, le formidable bombardement britannique qui bouleversa le secteur aurait fait disparaître dans sa tourmente l'avion et le corps du prestigieux pilote. BORDEAUX (H.) : Vie héroïque de Guynemer, le chevalier de l'air, Paris, Plon, 1918. ROY (J.) : Guynemer, l'ange de la mort, Paris, Albin Michel, 1986. OSCHÉ (P.) : Guynemer, les avions d'un As, Paris, Lela Presse, 1998. DECAUX (A.) : C'était le XXe siècle T1 : le regard de Guynemer, Paris, Pocket, 1999. GUYOT (Yves-Prosper), 1843-1928 : Employé et homme politique. Né à Dinan (Côtes-su-Nord) le 6 septembre 1843, Yves Guyot, auteur d’une Histoire des Prolétaires (1873), devient député de la Seine de 1885 à 1893. Nommé ministre des Travaux publics du 22 février 1889 au 26 février 1892 dans le second cabinet Tirard et le quatrième cabinet Freycinet, Yves Guyot se fait le champion de l’inauguration des multiples réalisations que l’expansion nationale permet de réaliser. Il devient vite le « ministre inaugurateur » pour les uns ou « ministre juif errant » pour les autres. Radical extrémiste mais libéral et opportuniste, il démocratise les chemins de fer en obtenant, par le dégrèvement de la grande vitesse, une baisse de 27% des tarifs de troisième classe. Il décède à Paris le 22 février 1928.

GUYOT-DESSAIGNE (Jean-François-Edmond), 1833-1907 : Avocat et homme politique. Né à Brioude (Haute-Loire) le 25 décembre 1933, Guyot-Dessaigne devient docteur en droit, avocat puis décide d’entamer une carrière de magistrat. Maire de Cunlhat, président du conseil général du Puy-de-Dôme, député de ce département en 1885, il devient président de la commission de Réforme du code d’instruction criminelle avant d’être nommé au gouvernement. Ministre de la Justice et des Cultes du 5 au 21 février 1889 dans le cabinet Floquet, il n’a le temps que de régler les affaires courantes. Ministre des Travaux publics du 1er novembre 1895 au 28 avril 1896 dans le cabinet Bourgeois, son action se porte essentiellement sur l’établissement des tarifs de transport de la houille. Redevnu député à la chute du mnistère, il continue à suivre de près les affaires des chemins de fer et participe aux travaux des grandes commissions, dont celle chargée de l’enquête sur le scandale de Panama. Du 25 otobre 1906 au 31 décembre 1907, Guyot-Dessaigne retrouve son poste de ministre de la Justice dans le premier cabinet Clemenceau. Il réforme les procédures de divorce, de légitimation des enfants et d’assistance judiciaire. Il modifie les textes concernant les aliénés et s’occupe de la carrière des magistrats. Epuisé par son intense activité, déjà victime de plusieurs défaillances, il succombe à un arrêt cardiaque en sortant du Sénat le 31 décembre 1907.

GUYOT DE VILLENEUVE (Jean-Pierre), 1864-1909 : Officier et homme politique. Né à Saint-Briouze (Cher) le 9 février 1864, frère du député Camille Guyot de Villeneuve (1862-1939), il est candidat est élu député en 1902. Il s’est rendu célèbre par son interpellation dans le cadre de l’affaire des fiches. Le 28 octobre 1904, Guyot de Villeneuve révèle à la tribune de la Chambre que le ministère de la Guerre établissait des fiches sur les officiers à l’aide de renseignements politiques fournis par le secrétaire du Grand Orient de France. Après ce scandale, le ministère Combes déconsidéré, ne survit que quelques mois. Mais la haine que Guyot de Villeneuve avait déchaînées contre lui-même lui valent un échec aux élections législatives suivantes des 1906. Il décède à Paris le 3 mai 1909 des suites d’un accident d’automobile.

 
     
 
Document sans nom F FABRY (Jean), 1876-1968 : Officier et homme politique. Né à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) le 6 juin 1876, Jean Fabry est officier de chasseurs alpins, diplômé de Saint-Cyr et de l’Ecole de guerre. Il perd une jambe au combat en 1915 et refusant sa mise à la retraite, il met sur pied l’Ecole des officiers d’état-major puis part avec le Joffre aux Etats-Unis, comme chef de cabinet, afin de négocier l’entrée des Américains dans la guerre. Journaliste, il collabore à L’Avenir dont il devient le rédacteur puis le directeur. Député de Paris de 1919 à 1936, il suit de très près les questions militaires. Représentant de France à la commission des armements de la SDN, il entre au gouvernement dans le 3ème cabinet Poincaré et le ministère François-Marsal du 29 mars au 13 juin 1924 comme ministre des Colonies. A la suite des élections du 11 mai 1924, redevenu député, il est élu président de la commission de la Défense. C’est un ardent avocat de la ligne Maginot et un adversaire acharné de toute mesure allant contre l’esprit du traité de Versailles Daladier lui propose dans son second cabinet le portefeuille de la Défense nationale et de la Guerre qu’il administre du 30 janvier au 4 février 1934, mais il démissionne quelques jours plus tard quand il apprend le déplacement du préfet de police Chiappe. Il retrouve ce portefeuille dans le quatrième Il retrouve le portefeuille de la Guerre du 7 juin 1935 au 23 janvier 1936 dans le quatrième cabinet Laval où il bénéficie enfin d’un peu de temps pour diriger son administration. En six mois, il crée un fonds d’armement commun à toutes les armes et se montre favorable à l’armée de métier. Sénateur du Doubs de 1936 à la guerre, ile 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et est déclaré inéligible à la Libération. Il décèdera Montreuil-sous-Bois le 1er juin 1968. FACHODA (Crise de) : L'Afrique, principal champ de l'expansion coloniale européenne du XIXe siècle, est le théâtre d'une concurrence entre les États européens. Alors que la France envisage une conquête territoriale suivant un axe est-ouest de Dakar à Djibouti, le Royaume-Uni vise la constitution d'une continuité territoriale entre Le Caire et Le Cap, c'est-à-dire suivant un axe nord-sud. La croisée de ces deux axes donne lieu à la confrontation de Fachoda, en 1898. Fachoda est une ville du Soudan, située sur la rive droite du Nil Blanc. Ancienne garnison égyptienne qui a été abandonnée en 1884, c'est donc une ville en ruine que se disputent les puissances européennes. Mais elle représentait la place principale de tout le Bahr al-Ghazal, immense territoire d'une superficie équivalente à celle de la France. En 1897, le capitaine Jean-Baptiste Marchand partit de la côte atlantique de l'Afrique pour une expédition vers l'est, à travers la forêt tropicale avec 13 officiers et sous-officiers blancs, 150 tirailleurs sénégalais et plusieurs milliers de porteurs. Deux autres expéditions devaient le rejoindre depuis l'Éthiopie mais subirent différentes vicissitudes qui les en empêchèrent. Cependant deux membres de l'une d'entre elles se trouvèrent à Fachoda en compagnie du Négus d'Éthiopie 40 jours avant l'arrivée de Marchand et y plantèrent même le drapeau français, drapeau que ne découvrit pas Marchand parvenu sur le Nil en juillet 1898 et qui occupa Fachoda le 13. Le 25 août un combat les opposa à 3000 derviches mahdistes montés sur deux steamers le Safieh et le Tewfikieh. Une expédition belge commandée par le baron Francis Thanis était également parti de Stanleyville au Congo belge vers Fachoda en septembre 1896 avec 5000 fantassins indigènes et 37 canons. Elle atteignit le lac Albert en février 1897. Cependant l'avant-garde ne tarda pas à se rebeller en avril et ses hommes, de l'ethnie cannibale des Tetela se retournèrent contre leurs officiers puis le 18 mars attaquèrent le gros de la colonne dont les hommes se rangèrent du côté de leurs congénères. Les Belges mirent trois années à réprimer cette révolte, ce qui les mit hors de la course. Les deux protagonistes avaient profité d'un apparent désintérêt anglais pour le Soudan. Les Britanniques défendaient les intérêts égyptiens mais avaient perdu le Soudan depuis la révolte madhiste et la mort du général Gordon à Khartoum le 26 janvier 1885. À la même époque une armée britannique, sous les ordres de Lord Kitchener remontait le Nil pour affronter l'armée mahdiste. Partie le 18 mars 1896 la force britannique – qui faisait construire une ligne ferroviaire sur son trajet –, atteignit la capitale soudanaise, Omdurman le 30 août 1898 au terme d'une longue campagne, et, le 2 septembre, vainquit les 45 000 derviches à la bataille d'Omdurman. Quelques jours après les Anglais capturaient le Tewfikieh qui revenait de Fachoda et leur apprit la présence d'Européens. Le 18 septembre, Kitchener et ses 20 000 hommes entrèrent dans la ville et rencontrèrent Marchand et ses 250 hommes pour protester au nom du khédive. Kitchener plaça la région sous la loi martiale en attendant une décision diplomatique. Le gouvernement français de Henri Brisson (sous la présidence de Félix Faure) reçut aussitôt un ultimatum de Londres lui intimant de faire se retirer la colonne Marchand. La France était alors en pleine Affaire Dreyfus dont l'une des thématiques était la trahison nationale, et l'opinion publique appela à en découdre avec l'ennemi héréditaire. De son côté l'opinion anglaise acceptait mal qu'une poignée de Français s'attribuent les bénéfices de la défaite des mahdistes acquise par l'Angleterre. Le dénouement Le rapport de force était trop inégal et Théophile Delcassé, le ministre des Affaires étrangères, visait avant tout à reprendre un jour l'Alsace et la Lorraine aux Allemands, ce pourquoi il lui fallait obtenir une alliance avec le Royaume-Uni. Par conséquent, il donna le 10 novembre l'ordre à Marchand de se retirer pour des « raisons sanitaires », alors même que l'opinion publique commençait à se désintéresser de l'Afrique pour porter toute son attention sur l'Affaire Dreyfus. Le 11 décembre 1898, le drapeau égyptien flottait sur Fachoda. Un accord signé entre les deux pays en 1899 confirma le renoncement de la France à toute ambition sur la vallée du Nil. Les historiens considèrent généralement que cette affaire permit le rapprochement politique de la France et l'Angleterre, qui aboutit à l'Entente Cordiale le 8 avril 1904. 18 septembre 1898. Le 18 septembre 1898, une armée anglo-égyptienne de 20.000 hommes, conduite par le général Lord Kitchener, remonte le Nil après avoir vaincu les Soudanais au terme d'une campagne brutale et meurtrière à Omdourman. À Fachoda, sur les bords du Nil blanc, au cœur du Soudan, elle rencontre une expédition française arrivée sur place trois mois plus tôt. Cette expédition, baptisée «mission Congo-Nil», comprend huit gradés, dont le capitaine Charles Mangin, et plus de 250 tirailleurs sénégalais sous les ordres du chef de bataillon Jean-Baptiste Marchand (35 ans). Elle est partie deux ans plus tôt, le 24 juillet 1896, de Loango, un poste français sur le littoral atlantique, au nord du fleuve Congo. Lequel, de l'Anglais ou du Français, cédera la place ? La possession du Soudan et la continuité des empires coloniaux sont en jeu. La course au drapeau Depuis qu'elle a occupé l'Égypte, en 1882, l'Angleterre rêve de constituer à son profit un axe nord-sud Le Caire-Le Cap. Elle veut aussi éviter qu'une puissance rivale ne s'installe sur les bords de la mer Rouge, aux portes de l'Égypte et du canal de Suez par lequel passe le trafic maritime entre Londres et les Indes britanniques. Dès 1893, la République française, de son côté, s'est mise en tête de relier Dakar, sur l'Atlantique, à Djibouti, sur la mer Rouge, à travers le bassin du Nil. L'idée lui en a été soufflée par le roi des Belges Léopold II, qui est en concurrence avec les Anglais dans la région entre Congo et Nil. Elle l'a d'autant mieux adoptée qu'elle supporte mal la mainmise de son ennemie héréditaire, l'Angleterre, sur l'Égypte à laquelle la rattachent des liens affectifs depuis l'épopée de Bonaparte et la construction du canal de Suez. La défaite des Italiens à Adoua face aux Éthiopiens, le 1er mars 1896, précipite l'intervention anglaise au Soudan. Dès le 12 mars 1896, le Premier ministre Robert Salisbury décide de conquérir le pays. Il veut sécuriser l'Égypte en soumettant les contrées du Haut-Nil. C'est plus que n'en peut supporter le ministre français des Affaires étrangères, Gabriel Hanotaux, fervent partisan de la colonisation. Il esquisse un rapprochement avec l'Allemagne dans la perspective d'une confrontation avec la «perfide Albion». Il réactive par ailleurs le projet de mission militaire de Marchand, qui vise à conclure des traités d'amitié avec les chefs locaux dans toute la région qui sépare le Congo du Nil afin de prendre de court les Britanniques. Pour séduire les chefs africains, Marchand emporte pas moins de 70.000 mètres de textile et 16 tonnes de perles vénitiennes, sans compter cognac, Pernod, champagne, truffes, foie gras,... pour les besoins des gradés ! L'expédition remonte le Congo puis le Bahr-el-Ghazal avant d'arriver au Nil. Elle utilise un petit bateau à vapeur, le Faidherbe, pour remonter les rivières. Lorsque celles-ci ne sont pas navigables, il faut démonter le bateau et le transporter à dos d'homme. Il en va ainsi sur 200 km ! La petite troupe hiverne dans la région des Grands Lacs. C'est enfin le 12 juillet 1898 que Marchand peut hisser le drapeau tricolore à Fachoda, sur les bords du Nil. Le lieu est rebaptisé Fort Saint-Louis. Mais quand arrive le général Horatio Kitchener, sirdar (commandant en chef) de l'armée anglo-égyptienne, celui-ci fait hisser au-dessus des masures du village le drapeau... égyptien. Embarras des Français qui soutiennent l'indépendance de l'Égypte contre son protecteur britannique et surtout ne font pas le poids face à l'armée anglo-égyptienne. Au bord de la guerre À Paris, la République est présidée par Félix Faure et le gouvernement dirigé par le radical d'extrême gauche Henri Brisson. L'affaire Dreyfus bat son plein. Au ministère des Affaires étrangères, Théophile Delcassé a succédé à Gabriel Hanotaux, trop accommodant avec les Allemands. Devant l'ultimatum de Londres ordonnant à la colonne Marchand de se retirer, l'opinion publique, surexcitée, s'apprête à en découdre avec l'ennemi héréditaire. Mais face à l'inflexibilité du Premier ministre anglais, Paris se résout à composer. Théophile Delcassé veut par-dessus tout reprendre aux Allemands l'Alsace-Lorraine perdue en 1871. Il a besoin pour cela de l'alliance anglaise. Le 10 novembre, faisant fi de la fierté nationale, il donne l'ordre à la colonne Marchand de se retirer de Fachoda. Ulcéré, Marchand, élevé au grade de commandant, cède la place en janvier 1897. Il continue sa route vers l'Abyssinie où le Roi des Rois lui fait un accueil impérial, avant de rejoindre l'Océan Indien... Déjà, l'opinion publique se détourne de l'Afrique et n'a plus d'yeux que pour l'affaire Dreyfus. Il ne reste de l'expédition qu'un monument discret dans le bois de Vincennes, aux portes de Paris. Le Soudan sera anglais... et l'on oubliera très vite que deux grandes nations proches et prétendument civilisées faillirent se jeter l'une contre l'autre pour la possession d'une région que les protagonistes avaient eux-mêmes décrite comme «un pays de marécages et de fièvres» (Salisbury) ou «un pays peuplé par des singes et par des Noirs pires que des singes» (Hanotaux). Les Français et les Anglais signeront peu après, le 8 avril 1904, l'Entente cordiale. Ils entreront côte à côte en guerre,10 ans plus tard, contre les Allemands. Sur l'incident de Fachoda et les rivalités coloniales en Afrique, je recommande un très passionnant ouvrage : Le partage de l'Afrique 1880-1914 (Henri Wesseling, Denoël 1996). FAGUET (Emile), 1847-1917 : Critique. FAISCEAU : FALCOZ (Henri), 1884-1936 : Avocat et homme politique. Né à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) le 6 mai 1884, député de Savoie de 1924 à 1936, Henry Falcoz, franc-maçon, consacre une bonne partie de son travail parlementaire à la commission des Travaux publics. Récompensé par Tardieu, il est nommé dans son second ministère sous-secrétaire d’Etat aux Travaux publics du 2 mars au 28 novembre 1930 auprès de Georges Pernot. Il doit cependant démissionner quelques mois plus tard au moment de l’affaire Oustric où il est impliqué. Il décède à Neuilly-sur-Seine le 24 mai 1936. FALLIÈRES (Armand), 1841-1831 : Avocat et homme politique. Armand Fallières naît le 6 novembre 1841 à Mézin, dans le département du Lot-et-Garonne. A priori, les origines d’Armand Fallières ne semblent pas le prédisposer à occuper les fonctions les plus élevées de l’Etat. Petit-fils d’un forgeron, fils d’un greffier de justice de paix, il passe son enfance dans ce bourg viticole, avant de rejoindre Toulouse, puis Paris. Après avoir fait son droit, Armand Fallières devient avocat et s’inscrit au barreau de Nérac en 1866. Il y plaide quelques procès politiques, défendant notamment un groupe de jeunes gens qui avaient chanté La Marseillaise sur le passage d’une procession. Cet engagement dans les rangs républicains, cet intérêt pour les affaires publiques le poussent à entrer en politique. Il exerce tout d’abord des responsabilités locales. La même année, en 1871, avec l’avènement de la Troisième République, il est élu maire de Nérac et conseiller général du canton. Enfin, en 1876, à l’âge de trente-cinq ans, Fallières fait son entrée à l’Assemblée nationale comme député de son département natal. A la Chambre des députés, Armand Fallières siège parmi les membres du groupe de la gauche républicaine. Il fait ainsi partie de ces "363" qui, le 20 mai 1877, affirment leur opposition au pouvoir en place en votant un ordre du jour de défiance au maréchal de Mac-Mahon. La Chambre est alors dissoute. Quatre années plus tôt, l’élu du Lot-et-Garonne avait d’ailleurs été rappelé à l’ordre pour avoir manifesté trop bruyamment au moment de la démission d’Adolphe Thiers par le président du Conseil, le Duc de Broglie. Réélu peu après, au mois d’octobre 1877, il s’affirmait rapidement aux côtés des opportunistes et était appelé pour la première fois, au mois de mai 1880, à exercer des responsabilités gouvernementales. Pendant douze années, pratiquement sans discontinuer, Armand Fallières demeure au gouvernement. Il occupe ainsi quatre portefeuilles différents, mais aux responsabilités liées à l’époque - ceux de l’Intérieur, des Cultes, de l’Instruction publique et de la Justice – dans huit cabinets successifs. Collaborateur de Ferry au ministère de l’Instruction publique puis ministre de l’Intérieur, Fallières incarne un des idéaux de la Troisième République : la promotion sociale par le mérite, scolaire puis professionnel. L’homme rassure par sa bonhomie joviale d’homme du Sud-Ouest. Son physique imposant, son sens de la conciliation hérité d’une lecture assidue de Montaigne et sa patience lui valent le respect et la sympathie d’une large fraction du milieu parlementaire. C’est probablement pour cet ensemble de raisons que le président de la République Jules Grévy lui confie la tâche de former un gouvernement après la démission brutale de Duclerc, le 29 janvier 1883. Ainsi, quand à 41 ans seulement, le 29 janvier 1883, Fallières devient président du Conseil, le mandat qui s’ouvre paraît-il prometteur. Or, sa présidence ne dure que 3 semaines. Se réservant l’Intérieur, il reconduit la majorité des ministres du cabinet précédent. Fallières se fixe pour priorité de l’affaire des prétendants qui a entraîné la chute de son prédécesseur. En d’autres termes, il doit statuer sur la situation des princes (Orléans et Bonaparte) vivant en France. Le 30 janvier, épuisé par les préoccupations des jours précédents, il doit s’interrompre au beau milieu d’un discours qu’il prononce à ce sujet. Il laisse alors au garde des sceaux Devès la responsabilité de poursuivre la discussion devant le Sénat. Le lendemain, les débats reprennent à la Chambre ; le gouvernement parvient à élaborer un projet de loi « autorisant le gouvernement à expulser les chefs des maisons ayant régné sur la France et à mettre en disponibilité les princes considérés comme n’ayant pas conservé en France l’attitude de citoyens ». La vague de cette formulation propice à tous les durcissement inquiète de nombreux modérés. A l’évidence, les membres du gouvernement jugent nécessaire de réagir au manifeste antirépublicain que le prince Jérôme Napoléon a fait afficher sur les murs de Paris dans la nuit du 15 au 16 janvier précédent : « Le pouvoir exécutif est affaibli, incapable, impuissant. Les Chambres sont sans direction et sans volonté. Le mal réside dans la Constitution, qui met le pays à la discrétion de huit cents sénateurs et députés. » Le 1er février, dans une séance de nuit à la Chambre, la proposition du gouvernement est largement votée. Mais, onze jours plus tard, une majorités de sénateurs, plus conservateurs que les députés, rejettent le texte au profit de la proposition Say, menaçant seulement de bannissement les princes ayant réalisé « soit acte de prétendant, soit une manifestation ayant pour but d’attenter à la sûreté de l’Etat ». S ‘estimant désavoué , Fallières présente sa démission le lendemain, le 21 février 1883. La carrière politique de Fallières ne s’achève pas pour autant : ministre (de l’Instruction, de l’Intérieur, puis de la Justice) à de nombreuses reprises entre 1883 et 1892 et, en 1890, il est élu sénateur, toujours dans son fief du Lot-et-Garonne, et siège désormais dans la Chambre haute. De 1892 à 1899, l’élu n’est que peu présent dans l’hémicycle. En effet, au cours de ces années, il ne prend pas une seule fois la parole en séance publique. Le 3 mars 1899 cependant, il est élu Président du Sénat, succédant à ce poste à Émile Loubet, devenu Président de la République. Le 22 septembre 1900, les deux plus hauts personnages de l’État sont présents au Banquet des Maires qui se déroule dans le parc du palais de l'Élysée et qui réunit les élus de la Nation à l’occasion du centenaire de la première République. Auparavant, Armand Fallières présidait également la Haute Cour de Justice qui condamna Paul Déroulède à dix ans de bannissement, le 5 janvier 1900, pour "complot contre la sûreté de l’État". Le 18 janvier 1906, à Versailles, Armand Fallières est élu Président de la République au premier tour de scrutin, par 449 voix contre 371 à Paul Doumer. Georges Clemenceau, tout comme la plupart des parlementaires radicaux, ont préféré cet homme modéré à son concurrent, pourtant affilié au même parti, mais à qui ils reprochent le fait d’avoir abandonné Émile Combes et le « Bloc des gauches » deux années plus tôt. Six mois après son élection, le 25 octobre, Fallières fait d’ailleurs appel à Clemenceau pour diriger le gouvernement. Cependant, le caractère indépendant, la personnalité turbulente de Clemenceau, ainsi que sa politique sans compromissions, lui valent la défection puis l'opposition des socialistes. Ces derniers lui reprochent en particulier la répression féroce des grèves ouvrières. Après trois années d’exercice, le cabinet Clemenceau connaît l’usure du pouvoir. Le tournant du siècle voit également se multiplier les dissensions à l’intérieur de la gauche. Aussi Armand Fallières fait-il appel à Aristide Briand, dont le gouvernement entre en fonctions le 24 juillet 1909. Au moment où les discussions à la Chambre se font plus virulentes, notamment à propos des lois militaires, où la situation internationale se fait plus incertaine, Briand apparaît aux yeux du président de la République comme l’homme de "l’apaisement". Celui-ci se rappelle notamment que l’ancien militant de la grève générale est aussi l’habile rapporteur de la loi de séparation de l’Église et de l’État. Le nouveau président du Conseil souhaite la disparition des conflits sociaux grâce à la "participation" des syndicats et du patronat aux débats en cours. Coup politique ou véritable mise en place d’une démocratie sociale ? L’expérience tourne court. En cette année 1911, les tensions internationales s’accroissent également. Ernest Monis, à présent au pouvoir, prend l’initiative de faire occuper Fez, au Maroc, au mois de janvier. Le 1er juillet suivant, une canonnière allemande, la Panther, est envoyée à Agadir, pour tenter de s'opposer à cette violation du traité d’Algésiras par la France. Alors que la guerre menace, le cabinet Caillaux parvient à un accord avec la diplomatie de Guillaume II. Et le 4 novembre, les deux puissances coloniales rivales signent une convention par laquelle l'Allemagne accepte de se désintéresser du Maroc en échange d'une partie du Congo. L’année suivante, le 30 mars, forte de cet accord, la France établit son protectorat sur le Maroc. Ce succès diplomatique flatte l’esprit cocardier des Français et Raymond Poincaré, président du Conseil à l’époque, est élu Président de la République, le 17 janvier 1913. Le mandat d’Armand Fallières est en effet arrivé à son terme, tandis que dans les Balkans la situation s’est aggravée... Retiré dès lors de la scène politique, Armand Fallières décède le 22 juin 1931, à Villeneuve de Mézin (Lot-et-Garonne), dans sa commune natale. FALLIÈRES (André), 1875-1968 : Né à Villeneuve-de-Mézin (Lot-et-Garonne) le 30 septembre 1875 André Fallières est le fils du président Armand Fallières. Docteur en droit, il est élu député radical après la Première Guerre mondiale. Spécialiste des questions économiques, il entre au gouvernement dans le neuvième cabinet Briand comme sous-secrétaire d’Etat aux Finances du 10 mars au 22 juin 1926. Il ne reste que douze jours à ce poste, mais est nommé du 23 juillet 1926 au 1er juin 1928 ministre de l’Assistance et de la Prévoyance sociales dans le quatrième cabinet Poincaré du 23 juillet 1926 au 1er juin 1928. Il démissionne de son poste à la suite de son échec électoral. Il décèdera à Villeneuve-de-Mézin le 20 août 1968. FANTIN-LATOUR (Henri), 1836-1904 : Peintre et lithographe. Né à Grenoble en 1836 FARRE (Jean, Joseph, Frédéric, Adolphe), 1816-1887 : Général et homme politique. Né à Valence (Drôme) le 5 mai 1816, polytechnicien et officier de génie, le général Farre remporte en novembre 1870 la bataille d’Amiens. Nommé en Algérie, il s’attire les sympathies de la gauche et est plusieurs fois proposé pour le portefeuille de la Guerre. Dufaure souhaite qu’il remplace le général Borel, mais Mac-Mahon refuse ce choix. Il doit donc attendre le premier cabinet Freycinet puis dans le premier ministère Ferry pour entrer au gouvernement comme ministre de la Guerre du 28 décembre 1879 au 24 mars 1887. Il réorganise alors son administration, réserve les grades d’officiers territoriaux aux officiers retraités, se propose de supprimer les aumôniers militaires et rend autonome les services de santé. Enfin, il supprime les tambours, au grand regret des plus traditionnalistes. Son action au moment de l’expédition de Tunisie lui est vivement reprochée, son système de renforts par petites unités empêche en effet une véritable mobilisation de l’armée. Il décède à Paris le 24 mars 1887. FARRÈRE (Frédéric-Charles-Pierre-Edouard Bargone, dit Claude), 1876-1957 : Homme de lettres. FAUCONS ROUGES : L’organisation « Les Amis de l’Enfance ouvrière », plus connue sous le nom de Faucons rouges, est fondée par Georges Monnet et son épouse en novembre 1932 sous la présidence de Marcel Déat. C’est une organisation d’éducation socialiste de l’enfance te de la jeunesse, en réaction au scoutisme trop religieux, militariste et nationaliste. L’idéologie des Faucons rouges se résume ne quatre points : par l’auto-discipline et l’auto-critique, l’enfant sera éduqué contrairement à l’enseignement bourgeois. C’est ainsi qu’il pourra préparer l’instauration d’un monde socialiste. Le programme des faucons rouges contient diverses techniques d’éducation destinées à développer l’esprit de la collectivité. Le mouvement ponctue sa vie par des fêtes qui, sous la forme de Républiques, sont de véritables organisations de société en miniature. La première République a lieu à Seekamp en 1927. En 1932, c’est à Draveil près de Paris que se tient la République « Solidarité » réunissant 900 participants dont 154 Français. Cette République avait une forte coloration allemande et on y chantait l’hymne des Faucons rouges allemands. Les époux Monnet dénocent bientôt le caratère trop germanique du mouvement français. Ils écartent Löwenstein qui avait parrainé la création des Faucons rouges en France et effectuent le retour à un folklore national. Germaine Monnet devient l’animatrice des Faucons rouges. Plusieurs « républiques nationales » ou internationales se déroulent dès lors en France. La dernière République dénommée « Travail » se tient en 1937 à Chambly dans l’Oise. Le mouvement des Faucons rouges n’a pas eu une grande importance numérique en France ; mais son influence est grande, en particulier dans le milieu des Auberges de jeunesse qui est le prolongement naturel de l’activité des enfants Faucons rouges devenus adolescents ou adultes. FAURE (Elie), 1873-1937 : Médecinet historien. Né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) le 4 avril 1873, Elie Faure est le frère de Jean-Louis Faure et de Léonce Faure et le neveu d’Elisée Reclus. Méfiant des partis, il se mèle d’une certaine manière au mouvement socialiste, enseignant à l’Université populaire, écrivant des livres dont l’orientation politique n’est pas niable, adhérant au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et Artistes révolutionnaires, collaborant parfois à L’Humanité et à Commune, et président à la fin de sa vie les Amis de l’Espagne républicaine. Il passe pour avoir influencé fortement André Malraux. Citons de lui : L’Esprit des Formes, essai sur les données générales de la philosophie de l’histoire ; Hitoire de l’Art ; Nietzsche ; Dostoïesky ; La Conquête. Il décède à Paris le 29 octobre 1937. FAURE (Félix), 1841-1899 : Homme politique. FAURE (Firmin-André-Nazaire), 1864-19 : Avocat et homme politique. Originaire de Quillan (Aude), Faure est élu député d’Oran en 1898 comme candidat révisionniste antijuif, ayant à son programme l’abrogation du décret Crémieux (qui avait donné la nationalité française aux indigènes juifs d’Algérie, mai ne l’accordait pas aux musulmans). Il s’inscrit au Groupe parlementaire antisémite présidé par Edouard Drumont, qui venait d’être élu député d’Alger. Son discours à la Chambre en faveur de Déroulède lui vaut la censure et l’exclusion temporaire. Il déjoue la cabale de ses adversaires à Oran en sollicitant le renouvellement de son mandat, non en Algérie mais en région parisienne. Candidat à Saint-Denis, il est élu contre le député sortant dreyfusiste Renou. Il avait fait toute sa campagne contre Waldeck-Rousseau qu’il appelle « le ministère Dreyfus », promettant à ses auditoires ouvriers de défendre la maind’œuvre française contre les travailleurs immigrés qui envahissent les chantiers. Il est, au cours de sa législature, l’un des parlementaires qui demandent que soient organisées les retraites ouvrières si souvent promises. Vigoureusement attaqué dans sa circonscription, il se représente en 1902 et va se présenter en vain en Dordogne. FAURE (Paul), 1878-1960 : Homme politique. Né à Périguex (Dordogne) le 3 juin 1878 Paul Faure est le plus jeune maire de France en 1904. Socialiste, il se retrouve à la tête de la SFIO après le congrès de Tours. Considéré par Blum comme « le meilleur d’entre nous », il dirige avec ce dernier Le Populaire et entre au Parlement en 1924. Lors de la victoire du Front populaire, il est nommé ministre d’Etat sans portefeuille du 4 juin 1936 au 17 janvier 1938 dans le premier cabinet Blum et le 3ème ministère Chautemps. Il garde le même portefeuille du 13 mars au 9 avril 1938 dans le second cabinet Blum. Il se charge alors principalement des relations entre le gouvernement et le parti et la nationalisation des industries d’armement. Il s’oppose alors à la répression lors des occupations d’usines et à tout compromis avec « les puissances d’argent ». Il juge trop importantes les dépenses militaires. Il décèdera à Paris le 16 novembre 1960. FAURE (Jean-Louis), 1863-1944 : Chirurgien. Né à Saint-Foy-la-Grande en 1863, Jean-Louis Faure est ke frère de l’agronome Léonce Faure et de l’Historien Elie Faure. Professeur de clinique gynécologique à la faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie de médecine et de l’Académie des sciences, Jean-Louis Faure est l’auteur de plusieurs ouvrages ou études de médecine, sur les grands chirurgiens, sur Claude Bernard. Si son frère Elie apporte son soutien à la gauche, il est, lui, plutôt favorable à la droite avec sa participation au Centre de Propagande des Républicains nationaux dont il était membre du conseil d’administration. Il décèdera à Saint-Laurent-des-Combes (Gironde) en 1944. FAURE (Sébastien), 1858-1942 : Pédagogue anarchiste. Issu d’une famille de la haute bourgeoisie catholique, le jeune Sébastien Faure envisageait de devenir missionnaire. La mort de son père le contraignit à y renoncer pour se consacrer à sa famille. Le contact avec la vie quotidienne l’amena à réfléchir, à lire des auteurs jusque-là proscrits. Il perdit la foi et décida de rompre avec le milieu d'où il était issu. Il s’enrôla dans l’infanterie mais la vie militaire le déçut rapidement et il termina son engagement simple soldat. Après un séjour d’un an en Grande-Bretagne, Sébastien Faure s’intéressait alors aux questions sociales et commença sa carrière de militant. D’abord adepte de Jules Guesde, il fut candidat du Parti ouvrier aux législatives d’octobre 1885, recueillit 600 voix et fit découvrir son talent d’orateur. Ses activités militantes provoquèrent la séparation des époux Faure. Installé à Paris, il se détacha peu à peu du guesdisme et s’intéressa au mouvement anarchiste. Il devint un ardent propagandiste de l’idéal libertaire, parcourant la France en tout sens pour présenter des conférences aux titres percutants ou provocateurs : Douze preuves de l’inexistence de Dieu, La Pourriture parlementaire, Ni commander, ni obéir... Ses tournées, minutieusement préparées, obtinrent bientôt un grand succès. Ses principales cibles étaient l’État, le Capital et la religion. Sa bibliographie est abondante et les titres de journaux ou périodiques qu’il fonda ou auxquels il a collaboré sont nombreux. Il attira ainsi l’attention de la police et fut plusieurs fois arrêté, condamné et emprisonné. En pleine période terroriste (la propagande par le fait), les lois scélérates permirent même la tenue du spectaculaire procès des Trente (août 1894) dans lequel il fut impliqué. L’affaire Dreyfus l’absorba à partir de février 1898. Il rédigea un J’accuse plus violent que la lettre de Zola, publia une brochure, Les Anarchistes et l’affaire Dreyfus, multiplia les conférences et entraîna avec lui les libertaires qui avaient d’abord considéré que la question ne les regardait pas. Il s’investit ensuite dans la propagande néo-malthusienne aux côtés d’Eugène Humbert, puis, désireux de concentrer ses efforts sur une œuvre unique au lieu de les disperser au hasard des circonstances, il entreprit de faire vivre une communauté éducative fondée sur les principes libertaires : La Ruche. La guerre de 1914-1918 révéla de profondes divergences au sein du mouvement anarchiste. Tandis que Pierre Kropotkine et Jean Grave se ralliaient à L’Union sacrée, Errico Malatesta restait résolument antimilitariste. En France, Sébastien Faure fut un des premiers à prendre ouvertement position en publiant un manifeste intitulé Vers la paix qui lui valut une convocation au ministère de l’Intérieur au cours de laquelle il fut persuadé par Louis-Jean Malvy d’interrompre sa campagne pacifiste. Celle-ci fut reprise par d’autres militants anarchistes : Louis Lecoin, Pierre Ruff, Pierre Chardon, Émile Armand, puis plus tard par Sébastien Faure lui-même avec la publication d’un hebdomadaire de quatre pages intitulé Ce qu’il faut dire. Cependant Sébastien Faure sortit physiquement ébranlé, moralement et politiquement brisé. Victime d’une campagne de calomnies et de rumeurs malveillantes il surmonta néanmoins une congestion pulmonaire et mit sur pied l’imprimerie La Fraternelle, fit paraître en 1922 le premier numéro de Le Revue anarchiste qui compta 35 livraisons, puis assuma la direction et la coordination de L’Encyclopédie anarchiste. Il participa encore à une vaste campagne de soutien aux victimes de la guerre d’Espagne et se rendit à Barcelone et sur le front de Saragosse, mais les prises de position de la C.N.T.-F.A.I. le conduisirent à prendre ses distances puis à dresser un bilan plutôt négatif de l’expérience espagnole. Pendant la Seconde guerre mondiale, quelque peu dépassé par les événements, il séjourna à Royan avec sa femme qu’il avait retrouvée après quarante ans de séparation. Il y mourut d’une congestion cérébrale le 14 juillet 1942.Cet homme, pilier du mouvement anarchiste, avait bien mal débuté. Il naquit le 6 janvier 1858, à Saint-Etienne, dans une famille traditionaliste et conservatrice. Il devient effectivement séminariste, puis jette aux orties une soutane qu'il n'avait jamais porté. Sensible aux idées socialistes, il avait adhéré au Parti ouvrier français et se présenta aux élections de 1885. Orateur et propagandiste de très grand talent, Sébastien Faure se dépensant sans compter, devint un des militants les plus actifs du mouvement libertaire. Aussi, c'est tout "naturellement" qu'il se retrouve en 1895, avec Louise Michel, à la fondation du Libertaire. Cette année 1895 fut une année forte pour le mouvement libertaire. Profitant de l'émotion causée par les attentats de Emile Henry, Vaillant et Caserio, les pouvoirs publics "organisèrent" un procès monstre, passé dans l'Histoire sous le nom de "procès des Trente". Tout le "gratin" du mouvement libertaire de l'époque se retrouva sur les bancs du Palais de Justice… ou en cavale à Bruxelles. Le temps fort de ce procès fut la plaidoirie de Sébastien Faure. Résultat : 27 acquittements et 3 condamnations, pour des délits proches du délit commun. En 1898, l'affaire Dreyfus atteignit son point culminant. Après avoir hésité, Sébastien Faure se rangea dans le camp des dreyfusards, entraînant avec eux la majorité du mouvement. On peut remarquer que dans les affrontements dans la rue avec les antidreyfusards (entre autres dans le 10e arrondissement de Paris), seuls les militants libertaires s'affrontèrent avec les "patriotes". Ce dynamisme, cet engagement médusèrent un homme comme Ludovic Trarieux. Ce dernier, grand bourgeois bordelais, premier président de la toute neuve Ligue des Droits de l'Homme, avait voté les "lois scélérates" sur les menées anarchistes en 1894. La deuxième grande œuvre de Sébastien Faure fut bien sûr la création de "La Ruche" à Rambouillet. En principe, tous les lecteurs du Monde libertaire connaissent par cœur cette expérience. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, il faut lire, toute affaire cessante : Les écrits pédagogiques de Sébastien Faure ou Sébastien Faure et la Ruche, de Roland Lewin. La guerre de 1914-1918 fut fatale à cette expérience, qui dut s'arrêter en 1917. Depuis, un an, depuis avril 1916, Sébastien Faure publiait un journal contestataire et antimilitariste : Ce qu'il faut dire (CQFD), diffusé dans l'armée française et même sur les bâtiments de la marine de guerre. En 1918, Sébastien Faure avait 60 ans et une vie déjà bien remplie. Il ne se sentait pas le courage de relancer " La Ruche ". Entre les deux guerres mondiales, sa troisième grande œuvre fut la publication de l'Encyclopédie anarchiste : cinq volumes, 2 893 pages. C'est une réalisation gigantesque. Des milliers d'articles, des centaines de collaborateurs, c'est encore aujourd'hui une mine historique et idéologique. La première édition de 1934 (réalisée grâce aux efforts des trois mousquetaires : Durutti, Ascaso et Jover) étant épuisée, une seconde édition eut lieu à Caracas en 1974, sous l'égide du groupe Sébastien Faure de Bordeaux. Qui entreprendra une troisième édition, bien nécessaire ? Parallèlement, Sébastien Faure poursuivait son activité éditoriale, soit comme animateur de l'imprimerie "La Laborieuse", soit par la parution d'ouvrages : Propos subversifs, Mon opinion sur Dieu, Mon Communisme… Rappelons également qu'il s'implique dans la fameuse polémique " Plate-forme - Synthèse ", dont les échos sont parvenus jusqu'à nous ; la Fédération anarchiste de 1995 s'inspirant, pour son fonctionnement, de la synthèse parisienne. Il eut le plaisir de voir vivre en Espagne une expérience dont bien des aspects avaient été prévus dans son activité théorique. Jusqu'à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il continua à parcourir les départements pour y donner des conférences, dont le public était toujours très fourni. Ses qualités d'orateur étaient célèbres. Les quelques enregistrements sur disques qui nous restent de lui en donnent malheureusement une pauvre idée. De ses lointaines études en classe de réthorique, il conservait le goût pour le balancement du rythme ternaire, qui devait ravir les assistants. Essayez de lire un texte de Sébastien Faure, en le disant à haute voix. Vous verrez que ces textes sont plus faits pour être dits que pour être lus. Un exemple ? En 1942, à Royan, Sébastien Faure nous quittait. Le 14 juillet, La Ruche De 1904 à 1917, Sébastien Faure loua, près de Rambouillet, un domaine de 25 ha comprenant une vaste maison et plusieurs bâtiments annexes ainsi que des dépendances, un grand jardin potager, des prairies et des bosquets. 60 personnes environ y vécurent en permanence : une quarantaine d’enfants des deux sexes, enfants de prolétaires ou orphelins, et une vingtaine d’adultes ayant volontairement choisi de seconder Sébastien Faure. La prospérité et la renommée de La Ruche induisirent quatre mille demandes d’inscription en 10 ans, qui ne purent évidemment pas être satisfaites. Les enfants acceptés étaient soigneusement sélectionnés : en bonne santé, entre 6 et 10 ans, ils devaient s’engager à rester à La Ruche jusqu’à 16 ans révolus. Il ne payaient aucun frais de pension, et les 20 collaborateurs étaient tous bénévoles. La Ruche accueillit aussi des camarades de passage, désireux de participer momentanément à cette expérience concrète ou exilés politiques. Les principes pédagogiques de Sébastien Faure s’inspiraient de ceux de Paul Robin, résumés par la célèbre formule : " bonne naissance, bonne éducation, bonne organisation sociale ". L’originalité de l’entreprise était d’être complètement indépendante, moralement et matériellement. Le but poursuivi était de porter au maximum de développement toutes les facultés de l’enfant : physiques, intellectuelles et morales. On menait de front l’instruction générale, l’enseignement technique et professionnel. L’éducation physique était régulièrement pratiquée, les jeux collectifs et les longues marches, associés à une alimentation saine, produisaient des enfants robustes, agiles, adroits et endurants. Les petits partageaient leur temps entre la classe, les jeux et les menus services. Les moyens, de 13 à 15 ans, passaient une partie de la journée en classe, l’autre à l’atelier ou aux champs, selon les principes de l’éducation intégrale. Les grands cessaient d’aller en classe et suivaient un stage de deux ou trois années en apprentissage ou aux champs, mais pouvaient compléter leur instruction aux cours du soir, par des lectures ou des discussions avec leurs aînés. Garçons et filles vivaient ensemble, comme frères et sœurs au sein d’une même famille, malgré les controverses suscitées alors par le " système de la coéducation des sexes ". Sébastien Faure privilégiait la " tête bien faite " au détriment de la " tête bien pleine " et la méthode inductive, c’est-à-dire positive et rationnelle, était préférée à la méthode déductive dogmatique. Les salles de classes présentaient un aspect vivant, gai, doux, prédisposant l’enfant à s’y plaire. Les récompenses et les punitions en étaient absentes, ainsi que toute forme de classement. Les collaborateurs chargés de l’enseignement disposaient d’une assez large liberté dans l’organisation de leur travail. Ils restaient plus ou moins longtemps, ce qui constitua la seule véritable faiblesse de l’enseignement à La Ruche, le successeur ne prenant pas forcément en compte le travail accompli par celui qu’il remplaçait. La musique et le chant tenaient une grande place à La Ruche et Sébastien Faure harmonisait lui-même certains chants. L’éducation morale était principalement fondée sur l’exemple et la discussion, et refusait l’autorité sous toutes ses formes. Les ateliers avaient une fonction éducative et une fonction utilitaire : ils permettaient à La Ruche de subvenir presque entièrement à ses propres besoins. Il fut même envisagé d’améliorer leur productivité et de travailler pour l’extérieur, constituant ainsi une source de revenus. Seul l’atelier d’imprimerie atteindra cet objectif. Les conférences de Sébastien Faure constituaient une importante source de revenus qui permettait de combler le déficit chronique de La Ruche. Chaque dimanche et lors de sa fête annuelle, La Ruche recevait de nombreux visiteurs. Enfin, chaque année, La Ruche organisait un voyage dans une région ou dans une autre. Seuls les moyens y participaient. Ces voyages constituaient à la fois une détente, une manifestation de propagande et une source de revenus : dans chaque ville qu’il traversait, le groupe donnait un concert payant qui était interrompu par une causerie de Sébastien Faure, et les enfants vendaient pendant l’entracte des brochures de Sébastien Faure ou des cartes postales de leur communauté. La guerre de 1914-1917 désorganisa la vie paisible de La Ruche et Sébastien Faure dut se résoudre à fermer l’institution à la fin de février 1917. Roland Lewin, Sébastien Faure et " La Ruche ", Cahiers de l’I.H.P.L., Ivan Davy, Vauchrétien, 1989. FAURÉ (Gabriel), 1845-1924 : Compositeur. Pamiers (Ariège) 12 mai 1845 — † Paris 4 novembre 1924. Compositeur. Il est le plus jeune des six enfants de Toussaint-Honoré Fauré et de Marie-Antoinette-Hélène Lalène-Laprade. En 1849 la famille s'installe près de Foix, à Montgauzy où Toussaint-Honoré est nommé directeur de l'Ecole normale. Fauré prend l'habitude de jouer l'harmonium de la chapelle jouxtant l'école, il est conseillé par une vieille dame aveugle. En octobre 1854, après avoir obtenu une bourse, Fauré entre à l'École de musique classique et religieuse de Paris, communément appelée École Niedermeyer. En plus des études générales, il suit des cours d'orgue (Clément Loret), d'harmonie (Louis Dietsch), de contrepoint et de fugue (Xavier Wackenthaler), de piano de plain-chant et de composition (Niedermeyer). Le 28 juillet 1865, après avoir régulièrement obtenu des premiers prix de piano et de composition, il quitte l'école les études achevées, en remportant le premier prix de composition avec Le Cantique de Jean Racine (opus11). Il obtient son premier poste d'organiste à la basilique Saint-Sauveur de Rennes qu'il occupe de janvier 1866 à mars 1870. Il donne également quelques leçons de piano et compose intensément. En 1868 assure la partie d’harmonium dans le Faust de Gounod au Grand Théâtre de Rennes. Entre mars et août 1870 il est organiste (orgue de chœur) à l'église Notre-Dame-de-Clignancourt de Paris, il s'enrôle dans la Garde Impériale le 16 août (guerre franco-prussienne) et participe à plusieurs engagements dans la région parisienne. Le 25 février 1471, un mois après la capitulation, il participe à la création de la Société Nationale de Musique (avec : César Franck, Ernest Guiraud, Camille Saint-Saëns, Jules Massenet, Henri Duparc, Jules Garcin Théodore Dubois, Paul Taffanel et Romain Bussière). Il habite alors avec son frère Arnaud à Paris (45 rue des Missions). Il est démobilisé le 9 mars 1871. Il est pendant quelques semaines organiste de l'église Saint-Honoré d'Eylau dans le XVIe arrondissement de Paris. Pendant la Commune de Paris il réside à Rambouillet puis l'été il enseigne la composition à Cours-sous-Lausanne (en Suisse), où l'École Niedermeyer est réfugiée. Il est de retour à Paris en octobre et loge à l'emplacement actuel du 167 boulevard de Saint-Germain (qui était alors le 19 rue Taranne). Il tient l'orgue du chœur de l'église Saint-Sulpice, où Widor tient le grand orgue. Il fréquente le salon de Saint-Saëns où se rencontre la société musicale parisienne, et au cours de l'année 1872, Saint-Saëns l' introduit dans le salon de Claudine Viardot, où il rencontre, en plus des fondateurs de la Société Nationale de Musique, Renan, Gounod, George Sand ou Flaubert. En 1874, il est suppléant de Saint-Saëns à l'église de la Madeleine (Messager le remplace à Saint-Sulpice), et il déménage rue de Parme. Il est élu le 22 novembre 1874 Secrétaire de la Société Nationale de Musique. En avril 1877 Théodore Dubois remplace Saint-Saëns au grand orgue de la Madeleine, Fauré est nommé maître de choeur. 1877, il déménage rue Mosnier (IXe arrondissement de Paris). Il est fiancé quelques temps à Marianne Viardot, la fille de Pauline. Il compose à cette époque sa Première sonate pour violon, son Premier quatuor avec piano et la Ballade pour piano. En décembre 1877 il est à Weimar où il rencontre Liszt qui trouve sa Ballade trop difficile à jouer. En avril 1879 il est à Cologne où il assiste à la représentation de l' Or du Rhin et de La Walkyrie. Il passe l'été 1881 à Villerville en Normandie et y compose sa Messe basse pour chœur de femmes. En 1882, il rencontre de nouveau Liszt à Zürich. Il se marie le 27 mars 1883 avec Marie Frémiet, la fille d'un sculpteur en vogue. Ils s'installent dans le XVIIe arrondissement de Paris, 93 avenue de Niel. Ils ont deux fils, Emmanuel (1883-1971) et Philippe (1889-1954). Pour subvenir aux besoins de sa famille, il organise un service journalier à la Madeleine (son «travail de mercenaire»), et donne des leçons de piano et d'harmonie. Ses musiques lui rapportent peu, son éditeur, qui vend ses partitions 50 francs pièce, ayant le tout des droits. En 1886, il achève son second quatuor avec piano et déménage au 154 boulevard Malesherbes. En 1885 l'Institut lui décerne le prix Chartier pour sa musique de chambre. Le 16 janvier 1888, il dirige des esquisses de son Requiem à l'occasion des obsèques de H. Lesoufaché à l'église de la Madeleine. En mars 1888, il fait un premier voyage à Bayreuth en compagnie de Messager et y retrouve Debussy et Bréville. En mai-juin 1891, il séjourne à Venise, où il est reçu par la princesse de Polignac, puis demeure brièvement à Florence. Il a une liaison avec Emma Bardac, qui sera la seconde épouse de Debussy. Il lui dédicace La bonne chanson et le Salve regina. Le premier juin 1892, il est nommé inspecteur des conservatoires nationaux en province, en remplacement d'Ernest Guiraud. Il entame une longue série de voyages à Londres, où il se rendra chaque année jusqu'en 1900 (où ses amis les Maddisons, Frank Schuster et John Singer Sargent organisent des concerts privés). Le 21 janvier 1893, une première version de son Requiem est donnée à l'église de la Madeleine (il ne sera finalisé dans son orchestration qu'en 1900), et le 26 octobre, pour les obsèques de Charles Gounod, il dirige la maîtrise alors que Saint-Saëns tient le grand orgue. Le 19 mai 1894, il est candidat à l'Institut, mais Théodore Dubois est élu par 20 voix contre 4. Le 10 Janvier 1896, il tient le grand orgue pour les obsèques de Paul Verlaine, et le 2 juin il succède à Théodore Dubois. Il subit un nouvel échec à l'Institut, Charles Lenepveu est élu par 19 voix contre 4. Le 2 juin 1896 il succède à Théodore Dubois au grand orgue de l'église de la Madeleine, en octobre il succède à Massenet à la classe de composition du Conservatoire de musique. Ce poste lui avait été refusé quatre ans auparavant, car Ambroise Thomas trouvait sa musique trop révolutionnaire. Il a comme élèves : Ravel, Florent Schmitt, Koechlin, Louis Aubert, Roger-Ducasse, Enescu, Paul Ladmirault, Nadia Boulanger, Émile Vuillermoz. En 1898, il compose une musique de scène pour la version anglaise de Pelléas et Mélisande de Maeterlinck (pour petit orchestre, qui est orchestré par Koechlin). Le 12 juillet, dans le cadre de l'Exposition universelle, son Requiem dans sa version chœur et orchestre est donnée sous la direction de Paul Taffanel. Les 27 et 28 août 1900 il crée Prométhée à Béziers, dans un théâtre de plein-air devant 15.000 spectateurs. Cette œuvre est conçue pour trois ensembles de cuivres, 100 cordes, 12 harpes, chœurs et solistes. Cette œuvre sera redonnée au même endroit les 25 et 27 août 1901, et à Paris les 5 et 15 décembre 1907. Avec l'aide de Roger Ducasse, il en réalise une version pour orchestre symphonique qui est créée à l'Opéra de Paris le 17 mai 1817. C'est au cours de la première, à Béziers qu'il rencontre la pianiste Marguerite Hasselmans (sœur du violoncelliste et chef d'orchestre Louis Hasselmans) qui restera sa compagne. De 1903 à 1921 il est critique musical au Figaro. Le 5 avril 1903 il est fait Officier de la Légion d'honneur. Pendant l'été, il est sujet aux premiers troubles auditifs. Entre 1904 et 1913 il enregistre une série de rouleaux pour la société Hupfeld and Welte-Mignon dont on a conservé ou réédité : 3e Romance sans paroles, 1ère Barcarolle, 3e Prélude, Pavane, 3e Nocturne, Sicilienne, Thème et variations, 1ère, 3e et 4e Valses-caprices. Le 15 juin 1905, il succède à Théodore Dubois à la direction du conservatoire de musique de Paris. Il y entreprend quelques réformes qui lui valent le surnom de «Robespierre». Il est élu en 1909 à l'Institut au fauteuil laissé vacant par Ernest Reyer. En 1910 il entreprend un tournée de concerts qui le mène à Saint-Petersburg, Helsinki et Moscou. La première de Pénélope le 10 mai 1913 à Paris est un triomphe, mais la faillite du Théâtre des Champs-Élysées en mois d'octobre interrompt les représentations, et la première guerre mondiale ne laisse pas envisager une reprise dans un autre théâtre. En 1917, il est élu président de la Société Nationale de Musique. Le 26 avril il est fait Grand officier de la Légion d'honneur, et le premier octobre suivant quitte la direction du Conservatoire. Le 20 juin 1922, on lui rend un hommage national en Sorbonne. Le 31 janvier 1923 il reçoit la Grande croix de la Légion d'honneur FAUTRIER (Jean), 1898-1964 : Peintre. Né le 16 mai 1898 à Paris, Jean Fautrier est éduqué en Angleterre puis, de retour en France, est engagé volontaire comme ambulancier en 1917. Gazé à Montdidier, il sera définitivement réformé en 1921. C'est avec ses Tyroliennes en habits du dimanche en 1922 que Fautrier fait son entrée dans les salons parisiens. Suivrons : Nu noir (1926) et Bouquet de lilas (1926). Il reçoit un accueil favorable de la part de la critique et du milieu littéraire parisien, en particulier par le jeune André Malraux. Cette rencontre sera suivie d'une longue amitié et de plusieurs préfaces de cet auteur aux expositions du peintre. La première préface se fait sous l'impulsion de Malraux. Ce dernier désire en effet, dans le cadre de ses fonctions à la N.R.F., que Fautrier illustre un texte de son choix. Le peintre porte son choix sur les Illuminations de Rimbaud. Malheureusement, le texte n'appartenant pas à Gallimard, Fautrier doit alors illustrer un autre texte. Il choisit L'Enfer de Dante. Mais, malgré le fougueux enthousiasme du peintre, le projet ne verra jamais le jour. Seule l'exposition à la galerie de la N.R.F., préfacée par Malraux, illustrera le travail de Fautrier. Cependant, cette expérience si elle est loin d'enthousiasmer critiques et acheteurs fait entrer Fautrier dans le cercle des intellectuels. Mais l'Histoire s'envenime et Fautrier s'exile. Il devient moniteur de ski puis monte une boite dans laquelle il fait jouer du jazz à Tignes entre 1934 et 1938. De retour à Paris en 1938, il consolide ses amitiés avec les intellectuels parisiens dont Ponge, Eluard, Char, Ganzo, Bataille, Paulhan. Continuant sa carrière pendant la guerre et après la Libération, il décèdera le 21 juillet 1964 à Châtenay-Malabry. BOURRIT (B.) : Fautrier ou le désengagement de l'art, Paris, Éditions de l'Épure, 2006. CABANNE (P.) : Jean Fautrier, Paris, Edition de la Différence, Classique du XXI° siècle, 1988. Collectif : Jean Fautrier, Martigny (Suisse), Éditions de la Fondation Giannada, 2004. PAULHAN (J.) : Fautrier l'enragé, rééd., Paris, Gallimard, 1991. PEYRÉ (Y.) : Fautrier, Paris, Éditions du Regard, 1990. FAUVISME : C’est lors du 3e Salon d'automne du 18 octobre au 25 novembre 1905, à Paris, que sont réuni pour la première fois dans la même salle (la fameuse salle VII, dite La cage aux fauves) l'ensemble des peintres qui constitueront le courant fauviste et qui s'achèvera moins de dix ans plus tard, au début des années 1910. En fait, dès 1908, il est déjà à son crépuscule. Son influence marqua néanmoins tout l'art du XXe siècle, notamment par la libération de la couleur. Le chef de file du fauvisme était Henri Matisse, mais d'autres grands artistes, comme André Derain, Maurice de Vlaminck ou encore Georges Braque en ont fait partie. Le fauvisme est caractérisé par l'audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques. Les peintres avaient recours à de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, et revendiquaient un art basé sur l'instinct. Ils séparaient la couleur de sa référence à l'objet afin d'accentuer l'expression et réagissaient de manière provocatrice contre les sensations visuelles et la douceur de l'impressionnisme.» De nombreux historiens de l'art remettent en cause l'existence du mouvement fauviste, mettant en valeur la diversité des styles pratiqués par les artistes fauves, et l'absence d'identité commune clairement définie. Selon Derain, lui-même : « Le grand mérite de cette épreuve fut d'affranchir le tableau de tout contact imitatif et conventionnel ». En effet, le fauvisme ne possède pas les éléments qui caractérisent une école : ni théorie, ni style unitaire. L'utilisation des couleurs pures, souvent citée comme point de ralliement des fauves, n'est en fait pas partagée par tous : la Plage de Fécamp de Marquet, quoique tout à fait fauve dans sa composition, n'utilise que des couleurs grisées, assombries. Le fauvisme ne pourrait donc constituer qu'un « accord momentané entre de jeunes artistes indépendants soumis au même climat d'époque ». D'autres historiens de l'art contestent cette vision, comme Lebensztein, pour qui le fauvisme est un phénomène européen, voire occidental, qui se développe dans un contexte d'immense dynamisme artistique (la décennie 1904-1914 voit une succession très rapide de nombreuses transformations). Pour lui, on peut reconnaître à ces artistes des éléments communs : la simplification et l'accentuation des formes, l'autonomisation relative de la couleur, l'aplatissement de l'espace, l'apparence d'improvisation rapide, la texture, brutalement visible, l'immédiateté agressive. Le fauvisme se caractérise aussi par des rejets, en particulier celui du modelé traditionnel, de la sophistication décorative et de la thématique littéraire mise en avant par les artistes symbolistes. Les compositions en diagonale sont assez fréquentes, ainsi que l'emploi d'un cerne noir ou bleu nuit autour des personnages. Le mouvement fauve n'est pas né de rien, loin de là. Plusieurs influences communes peuvent être reconnues dans les œuvres de ses artistes. Les impressionnistes et les pointillistes constituent la première source. Leur touche particulière, qui juxtapose des couleurs pures au lieu de les mélanger, laissant à l'œil du spectateur le soin d'effectuer un travail de recomposition, est reprise par Matisse, qui fut élève de Signac à l'été 1904, et qui le transmet à son tour à Derain. Luxe, calme et volupté (1904) en est un exemple emblématique. Manguin lui-même est à la fois proche de Matisse et de Signac ou Cross, peintres divisionnistes s'il en est, tandis que Camoin fait directement référence à Manet par la concision de son dessin. Les couleurs cristallines impressionnistes sont également reprises, notamment par Manguin, dont la palette est dominée par des tons jaunes et orangés lumineux. Dufy, quant à lui, reprend fréquemment le thème de la Rue Montorgueil de Monet, dans ses 14 juillet au Havre ou rue pavoisée. Le déploiement des drapeaux en travers de la rue est prétexte au déploiement de la couleur, ce que Monet avait déjà remarqué, et que Marquet avait utilisé la même année (14 juillet au Havre). Néanmoins, la composition, avec les lignes des drapeaux qui s'entrecroisent, est très novatrice. D'autres, comme Raoul Dufy, Marquet ou Girieud utilisent plutôt la technique de Gauguin, avec de grands aplats. Matisse et Derain n'hésitent pas non plus à s'en servir, et oscillent parfois entre les influences pointillistes et de Gauguin. Dans Japonaise au bord de l'eau Matisse montre cette hésitation, en utilisant des touches assez longues quoique distantes l'une de l'autre, et même, à certains moments, des aplats. De même, Derain compose parfois ses toiles avec de larges rubans de couleurs (Le faubourg de Collioure, 1905), alors que, dans des œuvres contemporaines (Bateaux dans le port de Collioure, Effets de soleil sur l'eau), il n'utilise que de petites touches juxtaposées. Le style de Gauguin se retrouve dans un autre élément : l'utilisation du cerne autour des personnages. Celui-ci est particulièrement visible dans la danse d'André Derain (1906). Il est également important de souligner l'influence que Louis Valtat (1869-1952) eut auprès de Matisse et des futurs fauves, Rouault, Marquet, Camoin, Manguin, Puy et quelques autres qui suivaient en 1896 l'enseignement de Gustave Moreau à l'École des Beaux Arts de Paris. Valtat présenta d'ailleurs, aux côtés de Kandinsky et Jawlensky, cinq peintures dans la salle XV du Salon d'automne de 1905 ; mais dès le Salon des Indépendants de 1896, il exposa des peintures réalisées à Arcachon durant l'hiver 1895-1896, ainsi que quatre-vingts aquarelles, des dessins et des bois gravés qui comprenaient déjà des caractéristiques du fauvisme : des couleurs pures, des formes simplifiées, des perspectives abolies et des ombres supprimées. Cézanne aussi est une source d'inspiration importante. Dans La Gitane de 1905, peinte à Saint-Tropez, Matisse reprend ainsi la géométrisation du corps des personnages caractéristique du solitaire d'Aix. Derain quant à lui s'en inspire dans La danse, pour mener sa réflexion sur la place de la figure humaine dans un paysage, autant que dans Les baigneuses de 1907, pour styliser ses figures. De même, la composition du Port de Collioure, très réfléchie, fait beaucoup penser à Cézanne. Chez Vlaminck, c'est plutôt l'héritage de Van Gogh que l'on retrouve, comme le montre Partie de campagne réalisée en 1907. Bien qu'hostile aux institutions muséales, il avait découvert cet artiste lors d'une exposition en 1901 chez Bernheim-Jeune, ce qui avait définitivement orienté sa carrière vers la peinture. C'est d'ailleurs à cette même exposition que Derain le présenta à Matisse. Enfin, une dernière influence est loin d'être négligeable : celle des « arts premiers », océanien et africain. Ces arts exotiques, très décriés au XIXe siècle pour leur «laideur» et déjà plus ou moins remis à l'honneur par Gauguin, sont collectionnés par les artistes qui les découvrent lors des exposition universelles. De nombreuses œuvres présentent des personnages aux visages stylisés en forme de masque, comme c'est le cas par exemple pour La Gitane de Matisse. JEANCOLAS (C.) : L'Art fauve, éd. FWW. FAVRE (Gabriel-Claude-Jules), 1809-1880 : Avocat et homme politique. Né à Lyon le 21 mars 1809, Jules Favre commence sa carrière comme avocat. Son talent d’orateur lui vaut très tôt une excellente renommée : il plaide pour les républicains et les socialistes poursuivis par les gouvernements royal et impérial et collabore à divers journaux comme Le Droit, Le Monde ou Le National. Après la révolution de 1848 il est élu député de Lyon à l'Assemblée constituante, où il siège parmi les républicains modérés, puis du Rhône sous la Seconde République. Après le coup d'État du 2 décembre 1851, il se retire de la politique et revient à sa profession d’avocat où il se distingue en défendant Felice Orsini, qui avait organisé un attentat contre Napoléon III. En 1858, il est élu député de Paris et est un des « Cinq » qui donnent le signal de départ pour l'opposition républicaine à l'Empire. En 1863, élu député du Rhône, il devient le chef du parti républicain et prononce quelques discours où il dénonce la guerre du Mexique et l'occupation de Rome. Ces discours, éloquents, clairs et incisifs, lui valent un fauteuil à l'Académie française en 1867. Elu député de la Seine en 1869, il s’oppose, avec Thiers, à la guerre contre la Prusse en 1870 et, à la nouvelle de la capitulation de Napoléon III, il exige la destitution de l'Empereur. Dans le gouvernement de la Défense nationale, il devient vice-président et ministre des Affaires étrangères sous la présidence du Général Trochu, chargé de la tâche pénible de négocier la paix avec l'Allemagne victorieuse. Il se révèle moins adroit comme diplomate qu'il l’avait été comme orateur et commet plusieurs bévues irréparables. Sa déclaration célèbre du 6 septembre 1870, selon laquelle on ne cèderait à l'Allemagne « pas un pouce de nos territoires, pas une pierre de nos forteresses » est un morceau d'éloquence auquel Bismarck réplique le 19 en déclarant à Favre qu’il faudrait céder l'Alsace et la Lorraine comme condition de paix. La faiblesse de Favre était de ne pas pouvoir s’appuyer sur une assemblée régulièrement élue qui aurait eu des pouvoirs plus légitimes que le gouvernement de la Défense Nationale et il s’oppose au départ du gouvernement de Paris assiégé. Au cours des négociations de paix, il doit tout céder à Bismarck. Il prend des dispositions pour l'armistice du 28 janvier 1871 sans connaître la situation militaire et sans consulter le gouvernement de Bordeaux. Par une grave inadvertance il néglige d'informer Gambetta que l'armée de l'Est (80 000 hommes) n'avait pas été comprise dans l'armistice et elle est ainsi obligée de se réfugier en territoire neutre. Il ne montre aucune compétence diplomatique pendant les négociations du traité de Francfort et c’est Bismarck qui impose toutes les conditions. A partir de février 1871, membre du gouvernement Thiers, il est un des adversaires les plus déterminés de la Commune de Paris, dont il injurie les membres, provoquant la protestation indignée des députés de Paris. Discrédité, il quitte le ministère, le 2 août 1871, mais reste à l’Assemblée nationale comme député du Rhône. Élu sénateur du Rhône en 1876, il continue à soutenir la République contre l'opposition de droite jusqu'à sa mort. Comme avocat, il soutient encore plusieurs cause célèbres, notamment celles de héritiers de Naundorff, contre le comte de Chambord. Auteur du Gouvernement de la Défense Nationale (1871-1875) où il explique son rôle en 1870-1871, il décède à Versailles le 19 janvier 1880. G. Hanotaux, Histoire de la France contemporaine (1903, sqq.) E. Benoît-Lévy, Jules Favre (1884). PERROD (P.A.) : Jules Favre : avocat de la liberté (1988). FAYE (Hervé-Auguste-Etienne-Alban), 1814-1902 : Professeur et homme politique. Né à Saint-Benoît-du-Sault (Indre) le 5 octobre 1814, Polytechnicien et membre de l’Institut, il est appelé, en 1873, à remplacer Delaunay comme professeur d’astronomie et de géodésie à l’Ecole polytechnique. A la mort de Le Verrier en 1877, il devient inspecteur général de l’enseignement supérieur pour les sciences. Attiré un moment par la politique, il se présente, sans succès, aux élections de mai 1877 comme candidat conservateur. Le 23 novembre suivant Mac-Mahon le choisit comme ministre de l’Instruction publique, des Cultes et des Beaux-arts du 23 novembre au 12 décembre 1877 dans le cabinet de Rochebouët. Grand-croix de la Légion d’honneur, il décède à Paris le 4 juillet 1902. FAYE (Etienne-Léopold), 1828-1900 : Homme politique. Né à Marmande (Lot-et-Garonne) le 16 novembre 1828, élu député de la gauche républicaine, Léopold Faye est nommé sous-secrétaire d’Etat à l’Intérieur du 16 mai au 11 décembre 1876 dans le quatrième cabinet Dufaure. Ministre de l’Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts du 12 décembre 1887 au 2 avril 1888 dans le premier ministère Tirard, il maintient la censure dramatique dont le Parlement demandait la suppression. Il revient une dernière fois au gouvernement comme ministre de l’Agriculture du 22 février 1889 au 16 mars 1890 dans le second ministère Tirard. Il décède à Birac-sur-Trec (Lot-et-Garonne) le 5 septembre 1900. FÉDÉRATION DES RÉPUBLICAINS DÉMOCRATES : Groupe à tendance catholique constitué en 1920, se réclamant de Lacordaire, Lamennais, Lamartine, Albert de Mun et l’abbé Lemire. Ses principaux étaient le docteur Thibout, nommé président, Charles Bertrand et Louis Rollin, tous trois député de la Seine en 1924. FÉDÉRATION DES RÉPUBLICAINS RÉNOVATEURS : Fondée en 1923 par J. Correaud de Prous, un prodigieux animateur des milieux modérés de l’entre-deux-guerres. Les principales personnalités dirigeantes sont : le professeur Hadamard, André Lichtenberger, Emile Bergeron, l’amiral Berryer, Dunod, éditeur, le professeur Marion, etc. Ses revues sont : France et Monde et France Vivante. FÉDÉRATION NATIONALE CHRÉ-TIENNE : FÉDÉRATION RÉPUBLICAINE : FEMMES (vote des) : FEMMES DANS L’ACTION MONDIALE : Journal mensuel fondé en 1934 et disparu quelques années plus tard. Il était édité par le Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. FEMME SOCIALISTE (La) : Journal mensuel qui paraît de 1912 à 1940. Consacré à la propagande de l’action féminine socialiste, il était dirigé par Louise Saumoneau. FENEON (Félix), 1861-1944 : Critique d’art et journaliste. Né à Turin (Italie) le 22 juin 1861 De 1881 à 1894, Félix Fénéon est employé au ministère de la Guerre de 1881 à 1894. Il s'engage dans le mouvement anarchiste dès 1890. Il n'en collabore pas moins à de nombreux journaux ou revues libertaires tels L'Endehors, La Renaissance, La Revue Anarchiste, etc. Il serait l'auteur de l'attentat visant le restaurant Foyot, le 4 avril 1894. Après une perquisition chez lui où l'on découvre de quoi fabriquer des explosifs, il fait partie des accusés lors du « Procès des trente » en août 1894. De nombreux artistes et écrivains notamment Stéphane Mallarmé, Octave Mirbeau, viennent témoigner en sa faveur et est acquitté. Félix Fénéon est surtout connu comme critique d'art et découvreur de talents. On lui doit un texte de première importance, le manifeste du néo-impressionisme : Les Impressionistes en 1886. Il est co-fondateur de La Libre Revue et de La Revue indépendante (1884), est l'un des principaux rédacteurs de la revue La Vogue, puis il est rédacteur, traducteur puis secrétaire de rédaction de la Revue Blanche (janvier 1894-1903), et collabore également à La Revue moderniste, au Symboliste, à La Cravache, à La Plume, au Chat noir, aux Entretiens politiques et littéraires de Francis Vielé-Griffin, au Père peinard. Il fait découvrir et publier, des auteurs tels que Jarry, Mallarmé, Apollinaire, Jules Laforgue, Rimbaud, etc. En peinture, il contribue à faire connaître Pissarro, Seurat, Signac, Van Dongen, Matisse, etc. Il est partie prenante dans le soutien apporté à Zola et à Alfred Dreyfus. Il est un des signataires du Manifeste des intellectuels publié par L'Aurore le 14 janvier 1898. Ses Nouvelles en trois lignes, publiées à partir de 1906 dans Le Matin, en font l'un des inventeurs de la « brève » et du fragment. L'humour souvent absurde de ces textes annonce Dada et le surréalisme. Il s'éloignera pourtant après la première guerre mondiale et la révolution russe, de l'anarchisme, et se déclarera volontier communiste. Il décèdera à Châtenay-Malabry (Seine) le 29 février 1944. Jean Paulhan a écrit un essai intitulé Félix Fénéon ou le critique :. Guillaume Apollinaire, « M. Félix Fénéon », Mercure de France, CVIII, avril-mai 1914. Joan Ungersma Halperin, Félix Fénéon, trad. française D. Aury, Paris, Gallimard, 1991. Salama, William - "’Les Nouvelles en trois lignes’ de Félix Fénéon (1906) : un anarchiste au Matin", Maîtrise sous la direction de P. Gerbod, J. Girault, Paris XIII, 1996. FERRETTE (Marie-Paul-Henry), 1869-1933 : Avocat et homme politique. Né à Chardogne (Meuse) le 13 juillet 1869, Ferrette est le fils d’un instituteur. Avocat à Bar-le-Duc puis à Paris, il collabire à divers journaux comme le Républicain de Bar-le-Duc, au Courrier de l’Est et à L’Echo de l’Est. Militant nationaliste, il appartient au conseil général (1898-1910), 1928-1933) et au conseil municipal de Bar-le-Duc (1900-1908 et 1928-1933). Vainqueur aux élections législatives de 1898 dans la Meuse contre Jules Develle, il s’inscrit au groupe antisémite à la Chambre. Réélu dans la Meuse en 1902 et 1906, il est battu en 1910 par Maginot. De nouveau battu en 1914, il est élu en 1919 grâce au scrutin de liste. Battu en 1924, il ne se représente pas et, ce n’est qu’à la mort d’André Maginot en 1932, qu’il se représente et est élu. Mai l’état de santé l’a empêché de jouer un grand rôle et décède à Bar-le-Duc (Meuse) le 23 juin 1933. FERRON (Théophile-Adrien), 1830-1894 : Général et homme politique. Polytechnicien et officier de génie, le général Théophile Ferron est appelé au ministère de la Guerre du 30 mai au 12 décembre 1887 dans le premier ministère Rouvier en remplacement du général Boulanger. Il éloigne son encombrant prédécesseur, devenu trop populaire, en le nommant au commandement du 13ème corps d’armée à Clermont-Ferrand. Cela lui vaut l’hostilité de la presse radicale et des huées lors de la revue du 14 juillet. L’affaire Schnaebelé ayant relancé l’inquiétude d’une invasion allemande, il fait adopter sans problème la création d’une nouvelle division de cavalerie et de 18 régiments d’infanterie. Il marque son passage au gouvernement par d’importantes réformes des structures : suppression des compagnies de dépôts et du quatrième bataillon dans les régiments d’artillerie de montagne. Il décède à Lyon le 6 mai 1894. FERROUILLAT (Jean-Baptiste, dit Joannis), 1820-1903 : Homme politique. Né à Lyon (Rhône) le 4 mai 1820, docteur en droit Joannis Ferrouillat est élu député en 1848, puis appartient à l’opposition républicaine sous le second Empire. De nouveau député en 1870, il s’inscrit au groupe de l’union républicaine et entre dans le cabinet Floquet comme ministre de la Justice et des Cultes du 3 avril 1888 au 5 février 1889. Alors qu’il présente en baisse le budget relatif au traitement des évêques, il doit faire face à l’opposition du Sénat. Toutefois, il obtient le vote du budget des Cultes – tout en se déclarant favorable à la séparation des églises et de l’Etat – en expliquant qu’il ne faut pas « agiter inutilement le pays ». Il décède à Montpellier (Hérault) le 24 mars 1903. FERRY (Désiré), 1886-1940 : Journaliste et homme politique. Né à Metz (Moselle) le 25 octobre 1886, après des études de droit, de lettres, de sciences et de sciences politiques, Désiré Ferry devient journaliste au Matin ainsi que dans plusieurs journaux lorrains. Directeur d’un service juridique à la présidence du Conseil après la Première Guerre mondiale, il est élu député national de la Meurthe-et-Moselle en 1919. Républicain d’union nationale et ardent patriote, Désiré Ferry est nommé ministre de la Marine dans le ministère François-Marsal du 9 au 13 janvier 1924. Six ans plus tard, il est nommé ministre de la Santé publique dans le second cabinet Tardieu. Il défend alors la loi permettant aux invalides de guerre l’accession à la petite propriété. Cependant, son implication dans l’affaire du crédit municipal de Bayonne lui interdit de poursuivre une carrière politique. Battu aux élections de 1936, il se consacre à la direction du journal La Liberté. Commandant de réserve, il rejoint son régiment d’infanterie au début de la guerre et sera tué à Piennes (Meurthe-et-Moselle) le 11 janvier 1940. FERRY (Famille) : Cette famille vosgienne a donné plusieurs parlementaires à la Troisième République. Outre Jules Ferry (voir ci-dessous), il y a Son frère Charles et son neveu Abel. -Charles-Emile-Joseph-Léon FERRY (1834-1909) : Né à Saint-Dié (Vosgnes) le 25 mai 1834, Charles Ferry devient chef de cabinet de Jules Favre pendant le siège de Paris. Devenu préfet de la Haute-Saône en 1871, commissaire du gouvernement en Corse la même année, est nommé préfet de la Haute-Garonne jusqu’en 1873. Il reprend ensuite ses activités de commerce et de banque et, poussé par son frère Jules, est élu député des Vosges de 1881 à 1885 et de 1893 à 1902. Charles Ferru a eu un rôle parlementaire plus effacé que son frère et se borne à donner une approbation sans réserve à la politique opportuniste. Membre de l’Union républicaine, il vote les crédits pour l’expédition au Tonkin. Accusé par les journaux de l’opposition d’avoir entrepris, sous le couvert de la politique coloniale, des opérations financières, ce franc-maçon ne se représente pas aux élections législatives de 1885. Sénateur des Vosges de 1888 à 1891, il décède à Paris le 21 juillet 1909. -Abel-Jules-Edouard FERRY (1881-1918) : Avocat et homme politique. Né à Paris le 26 mai 1881, Abel Ferry est le neveu et fils adoptif de Jules Ferry et petit-fils du ministre Allain-Targé. D’abord avocat, Abel Ferry est élu député de la gauche radicale dans le département des Vosges de 1909 à sa mort et se fait remarquer par ses interventions en politique internationale. Ainsi, lorsque Viviani forme son premier cabinet, il le nomme sous-secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil chargé des Affaires étrangères du 14 juin au 3 août 1914. Il donne sa démission pour rejoindre le front comme simple caporal en dépit de la décision de réforme le concernant. Le président du Conseil refuse sa démission mais le laisse partir rejoindre son régiment. Il parvient à mener ses deux ‘activités » et conserve sa place dans le second ministère du 3 au 26 août 1914. Après la chute du cabinet en octobre 1915, il continuera à se battre encore six mois avant d’être nommé contrôleur des armées. Alors qu’il inspecte le nouveau fusil mitrailleur, il est fauché par un obus et meurt huit jours plus tard à Vauxaillon (Aisne) le 15 septembre 1918. FERRY (Jules-François-Camille), 1832-1893 : Avocat et homme politique. Né à Saint-Dié (Vosges), Jules Ferry est l’une des figures emblématiques de la IIIème république. Son nom reste attaché à l’œuvre scolaire et à la conquète coloniale, qui marquent la France pour plusieurs décénnies. Né le 5 avril 1832 à Saint-Dié (Vosges), Jules Ferry est le fils d’un avocat. Brillant avocat, il acquiert assez tôt une certaine notoriété grâce à ses articles dans La Presse, Le Courrier de Paris, La Gazette des Tribunaux et Le Temps. Prenant part dès la première heure à la lutte contre l’Empire, se sont surtout ses attaques contre l’administration de Paris par Haussmann qui le font connaître de tout le monde en publiant les Comptes fantastiques d’Hausmann. Ce mauvais calembour fait la fortune politique de Ferry. Député en 1869, membre du gouvernement de la Défense nationale au lendemain du 4 septembre 1870 puis préfet de la Seine et maire de Paris, il s’était distingué par sa fermeté contre les manifestations du mouvement communaliste qui lui vaut le surnom de « Ferry-la-Famine ». Elu député des Vosges en 1871, Jules Ferry est nommé ministre plénipotentiaire en Grèce, où il représente la France en 1872 et 1873, puis il revient siéger à l’Assemblée nationale au sein de l’opposition républicaine. En septembre 1880, à la chute du cabinet Freycinet, Ferry est nommé par le président de la République, président du Conseil. Le cabinet était sensiblement le même que le précédent, Ferry conserve l’Instruction publique. L’œuvre principale de Ferry est de constituer la réforme scolaire qu’il a commencée dans le cabinet précédent : loi du 21 décembre 1880 sur l’enseignement secondaire des jeunes filles, loi sur la gratuité de l’enseignement primaire (16 juin 1881) et naturellement loi sur l’obligation. Par ailleurs, c’est sous ce ministère qu’aboutissement les grandes lois libérales examinées depuis que les républicains avaient accédé au pouvoir : liberté des réunions publiques (30 juin 1881), liberté de la presse (29 juillet 1881) et laïcisation des cimetières (28 juillet 1881). Dans tous les débats, il se révèle un orateur de talent. Ferry est véritablement, durant ce premier ministère, un président du Conseil « sous haute surveillance ». Au parlement, le gouvernement est sans cesse sous la pression de l’Union républicaine, soit qu’elle le critique, soit qu’elle le soutient, mais toujours du bout des lèvres. Dès la rentrée parlementaire, le 9 novembre, commence l’épreuve du harcèlement. Alors que Ferry réclame la priorité pour les lois sur l’enseignement, Waldeck-Rousseau, demande que la Chambre se préocuppe plutôt de la réforme sur la magistrature, loi militaire, intervention de l’Etat pour la poursuite du programme de construction de chemins de fer, dégrèvement fiscaux. La réforme du mode de scrutin et la révision constitutionnelle ont été écartées. Ferry a de nouveau besoin de l’appui de Gambetta pour obtenir, le 12 mai 1881, la ratification du traité du Bardo qui établissait le protetorat de la France sur la Tunisie. A cette occasion, se révèle l’existence d’un fort courant anticolonial, dominé par Clemenceau, qui va pendant quatre ans lutter contre la politique d’expansion menée sous l’égide de Jules Ferry. Toute la force de persuasion de Gambetta est nécessaire pour emporter la décision. La question du scrutin de liste occupe la devant de la scène politique en mai-juin. Le projet, défendu par l’Union républicaine, n’est pas soutenu par Jules Ferry qui décide que le cabinet s’abstiendra de prendre position. Voté par la Chambre le 19 mai, le scrutin de liste est rejeté par le Sénat le 9 juin 1881. La chute du cabinet Ferry, le 8 novembre 1881, est le résultat des élections d’août 1881 plus qu’une attaque frontale. Il est renversé sur la question tunisienne. Malgré tout, Ferry avait conservé le soutien de l’ensemble des républicains non radicaux et était parvenu à faire aboutir bon nombre de lois réclamées de longue date par la majorité. Le deuxième cabinet Ferry constitué le 18 février 1883 gouverne dans des conditions totalement différentes du précédent. Il constitue alors un ministère essentiellement d’Union républicaine, avec une lègère ouverture sur les autres groupes. Le cabinet est véritablement, dans sa structure et par les hommes qui le composent, un cabinet « opportuniste », c'est-à-dire dans la continuité du « Grand Ministère » de Gambetta. Comme Gambetta, Ferry avait envisagé de prendre la présidence sans portefeuille pour, disait-il, se placer un peu au-dessus de toutes les affaires et les diriger un peu toutes. Mais il recule devant les obstacles matériels et se contente de prendre le ministère de l’Instruction publique puis les Affaires étrangères. Le programme annoncé le 22 février s’apparente de même à celui du « Grand ministère » : réforme de la magistrature, loi municipale, lois militaires, lois sociales (caisses de retraite, sociétés de secours mutuels, syndicats professionnels), négociations avec les grandes compagnies de chemin de fer, organisation du protectorat de Tunisie. Il faut également rajouter deux engagements implicites, qui sont probablement la condition de cet accord gouvernemental : le scrutin de liste et la révision de la Constitution. La réforme de la justice est l’une des préoccupations majeures des républicains. Il s’agit, dit-on, de la rendre indépendante de l’exécutif – l’avancement des magistrats était alors opéré par la chancellerie et obéissait davantage à des critères politiques qu’à des critères de compétence. Les radicaux veulent rendre les fonctions de magistrats électives et temporaires. Le 10 mars 1883, Martin-Feuillée dépose un nouveau projet. Il propose de suspendre temporairement l’inamovibilité et conserve au gouvernement la nomination des magistrats. Quelques mesures consistent à améliorer le bon fonctionnament de la justice : augmentation des traitements, réduction du personnel sans supprimer de tribunaux et création d’un Conseil supérieur pour exercer les attributions disciplinaires. Les journaux intransigeants s’emportent sur cette réforme qui n’en est pas une ; les conservateurs crient à la dictature jacobine et à l’arbitraire. Après d’âpres discussions, la loi est votée par la Chambre, le 5 juin 1883, et par le Sénat le 1er août. Le cabinet Ferry est également très attendu sur sa politique économique et financière. L’Union républicaine a en effet dénoncé, depuis un an, le ralentissement du programme de travaux publics opéré par Léon Say pour raisons budgétaires et continue de réclamer la nationalisation de certaines compagnies de chemin de fer. Raynal, ministre des Travaux publics, entame immédiatement les négociations et propose de nouvelles conventions, qui sont signées de mai à juillet 1883. Les compagnies s’engagent à terminer le programme de Freycinet, contre toutes sortes d’avantages : abandon du droit de rachat des lignes déjà exploitées, concession d’exploitation de lignes construites au titre du plan Freycinet. L’Etat accorde de plus sa caution aux emprunts et garantis les dividendes. En échange, toutefois,, il contrôle plus étroitement le cahier des charges. Ces accords sont dénoncés par les radicaux et certains gambettistes comme une concession excessive faite aux compagnies, qui échappaient au contrôle tarifaire et au rachat par l’Etat. Méline crée le conseil supérieur de l’Agriculture et l’ordre du Mérite, tandis ue les subventions étaient attribuées aux comices et que l’enseignement primaire agricole était instauré. Toute une série de lois, décrets et mesures sont institués pour protéger la petite propriété, susciter les associations et moderniser l’Agriculture. Un projet de loi sur le crédit agricole est également déposé mais est ajourné par le Sénat. Cependant la crise économque de 1882 provoque un chômage important, notamment au sein de la population ouvrière de Paris. L’industrie du bâtiment est plus particulièrement touchée par ce retournement de tendance. A plusieurs reprises, les radicaux somment le gouvernement d’agir. Ferry repousse fermenemnt la proposition de constituer un vaste atelier national du Bâtiment sur le modèle de 1848. A ses yeux, le rôle de l’Etat n’était pas de substituer à l’initiative privée, mais d’atténuer les effets de la crise. Les travaux de l’Etat – Sorbonne, Ecole de médecine, Palais de Justice, écoles, casernes de pompiers, etc. – seraient donc accélérés. Au nom du libéralisme économique, il repouse, dans un premire tamps, les mesures protectionnistes préconisées par Méline puis fini par accepter de relever les droits de douane portant sur certains produits agricoles : betteraves, céréales, bétail. Des projets de lois sont déposés sur les accidents du travail, sur la réduction du temps de travail (journée de onze heures, repos dominical, interdiction du travail de nuit des femmes), sur les sociétés de secours mutuels, sur les retraites. Quelques-uns aboutissent, mais un grand nomnre sont renvoyés en commission, tandis que d’autres sont rejettés par le Sénat. A ceux qui se plaignaient de ces lenteurs, Ferry rétorque qu’il les préfère au despotisme d’un homme. La loi sur les associations professionnelles, qui est votée en 1884 est conçue dans cet esprit très libéral. Loi de reconnaissance officielle, préalable indispensable à la discussion avec les patrons. Le 13 mars 1883, Challemel-Lacour pronoçe son premier discours de ministre des Affaires étrangères au sénat, affirmant la nécessité pour la France d’avoir une politique d’envergure en matière coloniale. C’est ainsi que le gouvernement appuie les expéditions menées au Tonkin, au Congo et à Madagascar. Cette politique coloniale constitue le volet le plus contesté de la politique du gouvernement. Elle rassemble contre le « Tonkinois » non seulement la droite mais également l’extrême gauche et une bonne partie de la Gauche républicaine. Elle est directement à l’origine de la chute du cabinet, le 30 mars 1885, après l’annoce du désastre de Lang Son qu’avait subi l’expédition française au Tonkin. La politique étrangère de Bismarck continue d’inquiéter. Ferry dit cependant Refuser l’affacement préconisé par les conservateurs. Il préfère suivre une autre politique extérieure, un epolitique circonspecte et prudente, mais cative et digne de la France. La dernière grande réforme opérée par le cabinet concerne la révision des institutions. Depuis le vote des lois constitutionnelles de 1875, les radicaux ne cessaient de dénoncer l’existence du Sénat et celle du président de la République qui, à leurs yeux, n’étaient pas conformes à l’idéal républicain. Chaque année, un projet de révision visant à les supprimer était déposé mais il était ajourné. Pour circonscrire cette opposition qui, à terme, risquaot de fragiliser la république, Jules Ferry décide d’opérer lui-même cette révision des institutions, en supprimant les éléments les plus conservateurs dont la disparaition ne remettrait pas en cause l’ensemble de l’édifice. Il dépose son projet le 24 mai 1884. Après quelques inquiétudes, les mesures limitées qu’il préconisait sont acceptées. On supprime l’inamovibilité des sénateurs et on modifie le collège électoral en faveur des grandes villes. Cette réforme ne suffit pas cependant à faire accepter par les radicaux l’existence de la Chambre haute qu’ils jugeaient décidément trop monarchique. Le ministère Ferry est souvent mentionné pour son exceptionnelle longévité. Or, il est renversé quelques mois à peine avant les élections, alors que la question coloniale avait déjà donné lieu à plusieurs explications sans gravité. Comment l’expliquer ? Une étude détaillée du scrutin du 30 mars 1885 peut nous permettre d’avancer des élements de réponse. Le gouvernement, en butte à des difficultés militaires, avait demandé la priorité sur l’obstention d’un crédit de 200 millions pour le Tonkin, destiné à envoyer des renforts militaires. Le débat est l’occasion d’une grande explication sur la politique d’expansion coloniale menée par Ferry mais, malgré la virulence des échanges et sans vouloir sous-estimer les arguments échangés, il nous semble qu’il ne soit que la partie visible d’un combat politique souterrain. La question coloniale est le prétexte ; les motivations des uns et des autres étaient principalement politiciennes. Sur 455 votants, 149 seulement soutiennent le cabinet. Il avait manqué 80 voix à Ferry pour l’emporter. Des députés des deux groupes modérés l’avaient abandonné : 58 de l’Union républicaine et une trentaine de la Gauche républicaine. Ceux de l’Union républicaine qui ne soutiennent pas le cabinet appartiennent à l’aile gauche du groupe. Parmi ceux qui étaient inscrits simultanément à l’Union républicaine et à la Gauche radicale, 4 seulement accordèrenet leur soutien à Ferry, 17 votent non et 4 s’abstiennent. Parmi les refus, on relève les noms d’Allain-Targé, de Paul Bert, Constans, Turquet, Edmond Caze, etc. tous réputés pour leur connivence avec le radicalisme. Une partie de la gauche républicaine abandonne aussi son ancien chef : à partir du moment où Ferry s’était rapproché des opportunistes, il s’était éloigné d’une partie des députés de son groupe, ceux qui avaient toujours combattu Gambetta. Après avoir laissé Ferry instituer le scrutin de liste, beaucoup avait eu peur qu’il soit le principal bénéficiaire de cette réforme. Les législatives devaient avoir lieu à l’automne et seraient suivies de l’élection présidentielle. Or, ce n’était un mystère pour personne que Jules Ferry pensait à la succession de Grévy. Si les opportunistes avaient de nouveau la majorité à la Chambre, l’autoritaire Ferry serait probablement porté à l’Elysée. Les radicaux et certains membres de la Gauche républicaine frémissaient de cette perspective. Si la camapgne électorale n’était pas patronnée par Ferry, on lui ôtait l’arme formidable que constituait la direction de l’administration, la situation serait plus ouverte. Le ministère est renversé le 6 avril 1885 après le vote du scrutin de liste, pour éviter que Ferry ne procède à la dissolution anticipée dont il avait le projet. La postérité a retenu l’apostrophe assassine de Clemenceau : « Oui, tout est fini entre nous ; nous ne voulons plus vous entendre ; nous ne pouvons plus discuter avec vous les garnds intérêts de la patrie, nous ne voulons plus vous connaître…Ce ne sont plus des ministres que j’ai devant moi : ce sont des accusés de haute trahison sur lesquels, s’il subsiste en France un principe de responsabilité et de justice, la main de la loi ne tardera pas à s’abattre. » Dès lors, et jusqu’à sa mort, « Ferry-le-Tonkinois » est l’objet de la constante animosité de l’opinion publique. Il ne fera plus partie d’aucun ministère, sera battu à l’élection présientielle de 1887 et aux élections législatives de 1889 et ne réussit pas à devenir sénateur des Vosges. Les sénateurs l’élisent cependant président de leur assemblée quelques semaines avant a mort. Fragilisé par l’attentat dont il a été victime le 10 décembre 1887 qui le blesse de plusieurs balles de revolver, il décède à Paris le 17 mars 1893. Discours et opinions politiques de Jules Ferry, Paris, Armand Colin, 1898, 7 tomes. FERRY (J.) : La Républiques des citoyens, Paris, Imprimerie nationale, 1996, 2 volumes Lettres de Jules Ferry, Paris, Calmann-Lévy, 1914. BARRAL (P.) : Jules Ferry, une volonté pour la République, Nancy, Editions Serpenoises, 1985. GAILLARD (J.-M.) : Jules Ferry, Paris, Fayard, 1989. GREVY (J.): La République des oppotunistes, Paris, Perrin, 1998. Jules Ferry, fondateur de la République, Actes du colloque de l’EHESS, 1985. FEUILLADE (Louis), 1873-1925 : Réalisateur. Né le 29 Février 1873 à Lunel (Hérault) d'une famille de modestes commissionnaires en vins, Louis Feuillade manifeste, à peine sorti de l'adolescence, un goût profond pour la littérature. Ses poèmes sont parfois publiés dans la presse locale où, il se fait une petite réputation de critique tauromachique. Il se dirige vers Paris en 1898 pour y conquérir la gloire littéraire. Une période de profonde misère l'y attend, journaliste famélique. Au début de 1905, il commence à vendre régulièrement des scenarii chez Gaumont et obtient bientôt de les mettre lui-même en scène. En 1907, il devient directeur artistique de la maison. Il occupera ce poste jusqu'en 1918, tout en poursuivant sa propre production jusqu'en 1925, année de sa mort, il estimait à environ 800 films. Son nom est associé au fameux Fantômas, personnage créé par Marcel Allain et Pierre Souvestre en 1913 qu'il est le premier à illustrer au cinéma. D'une manière plus générale, il est le premier grand réalisateur français de film d'aventures, exploitant le format des serials, la même histoire courant sur plusieurs épisodes. ), citons : Les Vampires (1915, 10 épisodes), Judex (1916, 12 épisodes), Tih-Minh (1918, 12 épisodes), Barrabas (1919, 12 épisodes), Parisette (1921, 12 épisodes), etc. Il décède le 26 février 1925 à Nice (Basses-Alpes). FÉVRIER (André-Louis), 1885-1961 : Fonctionnaire et homme politique. Né le 30 novembre 1885 au Vigan (Gard), André Février est issu d’un milieu modeste. Fonctionnaire des PTT, il milite au parti socialiste depuis 1905. Conseiller municipal de Lyon en 1919 et adjoint au maire Edouard Herriot, André février est candidat aux élections législatives dans le Rhône en 1924, siège qu’il conserve jusqu’en 1942. Ministre du Travail du 22 juin 1937 au 17 janvier 1938 dans le troisième cabinet Chautemps, il poursuit la politique sociale du gouvernement Blum : lois sur les conventions collectives et sur les conflits du travail. Blum l’appelle d’ailleurs dans second cabinet, du 13 mars au 9 avril 1938 comme sous-secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil et au Trésor. Retrouvant son siège à la Chambre à la chute de cabinet, il fait partie du 21 mars au 5 juin 1940 du cabinet Reynaud comme sous-secrétaire d’Etat à l’Information et doit faire fave aux critiques concernant la censure imposée par le gouvernement et l’armée. Sous-secrétaire d’Etat aux Travaux publics du 5 au 16 juin 1940 dans le même ministère, il ne peut, paradoxalement, qu’approuver les destructions d’ouvrages d’art effectuées par les troupes françaises pour tenter de retarder l’avancée des troupes allemande. De nouveau ministre du Travail dans le cabinet Pétain du 16 au 27 juin 1940 il substitue son portefeuille par celui des Transmissions du 27 juin au 12 juillet 1940. Votant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940, il se retire de la vie politique. Il décèdera à Lyon, le 27 avril 1961. FEYDEAU (Georges), 1862-1921 : Auteur dramatique. Issu d’une famille noble, Georges Feydeau est né à Paris le 8 décembre 1862 Il est le fils de Léocadie Bogaslawa Zelewska et présumé de l'écrivain Ernest Feydeau. Très jeune, il néglige ses études pour se consacrer au théâtre. Sa première pièce, Par la fenêtre, est jouée pour la première fois en 1882, alors qu'il a 19 ans. En 1886, il remporte un assez beau succès avec sa première pièce Tailleur pour dames avant de connaître une suite d’années difficiles. L’auteur, qui connaît alors de graves difficultés financières, songe à se faire comédien, mais les projets qu’on lui propose n’aboutiront pas. Cette année là, il épouse la très belle Marianne Carolus-Duran, fille d’un des plus célèbres artistes peintres de l’époque. Ce mariage d’amour s’accompagne d’heureuses retombées financières, car la dot de Marianne lui permet d’envisager plus sereinement une carrière d’auteur dramatique La consécration vient en 1892 avec les pièces Monsieur chasse, Champignol malgré lui et Le Système Ribadier. Feydeau renouvelle le genre du vaudeville par une étude plus approfondie des personnages. Il se moque notamment de la médiocrité des existences bourgeoises, qu'il tourne en ridicule. Dès lors, Feydeau connaît une suite ininterrompue de succès, tant en France qu’en Europe, et même aux Etats-Unis, avec notamment Un fil à la patte, Notre futur, Le Ruban, L’Hôtel du libre-échange (1894), Le Dindon, Les Pavés de l’ours (1896), Séance de nuit, Donnez, je le veux (1897), La Dame de chez Maxim (1899), La Main passe (1904), L’Age d’or (1905) ; Le Bourgeon (1906) ; La Puce à l’oreille (1907) et Occupe-toi d’Amélie (1908). Pendant l’hiver 1918-1919, il attrape la syphilis et sombre dans la folie. Il est interné dans un centre à Rueil Malmaison où il décèdera le 5 juin 1921. FICHES (affaires des) : Le général André, ministre de la Guerre dans le gouvernement d'Émile Combes, est à l'origine d'une affaire qui éclate le 4 novembre 1904. Son idée est d’établir, par des francs-maçons, des fiches de renseignements sur les opinions religieuses des officiers républicains ou plus exactement ficher les « bons » et les « mauvais » officiers républicains. Au début du XXe siècle, la République est certes bien affirmée mais il existe des poches de résistance, notamment au sein de l'armée. L'institution a eu le sentiment d'une atteinte à son honneur et à sa crédibilité avec l'affaire Dreyfus. De plus, dans l'armée et la marine, le recrutement des officiers est loin de s'être démocratisé. Les monarchistes y sont encore nombreux, l'antirépublicanisme y règne. Face au danger, réel ou supposé, d'une armée peu sûre pour le régime républicain, le général André, ministre de la Guerre (non maçon), a fait établir deux fichiers. L'un, Carthage, comprend les noms des officiers « douteux » ; l'autre, Corinthe, ceux des officiers « sûrs ». Cela ne lui semble pas suffisant. En 1901, avec l'aide du capitaine Mollin, gendre d'Anatole France, membre de son cabinet et franc-maçon, il contacte Desmons, alors président du Grand Orient de France, afin que les loges de province apportent leurs propres renseignements sur la conduite des officiers et leur républicanisme. Convaincues d'oeuvrer au renforcement du régime, les autorités maçonniques acceptent. Pendant trois ans, parviendront au ministère près de 20 000 fiches. L'affaire éclate lorsque le frère Bidegain, qui appartient au secrétariat du Grand Orient, vend le fichier établi par les loges au député nationaliste Guyot de Villeneuve. A l'ouverture de la séance à la Chambre, le 28 octobre 1904, ce dernier fait état de l'existence des fiches. C'est un scandale aux yeux de la droite nationaliste. A la chambre des députés, le député nationaliste du IIe arrondissement, Syveton gifle à deux reprises le ministre de la Guerre, et, plus tard, son suicide, sans doute pour des raisons de moeurs, passera pour un crime maçonnique. Car l'antimaçonnisme va se déchaîner. Certes, le capitaine Mollin quitte l'armé, le général André démissionne le 15 novembre et le gouvernement Combes se retire, bien qu'il conserve une courte majorité théorique. Mais le mal est fait. On voit la pieuvre maçonnique partout. L'affaire a-t-elle affaibli la franc-maçonnerie ? Pas si l'on en juge par les effectifs. Le Grand Orient, longtemps fort de 17 000 membres, connaît une progression importante à partir de la victoire du Bloc des gauches : on passe de 21 000 membres en 1903 à plus de 30 000 en 1910. La progression est identique à la Grande Loge. La raison ? La franc-maçonnerie apparaît à beaucoup comme un rempart fondamental contre les menées antirépublicaines et l'établissement de fiches passe dès lors pour un simple moyen de rendre le régime plus stable. FINANCES (ministres des) : -4 septembre 1870 - 19 février 1871 : Ernest Picard -19 février 1871 - 25 février 1871 : Louis Joseph Buffet -25 février 1871 - 23 avril 1872 : Augustin Pouyer-Quertier -23 avril 1872 - 7 décembre 1872 : Eugène de Goulard -7 décembre 1872 - 25 mai 1873 : Léon Say -25 mai 1873 - 20 juillet 1874 : Pierre Magne -20 juillet 1874 - 10 mars 1875 : Pierre Mathieu-Bodet -10 mars 1875 - 17 mai 1877 : Léon Say -17 mai 1877 - 23 novembre 1877 : Eugène Caillaux -23 novembre 1877 - 13 décembre 1877 : François Dutilleul -13 décembre 1877 - 28 décembre 1879 : Léon Say -28 décembre 1879 - 14 novembre 1881 : Pierre Magnin -4 novembre 1881 - 30 janvier 1882 : François Allain-Targé -30 janvier 1882 - 7 août 1882 : Léon Say -7 août 1882 - 6 avril 1885 : Pierre Tirard -6 avril 1885 - 16 avril 1885 : Jean Clamageran -16 avril 1885 - 11 décembre 1886 : Sadi Carnot -11 décembre 1886 - 30 mai 1887 : Albert Dauphin -30 mai 1887 - 12 décembre 1887 : Maurice Rouvier -12 décembre 1887 - 3 avril 1888 : Pierre Tirard -3 avril 1888 - 22 février 1889 : Paul Peytral -22 février 1889 - 12 décembre 1892 : Maurice Rouvier -13 décembre 1892 - 4 avril 1893 : Pierre Tirard -4 avril 1893 - 3 décembre 1893 : Paul Peytral -3 décembre 1893 - 30 mai 1894 : Auguste Burdeau -30 mai 1894 - 26 janvier 1895 : Raymond Poincaré -26 janvier 1895 - 1er novembre 1895 : Alexandre Ribot -1er novembre 1895 - 29 avril 1896 : Paul Doumer -29 avril 1896 - 28 juin 1898 : Georges Cochery -28 juin 1898 - 22 juin 1899 : Paul Peytral -22 juin 1899 - 7 juin 1902 : Joseph Caillaux -7 juin 1902 - 17 juin 1905 : Maurice Rouvier -17 juin 1905 - 14 mars 1906 : Pierre Merlou -14 mars 1906 - 25 octobre 1906 : Raymond Poincaré -25 octobre 1906 - 24 juillet 1909 : Joseph Caillaux -24 juillet 1909 - 3 novembre 1910 : Georges Cochery -3 novembre 1910 - 2 mars 1911 : Louis-Lucien Klotz -2 mars 1911 - 27 juin 1911 : Joseph Caillaux -27 juin 1911 - 22 mars 1913 : Louis-Lucien Klotz -2 mars 1913 - 9 décembre 1913 : Charles Dumont -9 décembre 1913 - 17 mars 1914 : Joseph Caillaux -17 mars 1914 - 9 juin 1914 : René Renoult -9 juin 1914 - 13 juin 1914 : Étienne Clémentel -13 juin 1914 - 26 août 1914 : Joseph Noullens -26 août 1914 - 20 mars 1917 : Alexandre Ribot -20 mars 1917 - 12 septembre 1917 : Joseph Thierry -12 septembre 1917 - 20 janvier 1920 : Louis-Lucien Klotz -20 janvier 1920 - 16 janvier 1921 : Frédéric François-Marsal -16 janvier 1921 - 15 janvier 1922 : Paul Doumer -15 janvier 1922 - 29 mars 1924 : Charles de Lasteyrie -29 mars 1924 - 14 juin 1924 : Frédéric François-Marsal -14 juin 1924 - 3 avril 1925 : Étienne Clémentel -3 avril 1925 - 17 avril 1925 : Anatole de Monzie -17 avril 1925 - 29 octobre 1925 : Joseph Caillaux -29 octobre 1925 - 28 novembre 1925 : Paul Painlevé -28 novembre 1925 - 16 décembre 1925 : Louis Loucheur -16 décembre 1925 - 9 mars 1926 : Paul Doumer -9 mars 1926 - 23 juin 1926 : Raoul Péret -23 juin 1926 - 19 juillet 1926 : Joseph Caillaux -19 juillet 1926 - 23 juillet 1926 : Anatole de Monzie -23 juillet 1926 - 11 novembre 1928 : Raymond Poincaré -11 novembre 1928 - 21 février 1930 : Henry Chéron -21 février 1930 - 2 mars 1930 : Charles Dumont -2 mars 1930 - 13 décembre 1930 : Paul Reynaud -13 décembre 1930 - 27 janvier 1931 : Louis Germain-Martin -27 janvier 1931 - 3 juin 1932 : Pierre Étienne Flandin -3 juin 1932 - 18 décembre 1932 : Louis Germain-Martin -8 décembre 1932 - 31 janvier 1933 : Henry Chéron -31 janvier 1933 - 30 janvier 1934 : Georges Bonnet -30 janvier 1934 - 4 février 1934 : François Piétri -4 février 1934 - 9 février 1934 : Paul Marchandeau -9 février 1934 - 1er juin 1935 : Louis Germain-Martin -1er juin 1935 - 7 juin 1935 : Joseph Caillaux -7 juin 1935 - 4 juin 1936 : Marcel Régnier -4 juin 1936 - 22 juin 1937 : Vincent Auriol -22 juin 1937 - 18 janvier 1938 : Georges Bonnet -18 janvier 1938 - 13 mars 1938 : Paul Marchandeau -13 mars 1938 - 10 avril 1938 : Léon Blum -10 avril 1938 - 1er novembre 1938 : Paul Marchandeau -1er novembre 1938 - 21 mars 1940 : Paul Reynaud -21 mars 1940 - 5 juin 1940 : Lucien Lamoureux FINOT (Alfred), 1876-1946 : Statuaire, décorateur. Après un apprentissage à l'Ecole des Beaux-Arts de Nancy, Alfred Finot entre en 1895 dans l'atelier du sculpteur Barrias à l'Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris. Portraitiste, Alfred Finot réalise de nombreux bustes et médaillons de personnalités locales. Dans le domaine de la statuaire, il est l'auteur de plusieurs compositions monumentales dont certaines commandées par Eugène Corbin (haut reliefs des Magasins Réunis, sculptures du tombeau Corbin) ou issues d'une souscription publique (monument au peintre Sellier). Ses statuettes et objets décoratifs (vases, encriers, vide-poches) d'inspiration symboliste ou naturaliste sont édités en céramique par les frères Mougin et à Rambervillers (S.A.P.C.R.), en bronze par le bijoutier Séverin Ronga (1857-1931) ou en pâte de verre par Amalric Walter (1870-1959). Alfred Finot est membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy dès 1901. FISCALITÉ : FLAMBEAU DES CAMARADES DU FEU (Le) : Journal menuel fondé en juin 1939, P. Morin en est le gérant et A. Pichon, le principal leader. A la fois hostile aux juifs, aux francs-maçon et aux marxistes, le journal était le porte-parole de l’association Les Camarades du feu qu’animait A. Pichon. FLAMMARION (Nicolas-Camille), 1842-1925 : Astronome. Camille Flammarion, né le 26 février 1842 à Montigny-le-Roi, (Haute-Marne) est l'aîné d'une famille de quatre enfants. Ernest, son frère cadet, sera d'ailleurs le fondateur de la maison d'éditions qui porte son nom. En 1856, Camille Flammarion rejoint les siens dans la capitale. Passionné depuis son plus jeune âge d'astronomie et de choses célestes (enfant, il a pu assister à deux éclipses), Camille Flammarion rédige à cette époque une Cosmogonie universelle. Cette étude du monde des origines sera rééditée en 1885 sous le titre Le Monde avant l'apparition de l'Homme. En 1862, il fait paraître un second ouvrage, La Pluralité des Mondes habités. Ce dernier, qui tente de répondre à la question de l'existence des extra-terrestres, obtient un grand succès auprès du public, mais est à l'origine de son renvoi. Charles-Eugène Delaunay, autre scientifique de renom, le prend alors à son service. Quelques années plus tard, ayant enfin fait l'acquisition d'une lunette (fabriquée par Secretan et muni d'un objectif de 108 mm), Camille Flammarion peut enfin se livrer à l'observation du ciel sur une petite terrasse de location. Dès l'année suivante, il adresse une première communication à l'Académie des Sciences et livre des articles aux revues scientifiques (à Cosmos notamment) ou grand public (entre autres au Magasin pittoresque). Peu après la guerre de 1870, l'homme de sciences s'installe à proximité de l'Observatoire, qui le réintègre d’ailleurs en 1876. Flammarion s'intéresse à présent au problème que posent les étoiles doubles. Ses travaux sont publiés en 1878. L'astronome décrit pour la première fois le mouvement propre d'Aldébaran, la plus brillante étoile de la constellation du Taureau. Cependant, plus que ses nombreux mémoires scientifiques, ce sont surtout ses ouvrages de vulgarisation destinés au grand public qui lui donnent la célébrité. En 1880, paraît ainsi l'Astronomie populaire. L'année suivante, paraissent également Les Étoiles et les Curiosités du Ciel, ainsi qu'une Petite Astronomie descriptive, cette dernière étant surtout destinée aux néophytes. Afin de financer ses travaux scientifiques, Camille Flammarion avait fondé en 1882 la revue L'Astronomie. Dans ses pages sont publiés ses travaux. En 1887, il fonde en effet la Société astronomique de France, qui s'installe à Paris. A cette adresse, un observatoire permet aux adhérents de la Société d'étudier le ciel. En 1912, la Légion d'Honneur est attribuée à Flammarion, au savant comme au vulgarisateur. Et à cette époque, il nourrit un autre grand projet que le déclenchement de la première guerre mondiale interrompra : la transformation de la Place de la Concorde en un vaste cadran solaire... Se situant désormais en marge de l’évolution des sciences, comme nombre de savants de sa génération, il s'intéresse désormais au problème de la vie après la mort, lui qui a toujours eu un penchant pour le spiritisme. En 1923, l'astronome est élu président de la Society for Psychical Research de Londres. Camille Flammarion décède à Juvisy-sur-Orge, le 3 juin 1925. FLANDIN (Pierre-Etienne), 1889-1958 : Avocat et homme politique. Né à Paris le 12 avril 1889, Pierre-Etienne Flandin est fils et petit-fils de parlementaires de l’Yonne. Jeune avocat inscrit au barreau de Paris, diplômé de l’Ecole libre des sciences politiques, Flandin débute sa carrière comme secrétaire de Millerand. En 1914, à 25 ans, il est élu député de l'arrondissement d'Avallon, battant le radical Gallot, le vieil adversaire de son père. Il est alors le plus jeune député de la Chambre. Pilote breveté dès 1912, il est affecté au début de la guerre à l'escadrille MF 33 et participe à la bataille de l'Yser. Très vite, il devient le député spécialiste des questions aéronautiques et, à ce titre, est chargé de plusieurs missions importantes. Au sortir de la guerre, son ascension et sa réussite politiques, qui vont s'affirmer désormais, peuvent s'appuyer sur tout un acquis de relations et d'influences locales et nationales. Il gravit les échelons du « ministère de l’Air » jusqu’à sa nomination comme sous-secrétaire aux Travaux publics, chargé de l’Aéronautique et des Transports aériens dans les premier et second ministères Millerand du 20 janvier au 17 février 1920 et du 19 février au 15 janvier 1921 puis dans le ministère Leygues à partir du 24 septembre 1920. Il peut alors appliquer la politique qu’il préconise depuis plusieurs années à la Chambre, et notamment le développement des transports aériens et de l’industrie civile.Obligé de quiitter le gouvernement le 15 janvier 1921, il continue à suivre de près les questions aériennes. De haute taille et bon orateur, ce technicien réputé s’impose rapidement comme l’une des étoiles montantes de la droite même si, du 9 au 13 juin 1924, son éphémère passage au sein du cabinet François-Marsal comme ministre du Commerce, de l’Industrie et des Postes et Télégraphes, par solidarité avec Millerand l’écarte des responsabilités nationales pendant plusieurs années. Responsable de l’éaroclub de France pendant dix ans, de 1922 à 1933, vice-président de la Chambre en 1928, Flandin est l'une des personnalités les plus écoutées de l'Alliance démocratique, la principale formation du Centre droit, il revient au gouvernement dans les premier et second cabinet Tardieu du 3 novembre 1929 au 20 février 1930 et 2 mars au 12 décembre 1930 comme ministre du Commerce et de l’Industrie. Face à la baisse du prix des voitures américaines, ul fait alors considérablement relever les droits de douane, afin de protéger l’industrie nationale. Ses qualités de technicien et sa compétence le conduisent à occuper le portefeuille des Finances du 27 janvier 1931 au 2 janvier 1932 dans les trois cabinets successifs Laval. La situation devient pour lui très difficile en raison de l’internationalisation de la crise de 1929. Il parvient cependant à réaménager les versements allemands prévus par le plan Young et à gérer le déficit budgétaire. Mais sa volonté de gouverner en gestionnaire et non pas en politique provoque la colère de la gauche qui l’accuse de se faire l’avocat des puissances industrielles contre l’Etat. L’affaire de « l’Aéropostale » occupe alors le devant de la scène, et la gauche en fait le procès de Flandin qui a été l’avocat de la compagnie aérienne. Après le 6 février 1934, le chef de l’Alliance démocratique intègre le cabinet Doumergue comme ministre des Travaux publics du 9 février au 8novembre 1934. A la démission de ce dernier, en novembre 1934, le président de la République Lebrun le charge de former un gouvernement. Dans un souci d’économie et d’efficacité technique, le cabinet est limité à vingt et un membres dont un seul secrétaire d’Etat. La nouvelle équipe paraît beaucoup plus faible que la précédente. Toutefois, la confiance est votée le 13 novembre à une confortable majorité. Arrivé au sommet de son parcours politique, il est, comme toute la classe politique française, confronté à de graves difficultés : la crise économique, financière et sociale, la montée des totalitarismes. Admirateur des institutions anglaises, Flandin considère le chef du gouvernement tout à la fois comme le directeur des autres ministres, le coordinateur de la majorité et l’arbitre naturel en cas de conflit institutionnel. Par conséquent, il ne s’octroie aucun portefeuille ministériel. En revanche, il renforce considérablement la présidence du Conseil en la dotant d’un cabinet chargé d’établir la liaison avec les différents ministères et de nature à lui permettre d’exercer son magistère. Enfin, le 23 décembre 1934, il installe la présidence dans des locaux indépendants, à l’Hôtel Matignon, siège de l’ambassade d’Autriche-Hongrie avant la Première Guerre mondiale. Désormais, la présidence du Conseil est devenue une réalité politique et géographique, inscrite dans les institutions. Au plan diplomatique, Flandin s’efforce de se rapprocher de l’Italie et de la Grande Bretagne pour sortir la France de son isolement et opposer une digue à l’ambition montante de l’Allemagne. Cette politique débouche sur les accords de Rome et le « front de Stresa » qui, moyennant la protection de l’Autriche n’en laissent pas moins carte blanche à Mussolini en Ethiopie. Pour compléter le dispositif, Laval signe en mai 1935 un pacte d’assurance mutuelle tandis que Flandin obtient de la Chambre le maintien pour six mois supplémentaires sous les drapeaux des classes libérables du contingent, assorti d’une extension de la durée du service à deux ans. Dans l’espoir de juguler la crise, Flandin cherche à assainir le marché en revenant de matière très progressive à la liberté économique. Parallalèment, afin de relancer les échanges, il fait baisser le taux d’intérêt et les prix des denrées de première nécessité comme le blé et le vin et refuse l’idée d’une dévaluation. Mais des divisions au sein du cabinet, ainsi que les difficultés du franc, placent le gouvernement en sursis. C’est alors que le chef du gouvernement est victime d’un grave accident de voiture qui le fragilise davantage. Pour sortir de l’impasse, il demande les pleins pouvoir en matière économique et financière, et vient lui-même justifier cette demande à la tribune, alors qu’il n’est pas encore remis. Il essuie un échec cuisant et démissionne dans la foulée le 1er juin 1935. Flandin poursuit sa carrière comme ministre d’Etat dans le quatrième cabinet Laval du 7 juin 1935 au 23 janvier 1936 puis des Affaires étrangères dans le second ministère Sarraut (24 janvier- 4 juin 1936) au sein duquel il ne parvient pas à riposter efficacement à la remilitarisation de la Rhénanie. Ecarté du pouvoir par le Front populaire, il approuve en 1938 les accords de Munich, croyant comme beaucoup qu'ils ont sauvé la paix ou du moins accordé un répit pour renforcer notre défense, et envoie des télégrammes de félicitations aux quatre signataires dont Hitler, ce qui lui sera particulièrement reproché, notamment par les communistes. En juillet 1940, à Vichy, il vote, non sans hésitations, les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Arrêté à Alger, en 1943, pour « intelligence avec l'ennemi », il est traduit en Haute Cour à la Libération, mais acquitté pour « services rendus aux Alliés » et tout de même frappé d'inéligibilité. Il meurt à Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes-Maritimes), le 13 juin 1958. FLANDIN (P.-E.) : Paix et liberté (« L’Alliance démocratique » à l’action), Paris, Flammarion, 1938. FLÈCHE DE PARIS (La) : Journal du Front social (parti frontiste), dirigé par Gaston Bergery. La rédaction animée par Jean Maze comprenait notamment : Georges Pioch, Henri Jeanson, Jean Galtier-Boissière, Marcel Raval, Gaston Cohen, André Boll, Marcel Déat, etc. Le journal disparaît en 1939. FLERS (Robert de), 1872-1927 : Auteur dramatique. Né à Pont-l’Évêque (Calvados), le 25 novembre 1872, descendant d’une des plus vieilles familles de Normandie, Robert de Flers était le fils d’un sous-préfet de Pont-l’Évêque. Ayant un temps songé, après des études de lettres et de droit, à faire carrière dans la diplomatie, c’est finalement vers la littérature et le journalisme qu’il s’oriente. Un voyage en Orient qu’il avait fait à la fin de ses études lui inspire ses premiers écrits : une nouvelle, La Courtisane Taïa et son singe vert (1896) , un récit de voyage, Vers l’Orient (1896), et un conte, Ilsée, princesse de Tripoli (1897). C’est au théâtre cependant qu’il atteint à la célébrité. Il écrit avec Gaston de Caillavet toute une série de pièces, parmi lesquelles : Les Travaux d’Hercule (1891), Le Sire de Vergy (1903), Les Sentiers de la vertu (1904), Pâris ou le bon juge (1906), Miquette et sa mère (1906), Primerose (1911), L’Habit vert enfin, en 1913, dans lequelles auteurs raillaient avec beaucoup d’esprit l’Académie française ! Après la mort de Caillavet, Robert de Flers poursuit son œuvre théâtrale en collaboration avec Francis de Croisset : ils écrivent ensemble Les Vignes du seigneur (1923), Les Nouveaux Messieurs (1925), Le Docteur miracle (1926), et un livret d’opérette, Ciboulette (1923), sur une musique de Reynaldo Hahn. En 1921, Robert de Flers devient directeur littéraire du Figaro et fréquente un temps l’arène politique comme conseiller général de la Lozère. Elu à l’Académie française en 1920, Robert de Flers meurt à Vittel (Vosges) le 30 juillet 1927. BARILLET (P.) : Les Seigneurs du rire : Flers - Caillavet - Croisset, Paris, Arthème Fayard, 1999. FLOQUET (Charles-Thomas), 1828-1896 : Avocat et homme politique. Né à Saint-Jean-Pied-de-Port (Basses-Pyrénées), le 2 octobre 1828, Charles Floquet est issu de la haute bourgeoisie positiviste et oncle par alliance de Ferry. Cet ardent républicain, longtemps collaborateur du Temps, vit sur la réputation d’avoir apostrophé le tsar Alexandre II a coup de « Vive la Pologne, monsieur » à l’occasion de la visite de l’autocrate lors de l’exposition universelle de 1867. Député de Paris à partir de 1871, puis des Basses-Pyrénées de 1882 à 1889, avant de redevenir député de la Seine jusqu’en 1893, ce franc-maçon, très lié avec Brisson, se définit comme un radical de gouvernement, favorable au « radicalisme légal contre l’agitation révolutionnaire ». Président apprécié de la Chambre depuis 1885, il succède à Tirard le 3 avril 1888 avec pour mission de réunir les différentes fractions républicaines contre la menace boulangiste. Agé de 59 ans, il semble plus à même de le faire que sa riche expérience parlementaire se double d’un talent oratoire reconnu et d’une certaine prestance. Floquet s’empare de l’Intérieur, découvrant sa volonté d’affronter directement Boulanger. Il compose une équipe à son image, républicaine de toujours et expérimentée, comme en témoigne la nomination de Goblet aux Affaires étrangères et surtout celle, toute symbolique, du premier civil à la Guerre en la personne de Freycinet. Dans sa déclaration aux Chambres, le nouveau président du Conseil prône la « conciliation des républicains ». Récusant la « révision monarchique » et les « énigmes plébiscitaires », il se déclare pourtant favorable à une « révision démocratique » afin de contrer les accusations récurrentes d’immobilité qui affaiblissent le régime et font le jeu du boulangisme. Nouvellement élu député du Nord, le général Revanche vient justement défier le président du Conseil à la tribune en lisant un manifeste anti-parlementaires le 4 juin. Floquet lui répond par la phrase restée célèbre : « A votre âge, monsieur, Bonaparte était mort ». A l’issue d’une nouvelle joute oratoire, ponctuée d’attaques féroces du général contre sa personne, Floquet n’hésite pas à défier en duel à Neuilly le 12 juillet 1888 en faveur du président du Conseil qui blesse le militaire. Fort de la popularité qu’il retire de cet épisode, Floquet se sent assez fort, à la mi-octobre, pour donner lecture de son projet, très ambitieux, de réforme constitutionnelle. Il préconise l’élection du Sénat au suffrage universel à deux degrés, le renouvellement par tiers (et simultanément) des deux Chambres tous les deux ans,, un conseil d’Etat élu par le Parlement en charge de péparer et de soutenir les lois devant les Chambres, la réduction sensible du contrôle législatif et financier du Sénat, et la suppression du droit de dissolution. Pour lutter contre l’instabilité, il propose enfin de subordonner le retraitdes ministres à un vote de la Chambre. L’ampleur de la révision suscite d’emblée une série de critiques qui rappellent celle formulées naguère à l’encontre de Gambetta. L’élection triomphale de Boulanger depuis un siècle, le 27 janvier 1889, achève ed’ébranler le ministère. Résolu à poursuivre la lutte, le président du Conseil se décide à faire établir le scrutin d’arrondissement en vue des prochaines législatives. Mais la Chambre repousse la révision, contraignant Floquet à présenter sa démission le 22 février 1889. Revenu à la présidence de la Chambre, Floquet est compromis par les retombées du scandale de Panama. Il perd cette présidence, puis son siège de député, au cours de l’été 1893. Elu au Sénat l’année suivante, il y termine sa carrière dans une relative discrétion. Il décède à Paris le 18 janvier 1896. FLORÉAL : Revue hebdomadaire de gauche paraissant pendant l’entre-deux-guerres. Fondée en 1920, par l’éditeur Aristide Quillet, Joeph Paul Boncour, alors membre du parti socialiste, en était le directeur, et Fernand Corcos, secrétaire général des Droits de l’Homme, assurait le secrétariat de la rédaction. L’université Floréal venait complèter le travail de propagande de la revue. Parmi les collaborateurs de cette revue figuraient : Albert Mathiez, Victor Margueritte, Maurice Rosatand, François Crucy… FLOURENS (Léopold-Emile), 1841-1920 : Homme politique. Né à Paris le 26 avril 1841, Emile Flourens, président de secton au Conseil d’Etat, est chargé des Affaires étrangères dans les trois ministères succesifs Goblet, Rouvier et Tirard du 13 décembre 1886. En janvier 1887, à la suite de la vive réaction de l’Allemagne, il oblige Boulanger à retirer son projet de rappel de 72 000 réservistes. Cependant, l’affaire Scnaebelé relance la tension franco-allemande, les « renenchards » poussent à l’intervention militaire, et la cote du « brav’ général » grimpe en flèche. Flourens calme une fois de plus le jeu en préparant la demande d’explication transmise à Berlin qui, en donnant une satifaction purement formelle à l’opinion, apaise la tension. Toujours partisan des méthodes pacifiques, il résout le différend opposant le résident général français à Madagascar et la tribu de la reine Ranavalo. Il décède à Paris le 6 janvier 1920. FOCH (Ferdinand), 1851-1929 : Maréchal. Né à Tarbes le 2 octobre 1851 au sein d'une famille bourgeoise et pieuse. Lycéen travailleur et brillant, il devient bachelier ès-lettres puis ès-sciences. Envoyé à Metz en 1869 pour y préparer l'Ecole polytechnique, il connaît l'occupation prussienne qui s'abat sur la Lorraine. A Polytechnique, il choisit la carrière des armes et en sort en 1873 comme officier d’artillerie. Il est affecté comme lieutenant au 24e Régiment d'Artillerie, bien qu'il n'ait pas fini sa scolarité ; cela s'explique par la pénurie d'officiers qui affectait l'armée au sortir de la défaite. Il gravit alors les grades un par un, devenant capitaine à 26 ans, avant de rejoindre l'état-major en 1885. Elève à l'Ecole de Guerre la même année, il y professe de 1895 à 1901. Il y enseigne l'histoire militaire et la tactique, et devient l'un des théoriciens français de l'offensive. Il se fait connaître par ses analyses critiques de la Guerre franco-prussienne et des Guerres napoléoniennes. Il poursuit son ascension dans l'armée : promu lieutenant-colonel en 1898, il est nommé colonel en 1903, puis général de brigade (1907). Déjà, deux ouvrages ont regroupé ses conceptions stratégiques : Les Principes de la guerre (1903) et La Conduite de la guerre (1904). Il assume le commandement de l'École de Guerre de 1907 à 1911, année où il est nommé général de division; puis en 1913, général de corps d'armée, à la tête du 20e Corps d'Armée de Nancy. Le 14 août 1914, pendant la bataille de Lorraine, son corps avança vers la ligne Sarrebourg-Morhange, subissant de lourdes pertes. La déroute du 15e Corps à sa droite le contraignant, cependant, à la retraite. Foch parvint cependant à bien gérer la situation en couvrant la retraite de Nancy et en contre-attaquant, empêchant les Allemands de traverser la Meurthe. C'est pour ses actes qu'il fut choisi pour commander la IXe Armée lors de la bataille de la Marne. Il coordonne les armées britanniques, françaises et belges durant la course à la mer. Avec le chef de l'état-major, Maxime Weygand, Foch dut gérer la retraite de la Marne, alors qu'il venait à peine d'être nommé à son poste. Il aura alors ces mots restés célèbres : « Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède, impossible de me mouvoir, situation excellente, j'attaque. ». Sa contre-attaque était la mise en pratique d'idées qu'il avait développées en tant qu'enseignant, elle lui permit de mettre un terme à l'offensive de l'armée allemande. Ce succès lui valut une nouvelle promotion et le 4 octobre, il fut nommé commandant-en-chef adjoint, de la zone Nord, avec le général Joffre. Le 13 octobre, les Allemands lancèrent une nouvelle offensive, contenue au prix de pertes très lourdes ; situation qui se reproduisit à nouveau lors de la première bataille d'Ypres. À chaque fois, Foch parvenait à sortir les troupes françaises de situations très difficiles. À l'origine de la bataille de l'Artois (1915) et de celle de la Somme (1916), il tombe en disgrâce provisoire, conséquence de sanglants échecs. En décembre 1916, Joffre le relève du commandement de l'armée et l'envoie en Italie. En 1917, la situation militaire des Alliés est inquiétante : Arès l’échec du général Nivelle sur le Chemin des Dames, Foch est rappelé comme chef d'état-major général de l'Armée. Désigné comme généralissime des troupes alliées, il bloque l'offensive allemande en avril 1918 et lance la contre-attaque décisive du 18 juillet. Le 11 novembre, il a le sentiment du devoir accompli. Les honneurs l'auréolent : il est maréchal de France, de Grande-Bretagne et de Pologne, académicien, titulaire de 37 décorations françaises et étrangères, président du Conseil supérieur de la guerre. Conseiller lors de la conférence qui s'ouvre le 18 janvier 1919, il ne réussit pas à imposer sa conception d'une paix exigeant le Rhin comme frontière de l'Allemagne plutôt que fondée sur d'hypothétiques promesses. Déçu par les clauses du traité, il veut faire entendre sa voix en se présentant aux élections présidentielles de 1920. Son échec lui fait renoncer à la politique. Il voyage, écrit ses mémoires, ne cessant de défendre sa conviction : une nation moralement forte, puissamment armée, est nécessaire pour éviter que ne recommence la guerre. L'isolement de la France, le marasme économique qui se profile, la déliquescence des traités de paix, assombrissent d'autant ses dernières années. Il décède à Paris le 20 mars 1929. FONSEGRIVE (George-Pierre-Lespinasse), 1852-1917 : Professeur, philosophe et écrivain. Né le 19 octobre 1852, originaire de Saint-Capraise-de-Lalinde (Dordogne), George Fonsegrive fait ses études au petit séminaire de Bergerac, est quelques mois instituteur, un an maître d'étude, prend sa licence ès lettres à Bordeaux (juillet 1874), enseigne l'histoire au collège de Blaye, puis la philosophie au collège de Bergerac (1875 à 1880). Reçu cette année-là agrégé de philosophie, il a été professeur tour à tour aux lycées de Montauban, Pau, Angoulême et Bordeaux (1887) ; il l'est à partir d'octobre 1889 au lycée Buffon, à Paris. Il devient directeur de La Quinzaine de 1896 à 1907. Penseur et homme d’action, il est l’un des guides des catholiques sociaux à la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Citons de lui : Essais sur le libre arbitre (1887) ; Eléments de philosophie (1890) ; Lettres d’un curé de canton (1895) ; Lettres d’un curé de campagne (1896) ; Le Journal d’un évêque (1897) ; Catholicisme et société (1898) ; Morale et société (1901) ; Comment lire les journaux ? (1903) ; Mariage et union libre (1904) ; Le Fils de l’esprit (1905) ; Moralité et société (1907) ; Essai sur la connaissance (1909). Il a fourni des articles à divers recueils, surtout à la Revue philosophique, et il a été un des collaborateurs les plus actifs de la Grande Encyclopédie, principalement pour les questions de logique. Il décède à Paris en 1917. FOREST (Louis Nathan, dit Louis), 1872-1933 : Journaliste et homme de lettres. Après des études à Lunéville et Nancy, Louis Forest obtient une licence de droit à Paris et un diplôme de l'Ecole des Langues Orientales. Journaliste, on le retrouve au sommaire de nombreuses revues auxquelles il donne des articles historiques, littéraires, géographiques et scientifiques. Forest a joué un rôle important dans les milieux modérés après la Première Guerre mondiale, non seulement comme rédacteur politique du quotidien Le Matin, mais aussi comme fondateur et directeur de L’Animateur des temps nouveaux, publication hebdomadaire qui paraîtra de 1926 à 1933 dénonçant les abus de la fiscalité et combattant, souvent avec habileté, l’étatisme et le marxisme. Louis Forest écrit pour la scène une adaptation du Faust et du Colonel Chabert. Il a laissé des livres et un recueil de portraits des Défenseurs de la justice (1899) qui le place parmi les Dreyfusards. Il finit sa carrière comme conseiller général de Seine-et-Oise. FORGEOT (Pierre), 1888-1956 : Avocat et homme politique. Né à Anglure (Marne) le le 10 mars 1888, Pierre Forgeot, fils de viticulteurs, devient docteur en droit puis avocat. Il se lance alors dans une carrière politique comme député de la Marne, élu en 1914 et réélu en 1919 sur la liste d’entente républicaine. Il ne se représente pas en 1924 mais, réélu député de la Marne en 1928, ce républicain socialiste est choisi par Poincaré puis par Briand dans son onzième cabinet comme ministre des Travaux publics du 11 novembre 1928 au 2 novembre 1929. Son administration n’a pas laissé de souvenirs très particuliers. Forgeot est réellu député de la Marne en 1932, mais renonce à se présenter en 1936, désirant se consacrer aux affaires. Il décèdera à Paris le 30 juin 1956. FORT (Jules-Jean-Paul), 1872-1960 : Poète. Né le 1er février 1872à Reims (Marne), Paul Fort donne ses premiers poèmes au Mercure de France en 1896. Ils constitueront le début des Ballades françaises dans une suite continuera jusqu'à sa mort. Il fonde en 1905 le Théâtre d’Art qui deviendra le Théâtre de l'Œuvre, crée en 1905 la revue Vers et Prose et contribue à donner au quartier du Montparnasse, à Paris, sa renommée artistique Paul Fort fréquente parmi les écrivains et poètes les plus connus de son temps : Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Pierre Louÿs ou André Gide. Il est l'auteur d'une œuvre poétique abondante mêlée de symbolisme, de simplicité et de lyrisme, utilisant le plus souvent le verset. Parmi ses œuvres théâtrales, citons : Louis XI, curieux homme (1921) ; Ysabeau (1924) ; Le Camp du Drap d'or (1926) ; Les Compères du roi Louis (1926) ; Guillaume le Bâtard (1928). Fait Commandeur de la Légion d’honneur, il avait aussi été élu Prince des Poètes en 1912. Il décèdera le 20 avril 1960 à Montlhéry (Seine-et-Oise). Paul Fort, de Pierre Béarn, Paris, Seghers, 1965 (1re édition, 1960),. (collection Poètes d'aujourd'hui) Le Paul Fort que j'ai connu, de Marie-Thérèse Donnay, Paris, Debresse, 1961, In-16e (19 cm), 125 p., portrait, fac-similé, couv. ill. Hommage à Paul Fort, prince des poètes, ouvrage collectif, Paris, Flammes vives [numéro spécial de la revue Flammes vives]. 1952. Paul Fort à Montlhéry ou Le poète est dans le pré, d'Antoine Antonakis et François Fort (son fils), édition du Soleil Natal, 1990. FOUILLÉE (Alfred), 1838-1913 : Moraliste. Existence et développement de la volonté Note sur Nietzsche et Lange : « le retour éternel » Nietzsche et l'immoralisme La Propriété sociale et la démocratie (1884) Le Socialisme et la sociologie réformiste Humanitaires et libertaires au point de vue sociologique et moral, publié par Augustin Guyau, Paris, F. Alcan, "Bibliothèque de philosophie contemporaine", 1914. GUYAY (A.) : La philosophie et la sociologie d'Alfred Fouillée, Paris, F. Alcan, 1913. JANET (P.) Notice sur la vie et les oeuvres de M. Alfred Fouillée. Académie des Sciences Morales et Politiques, Séances et Travaux. Compte rendu séance du 8 avril 1916, 76è année, tome 86, (185è de la collection), 1916, II (P. 225-253; 392-416). FOULD (Gaston-Marie-Achille-Armand), 1890-1969 : Eléveur-viticulteur et homme politique. Né à Condé-sur-Sarthe (Orne) le 19 septembre 1890, Achille Fould est issu d’une famille de politiciens et de financiers. D’abord éleveur-viticulteur, puis président du groupe de défense paysanne, Fould devient ensuite maire d’une commune rurale. Elu député modéré des Hautes-Pyrénées de 1919 à la guerre, il suit les traces de son grand-père, ministre de Napoléon III, en entrant au gouvernement comme sou-secrétaire d’Etat à l’Agriculture dans le premier cabinet Laval du 27 janvier 1931 au 13 janvier 1932 afin d’assister Tardieu. Lorsque ce dernier passe à la Guerre au début 1932, Fould est nommé ministre de l’Agriculture du 14 janvier au 19 février 1932 dans le troisième cabinet Laval. Il élabore alors toute la partie agricole du plan d’équipement national qui se met en place. Enfin, lorsque Tardieu forme son premier gouvernement, il se trouve nommé sous-secrétaire d’Etat à la Défense nationale du 20 février au 2 juin 1932. En quelques mois, il travaille à mettre en place la législation concernant la péréquation des pensions. Il décèdera à Saint-Julien-Beychevelle (Gironde) le 14 octobre 1969. FOULON (Maurice-Eugène), 1886-1968 : Instituteur et homme politique. Né à Pantin (Seine) le 16 septembre 1886, Maurice Foulon, instituteur, commence sa carrière politique à Aubervilliers, commune dont Laval est le maire. Elu député de la Seine de 1928 à 1936, il devient, en 1930, son premier adjoint et le remplace tout naturellement à la Chambre lorsqu’il s’installe au Sénat. Spécialiste des questions scolaires et sociales, il entre dans les trois cabinets successifs Laval comme sous-secrétaire d’Etat au Travail et à la Prévoyance sociale du 27 janvier 1931 au 19 février 1932 avec mission d’étudier le problème du chômage. Il participe une dernière fois au gouvernement comme sous-secrétaire d’Etat à l’Intérieur du 20 février au 2 juin 1932 dans le troisième cabinet Tardieu. Il décèdera à Paris le 22 février 1968. FORT-CHABROL : A l’occasion de procès en révision d’Alfred Dreyfus à Rennes, le président du Conseil Waldeck-Rousseau, craignant alors une émeute nationaliste et monarchiste, décide d’engager des poursuites contre les dirigeants des ligues nationalistes, accusés de complot contre la sûreté de l'État. Le 12 août 1899, les autorités font arrêter Déroulède et les dirigeants de la Ligue des Patriotes, ainsi que les chefs des Jeunesses royalistes et de la Ligue antisémite. Mais, refusant d'obtempérer au mandat d'amener lancé contre lui, le président de la Ligue antisémite, Jules Guérin, se retranche dans le « Grand Occident de France », situé rue de Chabrol, à Paris. Avec une quinzaine de collaborateurs, Guérin se barricade et résiste pendant 38 jours, les forces policières ayant cerné le bâtiment. Les fenêtres de la rue sont louées à des enthousiastes venus les encourager et l'immeuble, mis en état de siège, ravitaillé à partir d'un logement loué au 114 de la rue Lafayette. Lancés des toits, les paquets n'atteignaient pas tous leur but ; certains tombant dans la rue. Le 9 septembre, Alfred Dreyfus est à nouveau reconnu coupable mais est gracié par le président de la République. Abasourdis, les assiégés du « Fort Chabrol » se rendent le 20 septembre 1899, après trente-huit jours de résistance. Guérin est par la suite condamné à dix ans de réclusion (pour le siège et l'affaire de la Patrie française). La sentence sera commuée plus tard en bannissement. LE TEXIER (R.) : Le fol été du Fort Chabrol, Paris, France-Empire, 1990. FOURCADE (Jacques-Manuel), 1862-1943 : Avocat et homme politique. Né le 5 août 1962, fils d’un procureur impérial devenu sous la Troisième République, président de la Cour d’appel de Lyon, manuel Fourcade est l’un de avocats les plus célèbres de l’entre-deux-guerres. D’abord bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris, il est le conseiller des grandes compagnies de chemins de fer, d’assurances et des grandes banques. Conseiller général des Hautes-Pyrénées depuis 1919, il devient maire de Vic-en-Bigorre en 1925, puis est élu en 1927 sénateur du même département. Il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain qui le nommera l’année suivante membre du Conseil national. Il décèdera le 26 décembre 1943. FOURICHON (Léon-Martin), 1809-1884 : Vice-amiral et homme politique. Né à Thiviers (Dordogne) le 10 janvier 1809, l’amiral Fourichon ancien élève de l’Ecole navale, est nommé gouverneur de Cayenne en 1852 puis président du conseil des travaux de la marine en 1864. Bien qu’orléaniste, il entre au gouvernement de Défense nationale du 4 septembre 1870 au 17 février 1871 comme ministre de la Marine et des Colonies. Dès le 15 septembre 1870, il rejoins Crémieux à Tours avec Glais-Bizoin et ajoute à ses fonctions celle de ministre de la Guerre qu’il occupe du 16 septembre au 5 octobre 1870. Il s’occupe alors de la première armée de la Loire. Refusant la subordination de l’autorité militaire aux civils, il démissionne au profit de Crémieux, de son poste de ministre de la Guerre, en attendant l’arrivée de Gambetta. Il est nommé ministre de la Marine du 9 mars au 11 décembre 1876 dans le quatrième cabinet Dufaure puis de la Marine et des Colonies du 12 décembre 1876 au 16 mai 1877 dans le ministère Simon. Il décède à Paris le 23 novembre 1884. FOURMIES (Fusillade de) : Le 1er mai 1891, pour la deuxième fois, les organisations ouvrières du monde entier se préparent à agir par différents moyens dont la grève pour l'obtention de la journée de 8 heures, conformément aux directives de l'Internationale ouvrière. En France, le contexte est plus répressif qu'il ne l'était l’année précédente. A Fourmies, petite ville textile du Nord proche de la frontière belge tout juste sortie d'une longue grève, le patronat a menacé de licenciement les ouvriers qui arrêteraient le travail et obtenu du préfet qu'il mobilise un important dispositif de maintien de l'ordre. En l'absence de forces spécialisées, c'est alors, en France, à l'armée qu'incombe cette mission. Deux compagnies d'infanterie ont été mobilisées. En fin de journée, les soldats tirent sur quelques centaines de manifestants qui tentent d'obtenir la libération de grévistes interpellés dans la matinée et emprisonnés dans la mairie. Les affrontements se soldent par neuf morts, dont quatre jeunes femmes et un enfant. Ces morts, promus martyrs, vont devenir un symbole de la République répressive et de classe. « Car à Fourmies, c'est sur une gamine que le lebel fit son premier essai… » (Montéhus). FOURNIER (Emile-Eugène-Alix), 1864-1897 : Compositeur. Né à Paris le 11 octobre 1864, Emile-Eugène-Alix Fournier débutait ses études musicales à l’Ecole de musique classique et religieuse de Niedermeyer, à l’époque où Henri Lutz, Camille Andrès, Alfred Marichelle, Henri Letocart et Claude Terrasse la fréquentaient également. Il rejoignait ensuite le Conservatoire de Paris, notamment César Franck dans sa classe d’orgue (1885), ainsi que Léo Delibes et Théodore Dubois dans leur classe de composition et d’harmonie. Il se présentait à plusieurs reprises au Concours de Rome, entre autres en 1889 et en 1891. La première année lui valut un deuxième Second Grand Prix. Même s’il fut le seul récompensé, il ne se satisfit pas de cette place et concourut vainement l’année suivante. En 1891 Alix Fournier se présentait à nouveau et remportait cette fois-ci le premier Second Grand Prix avec la cantate L’Interdit. Dépité de ne pouvoir décrocher le premier Grand Prix, il abandonna le Conservatoire et se consacra à la composition, en écrivant notamment de nombreuses mélodies. Mais la mort le surprit quelques années plus tard, le 12 septembre 1897 à Joinville-le-Pont, non loin de Paris, sans lui laisser le temps de donner sa pleine mesure ; il n’avait pas encore atteint sa 33ème année ! Sa comédie lyrique Stratonice, poème de Louis Gallet, eut cependant quelque succès, après que l’Académie des Beaux-Arts l’eut récompensé au septième concours Cressent. Elle est jouée le 9 décembre 1892 à l’Académie nationale de musique. FOURNIÈRE (Joseph-Eugène), 1857-1913 : Ecrivain et homme politique. Né à Paris le 31 mai 1857, Eugène Fournière entre dans le mouvement socialiste suite à une condamnation à l’occasion des grèves de Bessèges en 1882. Rédacteur au Cri du Peuple et à La Petite République, conseiller municipal de Paris à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, il est élu député socialiste inédepndant de l’Aisne de 1898 à 1902. Il dirige ensuite La Revue socialiste, enseigne au Conservatoire des Arts et Métiers et devient maître de conférences à l’Ecole Polytecnique. Auteur de nombreux ouvrages de doctrine, nottamment Théories socialistes au XIXème siècle de Babeuf à Proudhon (1905), il décède à Arcueil (Seine-et-Oise) le 6 janvier 1914. FOURTOU (Marie-François-Oscar Bardi de), 1836-1897 : Homme politique. Né à Ribérac (Dordogne) le 3 janvier 1836, ancien bonapartiste et « homme de poigne » énergique, Oscar de Fourtou reste célèbre pour avoir été le bras séculier de « l’ordre moral » à l’école, puis dans le pays. Député conservateur en 1870, il est remarqué par Thiers qui le nomme ministre des Travaux publics du 7 décembre 1872 au 18 mai 1873 dans le premier cabinet Dufaure. Accusé alors de se convertir un peu trop vite à la République, il est « conservateur libéral pour les uns et « libéral conservateur pour les autres » selon le portrait d’Edmond de Texier. Après un court passage au Cultes comme ministre dans le second cabinet Dufaure du 18 au 2 mai mai 1873, il est charge de gérer le ministère de l’Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts du 26 novembre 1873 au 21 mai 1874 dans le second cabinet du duc de Broglie. Assurant qu’il faut « ramener les intelligences dans la voie de la vérité », il met en disponibilté plusieurs enseignants républicains, rétablit la censure, change le nom du lycée Condorcet qui devient le lycée Fontanes et confie les peintures du Panthéon à Puvis de Chavannes. Ministre de l’Intérieur du 22 mai au 20 juillet 1874 dans le ministère Cissey, il se prononce en faveur de l’organisation des pouvoirs de Mac-Mahon. Il garde le même portefeuille dans le troisième ministère de Broglie du 17 mai au 22 novembre 1877, il révoque plus de 200 fonctionnaires républicains, introduits de nombreux bonapartistes dans son administration et pouruit un certain nobre de journaux. S’il n’est pas un doctrinaire, il pense cependant que l’autorité doit venir d’en haut et que le pays demande qu’on le fasse marcher ! Il décède à Paris le 6 décembre 1897. il décède à Paris le 6 décembre 1873. FRACHON (Benoît), 1893-1975 : Ouvrier métallurgiste et homme politique. Né le 13 mai 1893 au Chambon-Feugerolles (Loire), dans une famille de mineurs, Benoît Frachon est ouvrier métallurgiste à l'âge de 13 ans et adhère à la CGT dès ses 16 ans. Il appartint alors à un petit groupe libertaire créé en 1909 par des mineurs et des ouvriers métallurgistes. Il diffusait La Guerre sociale, l'hebdomadaire de Gustave Hervé, lisait La Vie ouvrière de Pierre Monatte, participe à quelques manifestations d'action directe comme le sabotage de lignes télégraphiques et téléphoniques. Frachon, qui a participé à la grève générale de décembre 1912 contre la loi de trois ans, est appelé au service militaire en 1913. Après la Première Guerre mondiale, il était de retour au Chambon-Feugerolles et adhère au parti communiste. Candidat à des élections municipales partielles en 1922, il est élu et devient adjoint au maire de Chambon. Mais le mandat municipal ne le passionnait guère. Aussi bien, démissionne-t-il le 25 août 1924 de ce mandat électif. Dirigeant de la grande grève des métallurgistes de Saint-Étienne la même année, Frachon s'affirme et devient secrétaire permanent de l'Union départementale de la CGTU puis, devint, en 1925, secrétaire de la commission syndicale d'une nouvelle et vaste région du parti communiste qui comprenait le Rhône, la Loire, la Saône-et-Loire, la Haute-Loire, l'Ain, le Jura, l'Ardèche, une partie de l'Isère : Frachon accédait ainsi à une importante responsabilité dans l'organisation communiste, au poste essentiel du travail syndical. À partir de 1928, Frachon accède à des responsabilités supérieures. En accord avec les orientations de la direction de l'Internationale communiste, il participe à des réunions à Moscou et entre au bureau politique du PCF : Frachon est l'archétype de cette génération de dirigeants communistes qui connaît une promotion très rapide (trois ans en l'occurrence). Au début des années 1930, Frachon se trouve au cœur de la ligne qui triomphe dans le communisme français, faite du repli de la tendance sectaire et de recherches de l'unité à la base avec les ouvriers et non avec les dirigeants socialistes ou syndicalistes « confédérés » (appelés ainsi pour les différencier des unitaires de la CGTU). Alors que se développent en France les premiers effets de la crise de 1929, le communisme et le syndicalisme à volonté révolutionnaire voient leur audience se rétrécir. Frachon, comme beaucoup de militants, subit les conséquences de la répression gouvernementale et connaît la prison de la Santé. Dès 1931, il est porteur d'analyses alors nouvelles sur le mouvement syndical, attirant l'attention sur la nécessité de s'attacher aux petites revendications des travailleurs. Il devient le porte-parole convaincu de la lutte pour l'unité syndicale, sous la bannière de la CGTU, sur la base de la défense des revendications et des intérêts de la classe ouvrière. Frachon veut gagner les masses ouvrières : pour cela il faut d'abord s'occuper de la réalité ouvrière, réaliser le front unique des exploités, refuser de faire « faire le tour du monde à des prolétaires dont la préoccupation dominante est l'augmentation de leurs salaires » ». À partir de 1933, devenu secrétaire de la CGTU, Frachon se situe au cœur d'une stratégie unitaire qui recherche non seulement le rapprochement avec les ouvriers confédérés et socialistes, mais aussi avec leurs dirigeants. Dirigeant de premier plan de la CGT après la réunification syndicale de 1935, Frachon participe à la rencontre CGT/CGPF (patronat) du 6 juin 1936 à l'hôtel Matignon. Il est 15 heurs lorsque débutent les négociations. Le rapport de force est tel que celles-ci ne s'éternisent pas : à 1 heure du matin, les accords de Matignon sont signés. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la signature du pacte germano-soviétique le 23 août 1939 met définitivement fin à l'unité syndicale : les communistes de la CGT sont sommés de désavouer le pacte et Frachon, bien que s'étant prononcé dans La Vie ouvrière pour une défense nationale antifasciste, est déchu de son mandat. Dans la Résistance, Benoît Frachon sera l'un des principaux dirigeants du PCF clandestin, plus spécialement chargé de l'action syndicale. Il décèdera le 1er décembre 1975. SOURCES : R. Mouriaux, La CGT, Seuil 1982. - Benoît Frachon, Pour la CGT, mémoires de lutte, 1902-1939, éditions sociales 1981. - Documentation personnelle et témoignage de Mounette Dutilleul. FRANC-MAÇONNERIE : La franc-maçonnerie est une société secrète et initiatique dont les origines prêtent à de nombreuses polémiques. En mars 1871 commence la Commune de Paris, dans laquelle les francs-maçons de la capitale s'impliqueront fortement. Le Frère Thirifocq, militant socialiste, membre de la loge « le libre Examen » du Suprême conseil de France demande que les bannières maçonniques soient plantées sur les remparts et qu'elles soient « vengées » (sic) dans le cas où elles seraient trouées par les balles des Versaillais. De nombreux francs-maçons figurent parmi les révolutionnaires, dont Jules Vallès ou Élisée Reclus. Le 29 avril 1871 eut lieu une grande manifestation rassemblant devant les forces versaillaises plusieurs milliers de francs-maçons des deux obédiences derrière des dizaines de bannières. Cette manifestation fut suivie de l'entrevue entre les deux émissaires de la Commune (dont Thirifocq) et Adolphe Thiers, qui se solda par un échec puis par l'écrasement de la Commune par les Versaillais. Contrairement à celles de Paris, les loges de province ne soutinrent pas la Commune et, dès la fin de celle-ci, le Grand Orient désavoua officiellement l'action des loges parisiennes pour se rallier à Thiers et à la Troisième République dans laquelle il fut amené à jouer un rôle de premier plan. Le 8 juillet 1875, Jules Ferry (futur ministre de l'Instruction Publique de la République) et Émile Littré (auteur du dictionnaire éponyme) sont initiés par la loge « la Clémente Amitié ». La République française, qui veut ouvrir des écoles laïques sur tout le territoire entre en conflit ouvert avec l'Église catholique qui s'y oppose. C'est dans ce contexte que le Grand Orient, qui apporte officiellement son soutien à la République, décide en 1877 de supprimer pour ses membres l'obligation de croire en l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, et pour ses loges l'obligation de travailler « A La Gloire du Grand Architecte de l'Univers ». En théorie chaque loge reste libre de son choix de continuer ou pas à respecter cet ancien landmark de la franc-maçonnerie, mais en pratique, dans un climat envenimé par 30 années de conflit ouvert entre la République et l'ancienne religion d'État, toutes les références à la religion seront progressivement supprimées des rituels du Grand Orient. Du côté du Suprême Conseil de France, l'obligation traditionnelle n'est pas supprimée, mais son Grand Commandeur Crémieux rappellera avec vigueur dès 1876 que sa juridiction n'impose « aucune forme au Grand Architecte de l'Univers ». Le Suprême Conseil doit également faire face à une fronde des loges des trois premiers grades, qui entendent s'affranchir de sa tutelle. Il finira par leur accorder leur indépendance au sein de la Grande Loge de France (2e du nom) fondée en 1894 pour administrer les trois premiers grades de la franc-maçonnerie du Rite écossais ancien et accepté. De 1893 à 1899, la France voit se constituer la première obédience maçonnique mixte, qui deviendra très rapidement internationale: l'Ordre mixte international du Droit humain, qui adopte lui aussi le Rite écossais ancien et accepté. Pour l'histoire de la franc-maçonnerie française, le XXe siècle débute avec un scandale qui laissera des traces durables et qui témoigne bien de l'implication de la franc-maçonnerie de l'époque dans la politique : l'affaire des fiches. Elle débute en 1901 lorsque le général André, ministre de la guerre et franc-maçon met en fiches les convictions philosophiques et religieuses de quelque 27000 officiers, pour gérer leur avancement. Les renseignements sont fournis par des centaines de francs-maçons dans tout le pays. En 1904, la presse s'empare de l'affaire. Le scandale est immense et s'achèvera par la démission du général André19. En 1913, deux Loges, « le Centre des Amis » et la « Loge Anglaise 204 » quittent le Grand Orient et fondent la « Grande Loge nationale indépendante et régulière », qui sera immédiatement reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre et qui restera jusque dans les années 1960 principalement animée par des Anglais ou des Américains résidant en France. En 1948, cette obédience changera de nom pour celui de Grande Loge nationale française qu'elle porte encore aujourd'hui. Si le courant pacifiste qui apparaît en France avant la Première guerre mondiale se manifeste aussi dans la franc-maçonnerie, il disparaît dans celle-ci comme dans le reste du pays dès le début du conflit et le premier cabinet d'Union sacrée comprend 9 francs-maçons. Une conférence internationale réunit en janvier 1917, au siège de la Grande Loge de France, plusieurs obédiences européennes. Il y est lancé un appel à la création de la Société des Nations. Une conférence similaire réunit en juin 1917 les réprésentants de 16 obédiences alliées ou neutres au siège du Grand Orient de France avec les mêmes objectifs20. Après les pertes dues à la guerre, la franc-maçonnerie française reprend sa progression : le Grand Orient de France passe de 23000 membres en 1919 à 33000 dans les années 1930, tandis que la Grande Loge de France passe de 6300 membres à 16000 sur la même période20. En 1922, le congrès de l'Internationale communiste, à la demande de Zinoviev, interdit la double appartenance au parti communiste et à la franc-maçonnerie. La plupart des francs-maçons socialistes qui avaient choisi le parti communiste après la scission du congrès de Tours le quittent alors. Des loges de réfugiés russes, fermées par les bolchéviques, se reconstituent en France : « Astrée » à la Grande Loge, « l'étoile du Nord » et « la Russie libre » au Grand Orient20. Entre les deux guerres mondiales, la franc-maçonnerie française occupe une place majeure dans l'appareil politique de la République et s'implique fortement dans ses combats. Elle sera donc particulièrement touchée lorsque la République s'effondrera face aux troupes allemandes en 1940. FRANC-MAÇONNERIE CONTRE LA FRANCE (La) : Journal de la ligue antimaçonnique de France fondé par le comte Armand de Puységur en 1934 et qui disparaît en 1936. FRANC-MAÇONNERIE DÉMASQUÉE (La): Revue antimaçonnique créée en 1884 ayant comme directeur l’abbé de Bessonies, alors vicaire de Notre Dame des Victoires, puis par l’abbé J. de Villemont. Cette revue disparaît en 1924, dans des circonstances assez mystérieuses. FRANÇAISE (La) : Journal féministe fondé en 1905 et dirigé avant la Seconde guerre mondiale par Cécile Brunschwicg. FRANCE (Jacques-Anatole-François-Thibault France, dit Anatole), 1844-1924 : Ecrivain. Né à Paris, le 16 avril 1844, Anatole France est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la Troisième République dont il est également l’un des plus importants critiques littéraires, et comme l’une des consciences les plus significatives de son temps, s’engageant en faveur de nombreuses causes sociales et politiques du début du XXe siècle. D'abord bibliothécaire au Sénat, poète de l'école parnassienne, il collabore ensuite au Journal des Débats, au Journal officiel, au Temps, etc. Il a écrit des études biographiques et de critique littéraire et publié divers romans : Le Crime de Sylvestre Bonnard, publié en 1881, est couronné par l'Académie. Cette œuvre est remarquée pour son style optimiste et parfois féerique qui tranche avec le naturalisme qui règne alors. Sa relation avec Madame Arman de Caillavet lui inpire Thaïs, publié en 1890, roman historique de la rencontre du paganisme et du christianisme et Le Lys rouge en 1894. Parmi ses œuvres, citons aussi : Les quatre romans de L’Histoire contemporaine (L’Orme du mail en 1897, Le Mannequin d’osier 1897, L’Anneau d’améthyste en 1899 et Monsieur Bergeret à Paris en 1901) ; Le Procureur de Judée (1902) ; Histoires comiques (1903) ; Sur la pierre blanche (1905) ; L'Affaire Crainquebille (1901) ; L’Île des Pingouins (1908) ; Les Contes de Jacques Tournebroche (1908) ; Les Sept Femmes de Barbe bleue et autres contes merveilleux (1909) ; Les dieux ont soif (1912) ; La Révolte des anges (1914). Les romans de l’enfance : Le livre de mon ami publié en 1885, le Petit Pierre en 1918, sont l’œuvre d’un être délicat, tourné vers le passé, vers le rêve, vers sa propre personne. Il rouvre discrètement le récit psychologique et le plaisir de conter. Elu à l'Académie française en 1896, Anatole France a pris parti dans les luttes politiques qui ont divisé la France à la fin du XIXe siècle et au commencement du XXe siècle, notamment autour de l’affaire Dreyfus. Il est un ardent défenseur des droits de l’Homme, et persuadé que la démocratie assure la liberté de l’individu, de l’individualisme même dont il est épris. Prix Nobel de Littérature en 1921, il meurt à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire) le 12 octobre 1924. Ernest Seillère, La Jeunesse d'Anatole France, 1934 Ernest Seillère, Anatole France, Critique de son Temps, 1934 Victor Giraud, Anatole France, 1935 Léon Carias, Les Carnets intimes d'Anatole France, 1946 Claude Aveline, Anatole France, 1948 FRANCE CHRÉTIENNE (La) : Publication antimaçonnique hebdomadaire fondée en 1887 et organe du Conseil antimaçonnique de France. Son directeur, l’abbé de la Rive, réunissait dans chaque numéro un certain nombre de documents exceptionnels fournis le plus souvent, par Léo Taxil, l’un de ses principaux collaborateurs. FRANCE OUVRIÈRE (La) : Journal des travailleurs nationaux fondé en 1930 par les ouvriers Henru Bourgoin et A. Derieux avec le consours de Henry Coston qui signait ses articles contre la finance internationale. Paraissant d’abord sous le titre de La Révolte ouvrière, le journal prit un nouveau départ en 1931 en changeant de nom pour La France ouvrière, plus rassurant pour le patronat et tente ainsi de se développer. Mais il devient une feuille jaune, perd la faible audience acquise au début et disparaît en 1933. FRANCE RADICALE (La) : Journal hebdomadaire des républicains radicaus et radicaux-socialistes fondé en 1932 et disparu en 1939. Il était dirigé par Robert Louis, ancien secrétaire général de la rédaction du Radical, vice-président de l’association fraternelle des journalistes. FRANCHET D’ESPEREY (Louis-Félix-Marie-François), 1856-1942 : Maréchal. Issu d'une famille bourgeoise de tradition légitimiste, né à Mostaganem, en Algérie, le 25 mai 1856, Franchet d’Espèrey sort de Saint-Cyr en 1876. Affecté au 1er Régiment de Tirailleurs Algériens, le jeune lieutenant fait ses premières armes pendant la campagne de Tunisie de 1881.Après un stage à l’École de Guerre, il part se battre au To contre les Pavillons noirs. Rentré en France, il commande à Stenay un bataillon de Chasseurs à pied. Il prend part en 1900 à l’expédition de Chine contre les Boxers au cours de laquelle son cousin, l'ambassadeur allemand Klemens von Ketteler trouva la mort, puis commande le 60e Régiment d'Infanterie à Besançon. Il est nommé général de division en 1912, et le général Lyautey lui confie le commandement des troupes du Maroc. Pendant la période difficile des débuts du Protectorat, il prend une part importante à la pacification et à l’organisation du pays. Rappelé en France, Franchet d’Espèrey reçoit en novembre 1913 le commandement du 1er Corps d'Armée à Lille. Il se distingue à la bataille des Frontières d’août 1914, puis en rejetant dans l’Oise, à Guise le corps allemand de La Garde. Le généralissime Joffre lui confie, le 3 septembre, le commandement de la Ve Armée, en pleine retraite et menacée d’être encerclée et coupée. Franchet d'Espèrey se montre à la hauteur de la situation. Faisant faire demi-tour à ses hommes, il attaque, entraînant à ses côtés l’armée britannique du général French, se précipite dans la brèche entre les armées Bülow et Kluck ; il joue un rôle capital dans la décision et l’exécution de la grande bataille. « Son rôle, écrit Joffre dans ses mémoires, mérite d’être souligné devant l’histoire. C’est lui qui a rendu possible la victoire de la Marne ». Franchet d'Espèrey commande le groupe d’armées de l’Est en 1916, puis le groupe d’armées du Nord en 1917. Il perd son fils, Louis, sous-lieutenant d’infanterie, tué à Douaumont, et son frère, colonel commandant le 333e Régiment d'Infanterie (lui restaient sa fille, Jacqueline, et sa sœur). En juin 1918, il est appelé au commandement en chef des armées alliées à Salonique. Il obtient, après une campagne de quatorze jours, la capitulation de l’armée germano-bulgare. L’armistice du 29 septembre 1918 ouvrait de vastes perspectives. Le Haut Commandement allemand, qui en est conscient, se décide à demander l’armistice sur tous les fronts. Il n’a pas tenu à Franchet d'Espèrey que sa magnifique victoire n’ait pas été exploitée. En Crimée et à Odessa, il redresse la situation critique des forces françaises. Cinquante années de services lui valent, le 19 février 1921, la dignité de Maréchal de France. Le 2 novembre 1930, il représente la France à la cérémonie du couronnement de l'empereur d'Éthiopie, Haïlé Sélassié Ier. Il est nommé président de la Société de géographie en 1933 et il est élu membre de l’Académie française le 15 novembre 1934. Il décède le 8 juin 1942 à Saint-Amancet. FRANCISME : Ligue d’extrême-droite fondée en septembre 1933 par Marcel Bucard, un ancien collaborateur de François Coty et du journal La Victoire. Son but est le prise du pouvoir, la suppression du parlementarisme et la mise en place d’une représentation corporative. La ligue crée en mai 1934 Le Franciste, journal hebdomadaire officiel. Lors de son premier congrès en juin 1934, le Francisme adresse des télégrammes de félicitations à Hitler et à Mussolini. En fait, cette ligue aux effectifs insignifiants n’est qu’une assez plate imitation du fascisme italien, dont elle copie les uniformes et dont ellev reçoit des subventions qui lui permettent de survivre. Le Francisme est d’ailleurs concurrencé par une autre ligue portant le même nom, dirigée par Plisson et Coston, dont le journal La Libre Parole Populaire (organe mensuel antijuif et antimaçonnique) a surtout pour objet le lutte contre les communistes et les deux groupes désignés comme des adversaires dans son sous-titre. FRANCO-ALLEMANDES (relations) : FRANCO-AMÉRICAINES (relations) : FRANCO-BRITANNIQUES (relations) : FRANCO-ITALIENNES (relations) : FRANCO-RUSSES (relations) : FRANCO-SOVIÉTIQUES (relations) : FRANÇOIS-ALBERT (François Albert, dit), 1877-1933 : Journaliste et homme politique. Né à Bordeaux (Gironde) le 4 avril 1877, François-Albert est agrégé de lettres et commence sa carrière publique par le journalisme. Conseiller général, élu sénateur de la Vienne en 1920 Herriot fait appel à lui quatre ans plus tard dans son premuier cabinet comme ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts du 14 juin 1924 au 16 avril 1925. Il rétablit alors l’enseignement moderne dès la sixième, et maintient le grec obligatoire à partir de la quatrième. Il prépare la gratuité de l’externat dans les collèges et les lycées publics, mais doit faire face à une forte agitation estudiantine à la suite de la nomination à la faculté de droit de Paris dun professeur « cartelliste ». A titre de blâme, la Chambre réduit le traitement du ministre à 100 francs seulement ! Lors de la démission du cabinet, François-Albert redevient sénateur, mais est battu deux ans plus tard. Elu député des Deux-Sèvres en 1928, il succède à Herriot à la tête du groupe radical-socialiste à la Chambre, avant d’être nommé une dernière fois au gouvernement comme ministre de Travail et de la Prévoyance sociale du 31 janvier au 15 octobre 1933 dans le premier cabinet Daladier. Il meurt à Paris le 23 novembre 1933. FRANÇOIS-MARSAL (Frédéric), 1874-1954 : Banquier et homme politique. Né à Paris le 16 mars 1874, Frédéric François-Marsal est major de sa promotion d’infanterie à Saint-Cyr en 1894 puis membre de l’état-major de Paul Doumer en Indochine (1900-1904). Il devient ensuite banquier avant de rejoindre le grand quartier général de Joffre en 1915, puis le cabinet de Clemenceau en 1917 dont il dirige les services d’études financières et économiques. Attaché à la délégation française à la conférence de paix, il est l’un des trois non-parlementaires à intégrer les deux cabinets Millerand du 20 janvier au 23 septembre 1920, comme ministre des Finances. Il garde le même portefeuille dans le gouvernement suivant de Leygues du 24 septembre 1920 au 15 janvier 1921. Il essaie une politique déflationniste destinée à effcer les effets de la guerre sur l’économie.Il sait prendre des initiatives et n’hésite pas à décider seul d’accorder une aide française à la Pologne menacée par les Soviétiques. Elu sénateur du Cantal en janvier 1921 après son passage au gouvernement, il retrouve aussi le journalisme. Il retrouve le portefeuille des Finances dans le troisième ministère Poincaré du 29 mars au 8 juin 1924. A la suite de la victoire du Cartel des gauches, vainqueurs des législatives de 1924, François-Marsal est chargé de constituer un gouvernement minoritaire, dans le seul but d’affirmer publiquement ses droits et de placer les gauches devant leurs responsabilités. Partisan d’une politique déflationniste et de rigueur budgétaire, ardent défenseur de l’occupation de la Ruhr, il a tout pour déplaire au Cartel qui interprète logiquement sa nomination à la présidence du Conseil le 9 juin 1924 comme un défit à la souveraineté parlementaire. Le ministère présidé par François-Marsal est l’un des rares ministères mort-nés de la IIIème République et le plus bref. Son ministère, présenté le 10 juin, est aussitôt renversé à l’issue d’un débat contradictoire durant lequel il a rempli sa mission en lisant le message de Millerand dénonçant l’irresponsabilité politique de la présidence et, par ricochet, le « coup d’Etat parlementaire » orchestré par le Cartel. François-Marsal démissionne aussitôt, entraînant dans sa chute le président de la République Millerand qui refuse d’engager une crise politioque de grande ampleur. Battu aux sénatoriales en octobre 1929, François-Marsal retourne à l’écriture et aux affaires. Administrateurs de nombreuses sociétés, président de plusieurs organismes dont l’Union coloniale française, il collabore régulièrelent à La Revue des Deux Mondes et intègre l’Académie des sciences morales et politiques comme membre libre en 1928. Il décèdera à Gisors (Eure), le 28 mai 1958. BURNAND (R.) : Un homme, un Français, un chef, François-Marsal, Paris et Aurillac, U.S.H.A., 1928. FRANÇOIS-PONCET (André), 1887-1978 : Journaliste et homme politique. Né à Provins (Seine-et-Marne) le 13 juin 1887, ancien élève du collège Sanislas et de l’Ecole normale supérieure, André François-Poncet commence sa carrière publique dans le journalisme. Elu député d’union républicaine, il occupe alors les postes de sous-secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement technique et des Beaux-Arts du 13 novembre 1928 au 2 novembre 1929 dans le cinquième cabinet Poincaré, du 3 novembre au 20 février 1930 dans le premier ministère Tardieu et de l’économie nationale du 2 mars au 12 décembre 1930 dans le second cabinet Tardieu et du 27 janvier au 3 septembre 1931 dans les deux premiers cabinets Laval. Il a été précédemment membre de la commission économique internationale aux Etats-Unis et a fondé la Société d’information et d’études économiques. Il devient ensuite ambassadeur à Berlin dès 1931, et à Rome en 1938. De ces deux missions capitales pour sauver la paix, il a laissé la narration de deux volumes de souvenirs, inoubliables tant par la qualité du style que par les informations qu’il apporte sur la vie diplomatique de la décennie. Il décèdera à Paris le 8 janvier 1878. FRANKEL (Léo), 1844-1896 : Orfèvre et homme politique. Né à Obuka-Ujlak (Hongrie) le 28 février 1844, fils d’un médecin israélite, Léo Frankel devient militant révolutionnaire. Il participe à la Commune de Paris, dont il est le délégué au Travail (29 mars 1871) puis aux Finances (5 avril 1871). Blessé au cours des combats de rues dans le foubourg Saint-Antoine, il parvient à s’échapper et à s’exiler à l’étranger (Angleterre, Suisse, Allemagne). Condamné à mort par contumace, il ne rentre en fFrance qu’après l’amnistie générale. Il revient à Paris en 1888, et reprend la lutte révolutionnaire collaborant notamment à La Bataille. Il décède à Paris le 29 mars 1896. FRANKLIN-BOUILLON (Franklin Bouillon, dit Henry), 1870-1937 : Journaliste et homme politique. Né à Saint-Hélier (Jersey, Royaume-Uni) le 3 septembre 1870, Franklin-Bouillon est rédacteur au Journal et devenu membre du parti radical-siocialiste, ce franc-maçon devient rédacteur en chef du Radical. Elu député de Seine-et-Oise de 1910 à 1919, il devient le spécialiste de la politique étrangère. Il refuse un portefeuille dans le cabinet Briand en 1915 en raison de son état de santé. Il accepte cependant un poste de ministre d’Etat sans portefeuille dans le premier cabinet Painlevé du 27 septembre au 15 novembre 1917 où il a une grande influence sur le président du Conseil. Ce radical préside ensuite la commission des Affaires étrangères à la Chambre et se montre farouchement opposé au traité de Versailles. Réélu député de Seine-et-Oise de 1923 à 1936, il meurt à Paris le 12 novembre 1937. FRATERNITÉ : Organe de liaison des travailleurs français et émigrés (antifascistes), publié en 1936-1938. FRÉHEL (Marguerite Boulc'h, dite), 1891-1951 : Chanteuse. Née à Paris le 13 juillet 1891, fille de concierge et d'origine bretonne, Fréhel a grandi dans les quartiers les plus populaires de Paris. À quinze ans, elle est vendeuse au porte à porte. Son travail lui permet de rencontrer la Belle Otero, artiste alors adulée, qui admire son audace et ses formes ainsi que sa voix particulière, et lui propose de chanter sous le nom de « Pervenche ». Son répertoire « réaliste » commence à la faire connaître entre 1908 et 1910, date à laquelle elle épouse Robert Hollard (alias Roberty), un jeune comédien amateur de music-hall qu'elle avait rencontré à la taverne de l'Olympia. Elle noue ensuite une relation de courte durée avec Maurice Chevalier qui décide de la quitter pour Mistinguett. Bien qu'auréolée de succès, Fréhel, ainsi surnommée désormais en référence au cap breton du même nom fuit une vie sentimentale désastreuse et finit par plonger dans l'alcool et la drogue. Elle quitte la France pour l'Europe de l'Est et la Turquie, d'où l'ambassade de France la rapatrie dans un état lamentable en 1923. En 1925, l'« inoubliable inoubliée » remonte sur les planches de l'Olympia pour le plus grand plaisir d'un public qui ne se lasse pas de ses couplets réalistes. Citons : L'Obsédé (1930), Pauvre grand (1930), Sous la blafarde (1930), Comme un moineau (1930), Comme une fleur (1931), La Coco (1931), Quand on a trop de cœur (1931), La Chanson du vieux marin (1931), À la dérive (1931), Musette (1932), Le Grand Léon (1933), C'est un mâle (1933), La Peur (1935), Il encaisse tout (1935), Il est trop tard (1935), Où sont tous mes amants (1935), Rien ne vaut l'accordéon (1935), La Valse à tout le monde (1936), Le Fils de la femme poisson (1936), Les filles qui la nuit ... (1936), Maison louche (1936), Tel qu'il est (1936), Et v'la pourquoi (1936), Pépé le moko (1936), Sous la flotte (1936), Tout change dans la vie (1936), C'est un petit bal musette (1936), Pleure (1937), Derrière la clique (1938), L'Amour des hommes (1938), La Chanson des fortifs (1938), La Môme Catch-catch (1938), Ohé ! les copains ! (1939), La Der des der (1939), La Java bleue (1939), Sans lendemain (1939). Son physique méconnaissable - elle s'est considérablement empâtée - lui ouvre paradoxalement les portes du cinéma. Elle tourne notamment dans Cœur de lilas en 1931, La Rue sans nom en 1934, Le Roman d'un tricheur en 1936, Pépé le Moko en 1937, L’Innocent en 1937, La Rue sans joie en 1938, Le Puritain en 1938, Une Java en 1939, Berlingo et Compagnie en 1939, L’Entraîneuse en 1940. Elle décèdera le 3 février 1951 à Paris. FRÉMICOURT (Charles-Victor-Jules), 1877-1967 : Homme politique. Né à Lens (Pas-de-Calais) le 27 septembre 1877, ancien directeur des affaires civiles auprès du garde des Sceaux et ancien conseiller d’Etat, Charles Frémicourt est le premier président de la Cour de cassation lorsque le maréchal Pétain lui confie le ministère de la Justice du 16 juin au 12 juillet 1940. Il décèdera à Bettencourt (Nord) le 16 juillet 1967. FREY (Charles-Albert), 1888-1955 : Journaliste et homme politique. Né à Starsbourg le 26 février 1888, ancien journaliste de langue allemande, Charles Frey entre dans la chambre « bleu horizon » comme député de Strasbourg. Laval le nomme douze ans plus tard, du 27 janvier 1931 au 19 février 1932 sous-secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Industrie dans ses trois cabinets successifs. Il y travaille en priorité sur la législation concernant les brevets d’invention. Il meurt à Strasbourg e 14 octobre 1955. FREYCINET (Charles-Louis de Saulces de), 1828-1923 : Homme politique. Né le 14 novembre 1828 à Foix (Ariège), Charles de Freycinet commence sa carrière d’ingénieur dans la compagnie des Chemins de Fer du Midi. Malgré tout, ce brillant technocrate ne se désintéresse pas de la chose politique : de 1864 à 1871, il est condidat officiel du pouvoir impérial, il est conseiller du Tarn-et-Garonne. La véritable entrée en politique de Freycinet est le fruit de la guerre franco-prussienne et de sa rencontre avec Gambetta. En 1870, Freycinet lui propose ses services à pour le gouvernement de Défense nationale. Au lendemain de la défaite de Sedan, il est nommé préfet du Tarn-et-Garonne le 6 septembre 1870 et démissionne le 7 octobre 1870 pour rejoindre Gambetta à Tours. Ce dernier fait de Freycinet son délégué auprès du département de la guerre (8 octobre 1870-9 février 1871), fonction où celui-ci se relève un auxiliaire précieux dans l’organisation de la lutte armée en province. Cette participation à la défense nationale est décisive pour la carrière politique de Freycinet : son travail avec Gambetta allait définitivement l’inscrire dans le camp républicain, tandis que l’expérience d’une fonction très technique le distinguerait de la majorité de la classe politique. Gambetta avait saisi combien les compétences de Freycinet pourraient être utiles au parti républicain qui comptait plus d’avocats que d’ingénieurs. C’est pourquoi il l’intégre à l’équipe du journal qu’il fonde en 1871, La République française, et appuie auprès de ses amis républicains sa candidature à diverses élections partielles. Après l'armistice, il se retire en même temps que Gambetta et ne reviendra à la politique qu'en 1876 où il est élu au sénateur de la Seine. A partir de cette date, il prend quelque distance avec son mentor. Au palais du Luxembourg, il ne s’inscrit pas au groupe gambettiste de l’Union républicaine mais à la Gauche républicaine, plus modérée et proche de Jules Ferry et cessa sa collaboration avec La République française. Mais il ne rompt pas ouvertement avec Gambetta et passe pour un de ses fidèles. Le 14 décembre 1877, c’est en tant que tel que Dufaure, en constituant son cabinet, le choisit comme ministre des Travaux publics jusqu’au 4 février 1879. Il occupe, dans le ministère Waddington (4 février-28 décembre 1879), ce même portefeuille très technique où il montre sa capacité de médiation, réunissant Léon Say et Gambetta, que leurs conceptions économiques séparaient, autour d’un fameux plan de développement des voies ferrées et des voies navigables. Ce plan ouvre la voie à des discussions tarifaires avec les compagnies, et permet d'aboutir aux conventions de 1883 stipulant que le gouvernement accordait sa garantie aux compagnies pour l'achèvement du réseau ferroviaire. Ce plan d'équipement ambitieux prévoyait la construction de 18 000 km de voies ferrées, 1 900 km de canaux modernisation des ports, etc.... La Chambre lui vote 350 millions de crédits le 7 mars 1878, qu'il affecte essentiellement aux développements portuaires. Il obtient en janvier 1879 un décret de Mac Mahon sur la réorganisation des voies navigables et ferroviaires. Il réforme la législation minière en février 1879. A la fin décembre 1879, après la chute du cabinet à majorité centre gauche de Waddington, le président de la République Jules Grévy demande à Freycinet de former un nouveau gouvernement. Ce choix est habile. Appeler Freycinet, c’est écarter Gambetta tout en espérant que le nouveau président du Conseil saurait affirmer son autonomie. La composition du cabinet se fait cependant sous l’égide secrète de Gambetta, qui se venge ainsi de ne pas avoir été consulté, en tant que président de la Chambre des députés, par le président de la République. La liste définitive du nouveau cabinet est arrêtée le 28 décembre. Freycinet s’est réservée les Affaires étrangères. Le cabinet est résolument de tonalité gauche républicaine, puisque la majorité de ses membres y étaient inscrits : Magnin aux Finances, Jules Ferry à l’Instruction publique, Varroy aux Travaux publics, Tirard à l’agriculture, le vice-amiral Jauréguiberry à la Marine ainsi que les sous-secrétaires d’Etat Wilson, Raynal, Cyprien Girerd et Sadi Carnot. L’Union républicaine, toutefois, connaissait une notable progression, avec trois ministres choisis dans ses rangs : Cazot à la Justice et Lepère à l’Intérieur, qui tous deux avaient présidé le groupe parlementaire gambettiste, le général Farre à la Guerre ainsi que les sous-secrétaires d’Etat Constant et Turquet. Le Centre gauche voyait sa participation réduite à la portion congrue, puisque seul Cochery, ministre des Postes et Télégraphes, était inscrit dans ce groupe.Ce cabinet marque la fin de la tentative républicaine libérale sous la IIIème République et le glissement vers la gauche du centre de gravité de la vie politique. Il gouverne pendant huit mois, jusqu’au 19 septembre 1880, sous la haute surveillance de Gambetta que Freyciney consulte régulièrement. Les deux questions majeures que Freycicinet eut à gérer sont celle de l’aministie des communards et celle des décrets anticléricaux, en constiruent les deux exemples manifestes. Les deux furent lises à l’ordre du jour par les radicaux, soutenus par l’aile gauche de l’Union républicaine, impatients de réaliser immédiatement des mesures qu’ils estimaient conformes à un régime républicain. Freycinait jugeait l’amnistie trop prématurée, mais doit céder à la pression de Gambetta, lui-même poussé par certains de ses amis et par son électorat de Belleville. Après des débats mouvementés, l’amnistie est votée en juin-juillet 1880. En revanche, Freycinet ne veut pas céder aux mesures réclamées par les mêmes contre les congrégations, à commencer par les jésuites. La politique anticléricale inaugurée par le précédent cabinet est cependant poursuivie, à l’initiative de Jules Ferry et malgré les réticences de centre gauche, d’une partie de la Gauche républicaine, du président de la République et du président du Conseil. Freycinet tente, à propos des décrets relatifs aux congrégations, de négocier secrètement avec le vatican afin de trouver une formule de conciliation qui éviterait l’expulsion brutale. Le 20 20 août 1880, de passage à Montauban, il affirme publiquement sa volonté de ne pas brusquer la situation. Il est alors attaqué par les journaux radicaux et gambettistes. Les ministres proches de Gambetta, Constans et Cazot, donnèrenet leur démission, ce qui oblige le cabinet à se retirer, le 19 septembre 1880. Ainsi s’inaugurait l’ère de l’instabilité parlementaire, qui allait âtre la maladie chronique du régime. La politique de surenchère menée par l’extrême gauche, jointe à l’inexistence d’une droite constitutionnelle, allait fragiliser les gouvernements en place sans permettre à l’opposition, formée d’une coalition de circonstance entre les extrêmes, de constituer une majorité de substitution. De fait, le cabinet que compose Jules Ferry pour succéder à Freycinet est, à l’exception de Varroy et du vice-amiral Jauréguiberry, qui a préféré suivre Freycinet dans sa disgâce, composé des mêmes hommes que celui de son prédécesseur. Entre deux postes ministériels, Charles de Freycinet revenait dans l'Administration. Lorsqu'il venait de démissionner de ses fonctions de président du conseil, Freycinet est chargé en qualité d'ingénieur en chef d'une mission d'étude sur l'exploitation des chemins de fer en France et à l'étranger. Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères du 30 janvier au 7 août 1882, Freycinet met en place un cabinet dans un contexte fondamentalement différent. Il avait refusé, en novembre 1881, d’entrer dans le « Grand ministère »dans lequel Gambetta avait voulu, sans succès, rassembler tous les chefs républicains. Pis encore, en laissant annoncer dans les couloirs de la Chambre des députés qu’il était prêt à constituer un cabinet de remplacement, Freycinet avait sans aucun doute précipité la dislocation de la majorité. Gambetta es ses amis lui en gardent un rancune tenace. La nouvelle équipe ministèérielle prend ses fonctions le 30 janvier 1882, soit à peine trois jours après la démission de Gambetta. Freycinet qui prenait les Affaires étrangères, réussit à attirer près de lui les personnalités du parti républicain. Léon Say avait laissé la présidence du Sénat pour prendre les Finances, Jules Ferry est ministre de l’Instruction publique (avec les Beauc-Arts : on avait supprimé le ministère des Arts créé par Gambetta). Presque tous les ministres sont issus des rangs de la Gauche républicaine, les deux exceptions les plus notables sont Goblet, ministre de l’Intérieur, proche du radicalisme, et Léon Say. Freycinet aurait voulu garder quelques ministres du précédent cabinet, pour s’assurer du soutien des opportunistes, mais Gambetta décline, en leur nom, la prposition. Le nouveau cabinet comprenait, en outre un nolbre relativement important de sénateurs. Il pouvait donc apparâitre comme le cabinet de la revanche, celle de la Gauche républiacine et celle du Sénat sur Gambetta. Freycinet avait, sur le papier, réussi à former un cabinet prestigieux, mai suaquel il manquait un élément essentiel, l’unité. Il allait apprendre a ses dépens que l’on ne pouvait pas gouverner sans l’Union républicaine de Gambetta. Toutes les réformes attendues et promises aux républicains (réforme judiciaire, loi sur le divorce, organisation du protectorat tunisien, question de la mairie centrale de Paris, etc), avortent, faute d’une véritable direction et d’une majorité solide à la chambre des députés. Les mesures principales sont menées à l’initiative du ministre de l’Instruction publique Jules Ferry, qui conduit à son terme la loi sur l’obligation et la laïcité de l’enseignement primaire et engage la réforme de l’enseignement secondaires spécial. Finalement, c’est sur une suestion de politique extérieure, et plus excatement les négociations relatives à la question d’Egypte, que l’indécision du président du Conseil allait éclater au grand jour. Freycinet fait l'erreur de ne pas associer la flotte française à la flotte britannique pour bombarder Alexandrie, ce qui a conduit à l'abandon de l'influence française en Egypte ce qui provoque la chute de son cabinet, le 7 août 1882. Après la chute de son gouvernement, Freycinet devient ministre des Affaires étrangères dans le cabinet Brisson du 6 avril 1885 au 7 janvier 1886 puis inspecteur général de 1ere classe des mines en mars 1886. Le troisième cabinet Freycinet, qui gouverne du 7 janvier au 11 décembre 1886, est, lui aussi, une formule composite rassemblée après la fin du long ministère Ferry. Le cabinet Brisson, formé pour préparer les élections de l’automne 1885, n’avait duré que quelques mois. Après sa chute, en décembre suivant, Jules Grévy pressent de nouveau Freycinet, qu’il affectionne. Celui veut se récuser mais le président insiste si bien qu’il accepte, à son corps défendant, écraira t il ultérieurement. Freycinet, qui ne dispose pas d’une équipe soudée et soucieux de se démarquer de Jules Ferry, met sur pied une combinaison de concentration républicaine, c'est-à-dire non pas un cabinet homogène, comme celui de son prédécesseur, mais une équipe hétéroclite, fruit d’une large coalition parlementaire. Granet (Postes et Télégraphes), Lockroy (Commerce) appartiennent à l’extrême gauche, Goblet (Instruction publique et Sarrien (Intérieur) à la Gauche radicale. La Gauche républicaine était représentée par Carnot (Finances) et Jules Develle (Agriculture). Les gambettistesobtenanient les Travaux publics (Baïhaut et la Justice (Demole), Freycinet gardait les Affaires étrangères. La presse républicaine salue l’évènement de celui qui, après l’autoritaire et impopulaire Jules Ferry, passait pour un libéral, dans la mesure où il ne refuse pas tout contact avec les radicaux et acceptait même de les faire entrer dans son gouvernement. Cette coalition était trop large pour avoir un vrai programme. En tenaient lieu la réduction des dépenses, que Sadi-Carnot s’efforce de mettre en œuvre, et la loi sur la Laïcité du personnel enseignant (30 octobre 1886). Ce cabinet est marqué principalement par les débuts du mouvement boulangiste. Freycinet confie le portefeuille de la Guerre au général Boulanger (recommandé par Clemenceau) qui ne tarde par à se faire remarquer de l’opinion publique. Ses premières mesures et ses déclarations ronflantes enthousiasment les radicaux. Il raye des cadres de l’armée les ducs d’Aumale, d’Alençon, de Nemours et de Chartres, ainsi que le prince Murat. Il améliore l’ordinaire de l’armée et prend diverses initiatives patriotiques : guérites peintes aux couleurs nationales, revues équestres et la propagande habile qu’il sut distiller dans le pays lui valent rapidement une grande popularité. Lors de la revue du 14 juillet 1886, à Longchamps, la foule l’acclame longuement. Ferry, lui, décide de ne plus soutenir le gouvernement si Freycinet ne se séparait pas de son encombrant ministre. Il est suivi dans sa campagne par Jules Develle qui réclame un remaniement ministériel. Jules Steeg, qui préside le principal groupe parlementaire républicain, l’Union des gauches, s’efforce d’entraîner les républicains modérés à sa suite tandis que Joseph Reinach, nouveau directeur de La République française, inaugure une virulente camapgne de presse contre Freycinet. La personnalité de Boulanger restant un ferment de division. La majorité reste fragile. Le 18 octobre, les radicaux interpellent le cabinet à propos de l’emploi des troupes dans la grêve de Vierzon. Le gouvernement Freycinet est renversé sur une question budgétaire annexe malgré le gouvernement, la Chambre avait voté la suppression des sous-préfets), le 3 décembre 1886. Ce troisième cabinet Freycinet ne finit donc pas plus glorieusement que les deux autres. A chaque fois, le président du Conseil manquait d’une assise parlementaire solide. Sa nomination était le fruit d’un choix personnel du président de la République et d’une coaltion républicaine de circonstance. Son excessive discrétion est sans doute le meilleur faire-valoir du bouillant Boulanger, les Français préférant le brillant de l’officier de parade à la grisaille de l’homme de dossiers. Cet échec ne met pas fin à la carrière politique de Freycinet. Candidat à la Présidence de la République en 1887 après la démission de Jules Grévy, il se retire face à Sadi Carnot qui est élu. Paradoxalement, il est appelé à la rescouse par Floquet, dans son gouvenement du 3 avril 1888 au 17 mars 1890, pour aider à circonscrire le boulangisme où il est nommé ministre de la Guerre. Premier civil à accéder à ce poste, il conserve ce portefeuille sous cinq cabinets successifs. Après que le cabinet Tirard fut tombé sur le problème de la politique douanière, Freycinet va prendre la présidence du Conseil pour près de deux ans, du 17 mars 1890 au 18 février 1892 avec le portefeuille de la Guerre ; c'est de loin le plus long de ceux qu'il a présidés. Son gouvernement n’était qu’un replâtrage du précédent où, encore une fois, il cherche à constituer ule large coalition de toutes les tendances du parti républicain. Les radicaux Léon Bourgeois (Instruction publique) et Jules Roche (Commerce) côtoient les libéraux Ribot (Affaires étrangères) et Yves Guyot (Travaux publics) et les opportunistes Rouvier (Finances), Fallières (Justice), Jules Develle (Agriculture), Constan (Intérieur), Eugène Etienne (sous-secrétariat aux Colonies). En dépit de sa durée (environ deux ans), aucune réforme ne distingue se ministère, trop hétérogène pour élaborer un vrai programme. Placé entre l'agitation boulangiste et le scandale de Panama, il connut des heures relativement paisibles et même quelques succès. Sur le plan social, il dut faire face aux premières manifestations du 1er mai. Celles de 1891, à Fourmies, dégénérèrent en une fusillade qui fit plusieurs victimes. Un début de législation sociale marque cette période : loi du 8 juillet 1890 sur les délégués mineurs, loi du 2 juillet 1890 sur la suppression des livrets ouvriers ; préparation de la loi du 31 octobre 1892 sur le travail des femmes et des enfants. Le vote des tarifs douaniers en 1892 occupa longuement les Chambres pendant toute la durée du ministère. Charles de Freycinet n'avait pas été, dans ses précédents cabinets, un grand ministre des Affaires étrangères. Mais il faut lui rendre cette justice que c'est sous sa direction et en plein accord avec lui que Ribot réussit le coup de maître de l'alliance franco-russe. Désormais, la France cessait d'être isolée. Le ministère tomba sur la question religieuse. Le pape Léon XIII, soucieux de détacher la cause de la religion catholique de celle de la monarchie, entreprend des démarches afin d’inciter le clergé et les catholiques de France à accepter le régime républicain. Mais les radicaux, craignant que ces déclarations ne cachent une volonté d’investir la République pour mieux la détruire de l’intérieur, cherchent à empêcher le rapprochement entre le pape et le ministère. Le radical Trouillot demande l’urgence sur un projet de loi relatif aux associations, préalable indispensable à la séparation des Eglises et de l’Etat. Le ministère se retire le 18 février 1892. Encore une fois, Freycinet avait été dépassé par la surecnchère des radicaux, qui refusaient le principe même d’une quelquonque entente avec le clergé. Ses difficultés à gouverner sont en partie le reflet des contradictions et des divisions du « parti républicain » qui se révèle incapable de former une véritable majorité de gouvernement. S’il a fait entrer les radicaux dans ses cabinets, Freycinet ne parvient pas à les plier aux contraintes de l’exercice du pouvoir. Son tempérament quelque peu indécis, qui passait pour du libéralisme, ne put jamais dominer le manque de discilple et d’unité de la gauche. Ministre de la Guerre du 27 février 1892 au 11 janvier 1893 dans le gouvernement Loubet, mais sans que son nom ne soit jamais officiellement prononcé, il fut indirectement compromis dans l'affaire de Panama. Simplement, le 10 janvier 1893, il fut discrètement éliminé au cours du remaniement du cabinet Ribot. Il occupe également le même portefeuille du 1er novembre 1898 au 6 mai 1899. Ministre d'Etat du 29 octobre 1915 au 12 décembre 1916. Membre de l'Académie des sciences (1882, division des académiciens libres). Membre de l'Académie française le 11 décembre 1890. Charles de Freycinet rentre dans le rang, entouré du respect de ses collègues. Il se tient quelques mois sur la réserve, mais il ne pouvait rester inactif. Il est élu en 1894 président de la commission de l'armée au Sénat, poste important et délicat en cette période où commence l'affaire Dreyfus. Le 1er novembre 1898, il est de nouveau ministre de la Guerre, dans le quatrième Cabinet Dupuy. Freycinet est alors dans sa 70e année et l'acceptation d'un tel portefeuille, en de semblables circonstances, constitue une preuve de dévouement. Faire respecter l'armée, ce sera la mission de confiance que devra assumer Freycinet. Mais le climat politique est tel qu'il n'y pourra pas tenir plus de six mois et demi. « Je suis trop vieux pour la bataille », confiera-t-il à Raymond Poincaré. Freycinet, apparemment, n'était pas très favorable à la cause de Dreyfus. L'opposition révélera après sa démission et malgré les dénégations gouvernementales, qu'un désaccord sérieux l'opposait à ce sujet à Delcassé. Mais officiellement, la raison de son départ fut l'extrême découragement qu'il ressentait après une interpellation des plus houleuses. Ce départ était un adieu, ou presque. Freycinet retourna à la présidence de la commission sénatoriale de l'armée. Ses interventions en séance publique se raréfièrent au fil des années. Esprit universel et travailleur acharné, il écrivit alors, en dehors de quelques souvenirs politiques, comme son ouvrage sur La Question d'Egypte (1905) des oeuvres de hautes mathématiques : Les planètes télescopiques, application de la théorie de Laplace (1900), Sur les principes de la mécanique rationnelle (1902), De l'expérience en géométrie (1903). Il fera une symbolique réapparition au gouvernement d'octobre 1915 à décembre 1916 comme ministre d'Etat dans un cabinet Briand. A quatre-vingts-sept ans, il faisait encore l'admiration de Poincaré par son énergie au travail et l'intelligence de ses vues. En 1920, il se retire définitivement de la vie politique après avoir été constamment réélu, dès le premier tour, les 4 janvier 1891, 28 janvier 1900 et 3 janvier 1909, avec 579 voix sur 667 votants, 456 sur 765 et 630 sur 934. Il mourait à Paris le 14 mai 1923, dans sa 95e année. Comme il occupait à l'Académie française, depuis 1891, le fauteuil d'Emile Augier, son éloge y fut prononcé le 11 février 1926. Son successeur, Emile Picard, concluait ainsi : « Un homme n'a pas été mêlé pendant cinquante ans aux affaires de son pays sans être en butte à bien des critiques. Mais quelque jugement que l'Histoire prononce sur certains points de son oeuvre, le délégué de 1870 qui, en des circonstances désespérées, réussit à organiser la défense nationale, le ministre de la guerre qui mit notre armée au niveau de sa tâche nous apparaît dès aujourd'hui comme ayant bien mérité de la Patrie. » Il meurt le 14 mai 1923 à Paris. FREYCINET (C. de) : Souvenirs, Paris, Librairie Delagrave, 1912 et 1913, 2 volumes. GREVY (J.) : La République des opportunistes, Paris, Perrin, 1998. FRIANT (Emile), 1863-1932 : Peintre. Emile Friant commence sa formation à l'Ecole des Beaux-Arts de Nancy et expose dès l'âge de quinze ans au Salon local. Il poursuit ses études à Paris dans l'atelier du peintre Alexandre Cabanel et devient à vingt ans second prix de Rome. Peintre naturaliste, Emile Friant réalise essentiellement des portraits et des scènes de la vie quotidienne. Ses toiles puisent leur caractère instantané dans le procédé photographique. Après le succès de l'Exposition universelle de 1889, qui le couronne d'une médaille d'or pour La Toussaint, Emile Friant reçoit de nombreuses commandes de portraits de personnalités nancéiennes et américaines. Son apport aux arts décoratifs est plus restreint que ceux des peintres Camille Martin ou encore Victor Prouvé. Il donne à Louis Majorelle, en collaboration avec Camille Martin, un décor de mobilier sur le thème de Don Quichotte et fait réaliser chez René Wiener une reliure illustrant " La guillotine et les exécuteurs des arrêtés criminels pendant la Révolution ". Il est membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy dès 1901. Il enseigne à l'Ecole nationale des Beaux-Arts en 1906. SALMON, MIDANT, WEISBERG. L'Ecole de Nancy, peinture et Art nouveau. Cat exposition musée des Beaux-Arts. Paris, RMN, 1999 Emile Friant (1863-1932). Regard sur l'homme et l'oeuvre. Cat.exposition musée des Beaux-Arts. Nancy, 1988 FRONT (Le) : Journal néo-socialiste fondé en 1935 et disparu au début de la Seconde Guerre mondiale. Organe de l’Union socialiste et républicaine. FRONT LATIN (Le) : Revue lancée à l’époque des sanctions contre l’Italie pour défendre l’idée latine compromise. Animateurs : Philippe de Zara et Ferdinand Sorlot, éditeur. FRONT MONDIAL (Le) : Dans l’entre-deux-guerres, organe du Comité mondial de lutte contre la guerre et le fascisme. FRONT NATIONAL-SYNDICALISTE : Mouvement anti-démocratique et socialiste fondé en 1933. Son organe, L’Assaut, était dirigé par Jean Roumanès et rédigé par Pierre Andrieu, Jean-François Thomas, Guy Dancourt, Bernard Feuilly, Jean-Edouard Giraud, Raymond Sazenac, etc. FRONT NATIONAL DU TRAVAIL (Parti de la Liberté) : Mouvement fondé en 1937, son organe est Le Peuple Libre. Dirigé par Joseph Bilger, un militant paysan d’Alsace, et André Chaumet, journaliste bonapartiste, ses principaux collaborateurs sont : Georges Bernard, Jean Lorrain, Maurice Koch, H.-R. Bellanger, etc. Le mouvement et le journal disparaissent peu avant la Seconde Guerre mondiale. FRONT POPULAIRE : Le Front populaire, également connu sous le nom de Rassemblement populaire est la coalition de dix partis et organisations de gauche constituée en juin 1935 et qui devait durer jusqu’en novembre 1938. C'est en réaction à la journée du 6 février 1934 que les partis de gauche décidèrent de s'unir contre ce qu'ils considéraient être « le danger fasciste », afin d'éviter à la France selon eux, de reprendre le même régime dictatorial que ses pays voisins. Elle est le premier acte du Front populaire qui naît officiellement le 14 juillet 1935. Toutefois, l'évolution vers l'unité n'a pas été évidente. Dans un premier temps, la direction du PC est hostile à tout rapprochement avec la SFIO. Mais les émeutes de février 1934, en France, ainsi que l'installation solide d'Hitler au pouvoir convainquent Staline d'abandonner la tactique « classe contre classe » élaborée dans les années 1920. Dès lors, le PC adopte une attitude résolument unitaire, et ajoute l'adjectif français à son nom. C'est d'ailleurs le dirigeant communiste Maurice Thorez qui, en 1934, par des articles dans le journal L'Humanité, appela pour la première fois en France à la formation d'un « Front populaire » (l'expression est de Eugen Fried). Il présenta d'ailleurs son projet quelques semaines plus tard devant la Chambre des députés. Il proposa aussi d'associer à ce Front populaire le Parti radical-socialiste, qui était le mieux représenté à l'Assemblée nationale et qui, après la dislocation du second Cartel des gauches participait à un gouvernement d'Union Nationale avec le centre droit et la droite modérée. La chambre des députés le 3 mai 1936 Les accords du Front populaire permirent la victoire aux élections législatives le 3 mai 1936 et débouchèrent sur le premier gouvernement à dominante socialiste de la IIIe République. La gauche avait alors obtenu 386 députés sur 608, dont 147 pour la SFIO. Le front populaire prépare des élections législatives avec ce programme : Pain : contre la misère de la crise sociale ( chômage...) ; Paix : face à la montée en Allemagne, en Espagne (guerre civile) et en Italie de régimes politiques fascites menaçants ; Liberté : face à la montée des dictatures qui ne respectent pas les libertés fondamentales. La gauche profite de son unité (les reports de voix, notamment communistes, sont meilleurs qu'en 1928 et 1932), de la crise économique, et de l'absence d'une politique alternative à droite, où l'argument de campagne principal est l'anticommunisme. Les élections de 1936 traduisent également une évolution à l'intérieur de la gauche, le Parti radical perdant des électeurs, notamment ruraux, au profit de la SFIO (et, plus marginalement, du PCF), cependant que la SFIO voit une partie de ses électeurs ouvriers préférer le PCF. Léon Blum, alors dirigeant de la SFIO, devint président du Conseil à partir du mois de juin. Il « ne se chargeait d'aucune responsabilité particulière pour se consacrer tout entier à la direction du gouvernement ». Le gouvernement était alors composé seulement de 20 socialistes, 13 radicaux et deux républicains socialistes, les communistes le soutenant de l'extérieur. Ce gouvernement (Composition du gouvernement) de Front populaire fut le premier à accueillir trois femmes ministres (Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie et Cécile Brunschvicg) alors que celles-ci n'avaient toujours pas le droit de vote. Un sous-secrétariat d'État aux Sports et aux loisirs fut créé , dirigé par Léo Lagrange.(il fut tourné en dérision par la droite et l'extrême-droite qui le qualifiaient de « ministère de la paresse »). Avant la formation du nouveau gouvernement, des premières grèves éclatent dans des usines d’aviation, au Havre, à Toulouse et à Courbevoie. Le 11 mai, 600 ouvriers et 250 employés des usines Breguet arrêtent le travail pour demander la réintégration de deux militants licenciés pour avoir fait grève le 1er mai. L’usine est occupée et les tentatives de la police de déloger les grévistes échouent, les dockers se solidarisant des grévistes. En deux jours les grévistes obtiennent satisfaction. Le 24 mai le rassemblement en souvenir de la commune de Paris rassemble 600 000 participants, brandissant des drapeaux rouges et chantant des hymnes révolutionnaires. Le lendemain de nombreuses grèves débutent en région parisienne, qui obtiennent généralement rapidement satisfaction. Le 28, les 30 000 ouvriers de Renault à Billancourt entrent dans la grève. Un compromis est trouvé avec la CGT, mais la lame de fond continue, et à partir du 2 juin des corporations entières entrent en grève : la chimie, l’alimentation, le textile, l’ameublement, le pétrole, la métallurgie, quelques mines, etc. À partir du 5, les vendeurs de journaux, les tenanciers de kiosques, les employés des salles de spectacles, les commis, les garçons de café, les coiffeurs, des ouvriers agricoles etc. font grève, souvent pour la première fois. Pour la première fois également les entreprises sont occupées par les grévistes, qui organisent des comités de grève. Se trouve remis en cause le principe de la propriété privée des moyens de production. Des bals sont donnés dans les usines ou les grands magasins, des compagnies de théâtre (comme le groupe Octobre de Jacques Prévert) jouent des pièces. On compte 12 000 grèves, dont 9 000 avec occupation, entraînant environ 2 millions de grévistes. Le patronat hésite à employer la force pour évacuer les usines et préfère la négociation. Le gouvernement Blum formé le 4 juin cherche à faire cesser le mouvement de grève. Les accords de Matignon sont signés dans la nuit du 7 au 8 en échange de l’évacuation des usines. Mais la reprise n’est pas immédiate, et bien des délégués des usines en grève souhaitent continuer le mouvement. À partir du 11 juin, le PC milite pour l’arrêt des grèves, Maurice Thorez déclarant qu'« il faut savoir arrêter une grève dès que satisfaction a été obtenue ». Le mouvement gréviste reflue peu à peu. Le succès électoral a donc éveillé chez l'ensemble des travailleurs un immense espoir. Ainsi, un mouvement de grève et d'occupation d'usines se mit en place, gagnant toute la France. Près de deux millions de travailleurs débrayèrent, paralysant le pays. Les patrons, craignant au plus haut point une révolution bolchevique, s'empressèrent de négocier sous l'égide du gouvernement dans le but d'obtenir la reprise du travail. Ainsi, le 7 juin 1936, les accords de Matignon furent signés par la CGT et le patronat, à l'initiative du gouvernement. Ces accords mettaient en place entre autres le droit syndical et prévoyaient une hausse des salaires de plus de 7 à 15 % selon les branches soit environ 12% de moyenne sur toute la france. Quelques jours plus tard, bien que ces mesures ne figurent pas dans le programme du Front Populaire, par deux lois votées par le Parlement, les premiers congés payés (2 semaines) furent instaurés, et la semaine de travail passa de 48 à 40 heures. Pour les ouvriers et employés partant en vacances, Léo Lagrange créa des billets de train avec 40 % de réduction, qui existent toujours. Ces accords n'empêchèrent pas les grèves et les occupations de se poursuivre, souvent jusqu'en juillet. Le 29 juillet, fut votée la retraite des mineurs et, le 28 août, une loi sur les allocations chômage. Une politique de nationalisations fut mise sur pied, dans l'industrie aéronautique, d'armement (7 août), puis dans les chemins de fer (naissance de la SNCF en 1938). La Banque de France ne fut pas nationalisée, mais la tutelle de l'État s'accrut et le droit de vote s'étendit à tous les actionnaires (il était jusqu'alors réservés aux 200 plus gros). Le 28 août, fut adopté un budget de 20 milliards de francs pour de grands travaux. Un Office national interprofessionnel du blé (Onib) eut pour charge de soutenir les prix payés aux agriculteurs, très durement touchés par la crise. Georges Monnet, ministre de l'Agriculture, ne réussit pas à faire adopter la création d'autres offices pour les autres productions, devant les réticences du Sénat, mais l'Onib servit de modèle aux structures créées après la Libération, voire à celles mises en place par la Politique agricole commune (PAC). La politique d'électrification des communes rurales, très énergique dans les années 1920 sous Henri Queuille, fut reprise. En matière coloniale, les réalisations furent plus difficiles en raison du profond conservatisme des colons, très puissants, et du dynamisme de certains mouvements politiques locaux (principalement en Algérie), qui préfèrent souvent l'indépendance à l'égalité des droits. Ainsi, le projet Blum-Violette étendant la nationalité française à certains Algériens est-il bloqué par le Sénat, comme le projet d'accorder l'indépendance aux mandats du Liban et de la Syrie. En Tunisie, les colons les plus influents « tinrent l'avènement du Front populaire pour une catastrophe cosmique et [le sous-secrétaire d'État] Pierre Viénot pour l'Antéchrist [...] » (Charles-André Julien, dans Léon Blum, chef de gouvernement) : ils déployèrent donc tous leurs efforts pour saboter la politique menée. Mais pour la première fois, un dialogue est ébauché, une politique réformiste est envisagée : c'est un premier dépassement du clivage entre le colonialisme pur et dur d'une part, la sécession immédiate d'autre part, d'où nait, après 1944, la décolonisation. Le code de l'indigénat est vidé de sa substance, puis complètement abrogé, par Marius Moutet, qui s'efforce d'améliorer le sort des colonisés et de les associer à l'administration de leurs territoires. La nomination d'un noir, Félix Éboué, comme gouverneur de la Guadeloupe, puis du Tchad, est une petite révolution. Le Front populaire fit aussi un gros effort en matière d'éducation et loisirs. La scolarité obligatoire fut portée dès 1936 à quatorze ans, les passerelles entre l'enseignement primaire et les lycées furent multipliées — dans le prolongement de l'œuvre entreprise par Édouard Herriot quelques années plus tôt — les collections des grands musées furent enrichies et leurs tarifs réduits pour les gens modestes. Le musée d'art moderne, le musée des arts et traditions populaires, le palais de la Découverte, le musée de l'Homme et le CNRS sont des créations du Front populaire. L'ENA fut créée en 1945 par Michel Debré sur un projet de Jean Zay qui n'avait pas pu voir le jour à cause de la guerre. Le contexte international fut également une autre cause. En effet, alors que la guerre civile en Espagne venait d'éclater en juillet 1936, les communistes affrontèrent les socialistes et les radicaux pour savoir si la France devait soutenir militairement les républicains espagnols face aux Franquistes. Sous la pression du gouvernement conservateur britannique de Baldwin et des radicaux, Léon Blum décida la « non-intervention » française, à un moment où la société française est, suite à la Grande Guerre profondément pacifiste dans sa majorité et ainsi il rempli les plans d'Hitler dont le but était d'isoler la France pour mieux la briser (« Car il faut qu'on se rende enfin clairement compte de ce fait : l'ennemi mortel, l'ennemi impitoyable du peuple allemand est et reste la France. Peu importe qui a gouverné et qui gouvernera la France ; que ce soient les Bourbons ou les Jacobins, les Napoléons ou les démocrates bourgeois, les républicains cléricaus ou les bolchéviks rouges.1 » ou encore « Une deuxième guerre viendra. Il faut, auparavant, isoler si bien la France que cette seconde guerre ne soit plus une lutte de l'Allemagne contre le monde entier, mais une défense de l'Allemagne contre la France qui trouble le monde et la paix.2 »). Léon Blum et son gouvernement ont laissé le fascisme s'implanter aux portes de la France plutot que de venir en aide aux républicains espagnols. La Grande-Bretagne pouvait d'autant plus influer sur la politique française que l'hémorragie de capitaux depuis 1935 avait réduit presque à néant les réserves d'or de la banque de France, mettant le pays sous la dépendance britannique. L'Espagne républicaine fut aidée par l'arrivée des Brigades Internationales. Les gouvernements français et britannique pactisent avec Hitler en signant l'accord de Munich le 28 septembre 1938. Ils décidèrent d'offrir à Hitler la Tchecoslovaquie en espèrant que son armée se dirigera après sur l'URSS. C'est grace à un fort anticommunisme et à la peur du bolchévisme que la France et le Royaume-Uni sont resté les bras croisés pendant qu'Hitler se reconstituait une armée. Après sa démission, Léon Blum conditionna, jusqu'en 1939, le soutien la SFIO à la poursuite de cette assistance. Conscient des menaces fascistes sur la paix, il augmenta sensiblement les dépenses militaires du pays. La nationalisation des industries d'armement et la politique énergique des nouveaux responsables relancèrent le potentiel français d'armement. On peut noter que les rapports avec l'Italie furent beaucoup plus difficiles qu'avec l'Allemagne, en raison de la politique agressive de Mussolini dans les colonies, et notamment en Éthiopie, seul état africain indépendant en Afrique à cette époque, dont la chute entraina le discrédit de la Société des Nations, et aussi du fait de la proximité de la colonie française de Djibouti. Mais les difficultés de la France ne furent pas pour autant effacées. En effet, la France était dans une grave crise économique depuis 1931, et la politique économique du Front populaire ne parvint pas à relancer la production, la consommation, ni à réduire le chômage. Ainsi, la hausse des prix annula vite celle des salaires prévue par les accords de Matignon. Ce fut une des causes de la chute du Front populaire, très vivement critiqué par la presse dès l'automne 1936. Une campagne médiatique agressivement diffamatoire conduisit Roger Salengro, ministre SFIO, à se suicider en novembre. Celui-ci, accusé de traîtrise durant la Première guerre mondiale, est acquité mais ne supporte pas de voir son honneur sali. Sur le plan intérieur, le gouvernement Blum parvint à résoudre la crise sociale. Mais dès l'été 1936, il dut faire face à diverses difficultés, parmi lesquelles la dévaluation du franc à cause de la situation monétaire et la politique financière en général, qui transformèrent l'inquiétude de la droite en opposition résolue. Le 13 février 1937, il décide également une pause dans les réformes. Des réformes importantes comme les retraites sont alors abandonnées[réf. nécessaire]. La pause ne rencontre guère la réussite, puisqu'elle déçoit l'aile gauche de la SFIO et le PCF sans apaiser l'opposition de droite, qui la considère comme un aveu de faiblesse du gouvernement. Les calomnies de l'extrême droite visaient toutes les personnalités du Front populaire. Elles eurent notamment pour conséquence le suicide du ministre de l'Intérieur Roger Salengro. L'arrivée de Blum au pouvoir déclencha aussi une vague d'antisémitisme d'une très grande ampleur. Dans la presse française se formèrent deux camps bien distincts, d'une part les partisans du Front populaire (L'Humanité, Le Populaire, L'Œuvre, Vendredi, Marianne, etc.), d'autre part les opposants (L'Action française, L'Ami du peuple, Le Jour, Candide, Gringoire, Je suis partout, à l'extrême droite ; L'Écho de Paris, Le Temps à droite etc.). Entre ces deux positions, très peu de journaux ou d'hebdomadaires jouèrent la carte de la neutralité. La presse allant dans le sens du Front populaire était largement plus faible que la presse d'opposition, et l'une comme l'autre contribueront à l'échec du gouvernement du Front populaire. C'est dans la presse étrangère, notamment anglo-saxonne, que parurent les analyses les plus objectives. Le 21 juin 1937, le premier gouvernement Blum présente sa démission. Le radical Camille Chautemps prend sa succession. Il reprend, à un rythme ralenti, les réformes du Front populaire, créant, notamment, la SNCF. L'aggravation de la situation économique (creusement du déficit budgétaire) pousse Chautemps à réclamer les pleins pouvoirs, ce qui lui est refusé le 9 mars 1938, en partie à cause des votes socialistes[réf. nécessaire]. Son ministère prend fin suite à ce refus. Ensuite, en mars-avril 1938, après avoir été rappelé le 13 mars par le président de la République Albert Lebrun, Léon Blum forma un éphémère gouvernement, puis démissionna, n'arrivant pas à obtenir les pleins pouvoirs financiers auprès du Sénat, dans le but d'appliquer de grandes réformes financières pour sortir la France du marasme économique. Le radical Édouard Daladier le remplaça, décidé à « remettre la France au travail » et revint sur plusieurs réformes du Front populaire. Le bilan du Front populaire est à certains égards mitigé, mais cette brève expérience permit tout de même un nombre important d'avancées dans de nombreux domaines, en particulier dans le domaine social : congés payés, semaine de quarante heures, établissement des conventions collectives, prolongement de la scolarité à 14 ans, etc. Malgré tous les problèmes auxquels a dû faire face le Front populaire, il a marqué les mémoires, et suscitera bien des passions. Ainsi, le régime de Vichy tentera en vain de le faire passer pour responsable de la défaite française face à l'Allemagne nazie (voir le Procès de Riom). Mais surtout, on retiendra de cette période ces grèves joyeuses, et les premiers congés payés qui permirent pour la première fois aux travailleurs de partir en vacances, cette « embellie dans les vies difficiles », comme le dit Léon Blum. Jean-Paul Brunet, Histoire du Front populaire, PUF, 1991, nouv. éd., 1998. Daniel Lefeuvre, Michèle Margairaz, et Danielle Tartakovski, Histoire du Front populaire, éd. Larousse, 2006 Jules Moch, Le Front populaire, grande espérance, éd. Perrin, 1971 Pierre Renouvin et René Rémond (dir.), Léon Blum, chef de gouvernement. 1936-1937. Actes du colloque, éd. Armand Colin, 1967 Pierre Schill, 1936. Visages et figures du Front populaire en Moselle, Metz, Editions Serpenoise, 2006. Danielle Tartakowsky, Le Front populaire : la vie est à nous, éd. Gallimard, 1996 Michel Winock et Séverine Nikel, La Gauche au pouvoir. L'héritage du Front populaire, éd. Bayard, 2006 Jacques Kergoat, La France du Front populaire, La Découverte, 1996 Henri Noguères, La Vie quotidienne en France au temps du Front populaire. 1935-1938, éd. Hachette, 1977 Daniel Peschanski (dir.), Les Élites locales dans la tourmente. Du Front populaire aux années cinquante, CNRS éditions, 2000 FRONT RÉPUBLICAIN : Rassemblement de modérés et de radicaux-nationaux crée en 1935 et disparu peu après les élections de 1936. Son président était Franckin-Bouillon. Parmi ses membres dirigeants, citons : Edmond Barrachin, Roger Sarret. FRONT UNIVERSITAIRE (Le) : Journal mensuel des étudiants antifascistes fondé en 1934 et disparu peu parès. Son directeur était H. Chrétien. FROSSARD (Octave-Louis dit Ludovic-Oscar), 1889-1946 : Instituteur et homme politique. Né à Foussemagne (Territoire-de-Bellefort) le 5 mars 1889, Ludovic-Oscar Frossard est un ancien instituteur révoqué pour ses idées d’extrême-gauche. Il devient alors journaliste. Secrétaire général du parti communiste de 1920 à 1922, puis socialiste modéré, il entre à la Chambre comme député SFIO de la Martinique. En complet désaccord avec la majorité de son parti, il accepte le poste de ministre du Travail dans les quatres ministères successifs de Bouisson, Laval et Sarraut du 1er juin 1935 au 3 juin 1936. Après avoir refusé de nombreux postes gouvernementaux, il se décide à prendre la responsabilité d’un secteur qui l’ a toujours préoccupé au cours de son travail parlementaire. Il se montre alors partisan de la politique de déflation et essaie d’en atténuer les effets pour les salariés. Il prend des mesures en faveur des caisses de retraites et de secours, réforme les assurances sociales ainsi que les sociétés de secours mutuel et fait passer la retraite des mineurs de 55 à 50 ans. Au moment des grêves de mai 1936, il s’interroge longuement sur l’éventuelle utilisation de la force pour faire évacuer les lieux de travail. Mais la négociation met fin à ses inquiétudes dans les premiers jours de juin. Ministre d’Etat dans le quatrième cabinet Chautemps du 18 janvier au 12 mars 1938, il est chargé des Services de la présidence du Conseil. Il mène alors les négociations destinées à faire cesser le conflit social de l’alimentation en région parisienne. Il est ensuite nommé par Blum ministre de la Propagande dans son second cabinet du 13 mars au 9 avril 1938. Ministre des Travaux publics du 10 avril au 23 août 1938 dans le troisième cabinet Daladier, il devient mnistre de l’Information dans le ministère Reynaud du 21 mars au 5 juin 1940 puis minsitre des Travaux publics du 5 au 16 juin 1940 dans le même ministère. Il garde le même portefeuille dans le cabinet Pétain du 16 juin au 12 juillet 1940 auquel vient se rajouter les Transmissions du 16 au 27 juin 1940. Il se montre favorable à une demande d’armistice afin de pouvoir refuser devant les conditions inacceptables que ne manquerait pas de poser l’Allemagne. Ainsi le pays serait dopé et reprendrait le combat sans état d’âme. Il décèdera à Paris le 11 février 1946. FROT (Eugène), 1893-1983 : Avocat et homme politique. Né à Montargis (Loiret) le 2 octobre 1893, Eugène Frot, avocat socialiste, entre au gouvernement aux côtés de Paul-Boncour comme sous-secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil et aux Affaires étrangères du 18 décembre 1932 au 30 janvier 1933. Il devient ensuite ministre de la Marine marchande dans les cabinets Daladier et Chautemps (du 31 janvier au 25 octobre 1933 et du 26 novembre 1933 au 9 janvier 1934) puis ministre du Travail et de la Prévoyance sociale dans les ministères Sarraut et Chautemps (du 26 octobre au 25 novembre 1933 et du 9 au 29 janvier 1934). Ministre de l’Intérieur du 30 janvier au 8 février 1934 dans le second cabinet Daladier, il demande le 3 février le déplacement de Chiappe à le suite de l’affaire Stavisky. Les ligues laissent courir le bruit qu’il va obtenir leur dissolution et l’agitation monte. Le soir du 6 février, il parvient à s’extraire de l’Assemblée vers 6 h et file vers la place Beauvau d’où il est le plus a l’aise pour diriger les actiions de police. Bien qu’il n’ait pas pris à partie le jour-même, on lui reprochera longtemps d’avoir téléguidé la fusillade du Palais-Bourbon. En fait, il semble qu’il n’ait donné aucun ordre, ni celui de tirer, ni celui de ne pas tirer. Vaincu par la campagnes de calomnies dont il fait l’objet, il démissionne avec tout le cabinet et perd rapidement son influence et sa vitalité. Sa carrière politique est terminée. Il décèdera à Château-Landon (Seine-et-Marne) le 10 avril 1983. FRUCTIDOR : Journal bimensuel fondé en 1907 et disparu au début de la Seconde Guerre mondiale. Organe de la Fédération des Jeunesses laïques et républicaines FUCHS (Paul), 1864-1940 : Avocat et journaliste. Né à Paris le 9 avril 1864, Paul Fuch est le fils de Philippe, Jacques, Edmond Fuchs (1837-1889), célèbre géologue et minéralogiste français. Etudiant en droit, il rencontre probablement Laurent Tailhade vers 1888 dans le salon de la comtesse de Beausacq ou dans celui de la marquise d'Osmond, qu'il fréquente en compagnie de son père. Dès lors une indéfectible amitié le liera à l'auteur du Pays du Mufle. C'est Tailhade qui l'introduit au Décadent, où il donne des " Quatorzains " inspirés par son mentor, avec lequel il signe également des chroniques sous le pseudonyme collectif d'Hotspur. Alors qu'il rencontre Mallarmé chez Madame Manet (Suzanne Leenhoff) en 1893, il n'ose aborder le maître et il demandera à Tailhade de l'introduire dans le cénacle de la rue de Rome. Avocat à la Cour d'Appel de Paris, il aura surtout exercé le métier de journaliste et de conférencier. Rédacteur au Figaro, où il rédige le courrier des Lettres, dans la rubrique signée "les Alguerils", de 1905 à 1932, il y cumulera, après la guerre, la fonction de secrétaire de Robert de Flers, le directeur littéraire. Engagé volontaire en août 1914. Il sera envoyé au front en Picardie, mais sera réformé en juin 1915 pour raison de santé ; ce qui l'amènera à occuper le poste de secrétaire de la rédaction de Je Sais Tout de 1916 à 1920. Critique dramatique au Crapouillot à partir de 1919, il collabore à L'Echo National, fondé le 10 janvier 1922, par André Tardieu et qui regroupe l'état-major clemenciste. Le grand magazine culturel viennois, Die Bühne, fera également appel à sa plume entre 1925 et 1928, pour des articles de critique dramatique. Chevalier de la Légion d'Honneur et membre du Comité de la critique dramatique et musicale, Paul Fuchs décédera, à Paris, le 23 novembre 1940.